Les Prix littéraires de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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La céré­monie de remise des Prix lit­téraires de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles s’est tenue ce soir au Théâtre roy­al du Parc. Elle était présen­tée par Flo­rence Hain­aut.

Ces prix lit­téraires se veu­lent un reflet du dynamisme et de la diver­sité du champ lit­téraire en Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles, c’est pourquoi ils cou­vrent des pra­tiques lit­téraires divers­es, mais aus­si des champs lin­guis­tiques dif­férents, puisqu’à côté d’œuvres en langue française, une place est aus­si faite à la lit­téra­ture en langues régionales.

Le pal­marès 2017 : 

Prix Paroles urbaines : caté­gorie slam : Leïla et Toro (ex aequo) ; caté­gorie rap : Badi et L’Hexaler (ex aequo) ;

Prix Léo Beeck­man du ray­on­nement des Let­tres belges à l’étranger : Riszard Siwek pour l’ensem­ble de son oeu­vre ;

Prix tri­en­nal de poésie en langue régionale endogène : Dom­inque Hey­mans pour son recueil Pleuves (inédit) ;

Prix de la pre­mière oeu­vre : Char­line Lam­bert pour Chan­vre et lierre (Tail­lis Pré) ;

Prix tri­en­nal de poésie : Françoise Lison-Leroy pour Le silence a gran­di (Rougerie) ;

Prix quin­quen­nal de l’es­sai : Chris­tine Aventin pour Breil­lat des yeux le ven­tre (Som­nam­bule équiv­oque).

À lire : les Prix littéraires de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2016

Prix Paroles urbaines
lezarts
Catégorie slam : Leïla et Toro (ex aequo)

Léïla. Âgée de 31 ans, Léïla est coor­di­na­trice de pro­jet chez Zin­neke. Après avoir beau­coup écrit dans dif­férents gen­res, elle est venue au slam il y a 5 ans env­i­ron, lors d’une soirée slam  au Théâtre de la Vie. Elle a décou­vert et appré­cié un mode d’expression qui n’était ni le rap, ni de la pure lec­ture de textes, et qui per­me­t­tait de don­ner vie et de partager en live des écrits nés dans la soli­tude.

Leïla — Prix lit­téraires 2017 de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles — Prix Paroles Urbaines Caté­gorie Slam from Ciné­math­èque Fédéra­tion W‑B on Vimeo.

Toro. Âgé de 22 ans, Toro est orig­i­naire de Charleroi. C’est là qu’il a décou­vert la scène slam et fait ses pre­mières armes. L’une de ses thé­ma­tiques récur­rentes est la Nature, mais il aime explor­er des styles et des thèmes divers.

Les précé­dents lau­réats. Léïla et Toro suc­cè­dent au pal­marès à Simon Raket, lau­réat du Prix Paroles urbaines dans la caté­gorie slam en 2015.

Catégorie rap : Badi et L’Hexaler (ex aequo)

Badi. De son vrai nom Badiban­ga Nde­ka, Badi a écrit ses pre­miers textes à 13 ans. Il est orig­i­naire du Con­go, un pays à la décou­verte duquel il est par­ti en 2010. Depuis lors, son rap est empreint de sonorités venues de là-bas. Il a été nom­mé en 2016 à l’Octave Musique urbaine pour son album Matonge.

L’Hexaler. Orig­i­naire de Seraing, L’Hexa­ler est fon­da­teur du col­lec­tif « la fine équipe ». Il est aujourd’hui un per­son­nage incon­tourn­able de la scène Hip Hop belge. Alliant le fond et la forme, son rap a pour objec­tif de représen­ter les vraies valeurs du Hip Hop (Peace Love and Uni­ty). Il allie un tim­bre de voix recon­naiss­able entre tous et une plume sim­ple et effi­cace.

Les précé­dents lau­réats. Badi et L’Hexaler suc­cè­dent au pal­marès à Sanzio, récom­pen­sé dans la caté­gorie Rap en 2015.

Les Prix Paroles urbaines. Créés en 2011, ces Prix, doté cha­cun de 1.500 €, récom­pensent, tous les deux ans, les écri­t­ures urbaines, dans les caté­gories Slam, Spo­ken Word (texte scan­dé avec musique – non attribué cette année) et Écri­t­ure Rap. Les prix sont décernés, sur la base des per­for­mances des artistes en lice, par un jury de pro­fes­sion­nels de l’écri­t­ure, de l’édi­tion, de la scène, ou des cul­tures urbaines. Les con­cur­rents sont départagés lors d’une demi-finale, puis d’une finale. Le jury était com­posé cette année de Gia Abbras­sart (jour­nal­iste, créa­trice du col­lec­tif de spo­ken words “War­rior poets”), Mustafa Ban­di­ni (cinéaste, RTBF), Thibault Car­i­on (Pro­mo­tion des Let­tres), Sami­ra Hmou­da (pro­gram­ma­trice au Pianofab­riek City Lab), Alain Lapi­ow­er (directeur de Lezarts Urbains), Hakim Lara­bi (bib­lio­thé­caire, créa­teur du col­lec­tif de slam car­o­lo Goslam), Maky (slameur, ani­ma­teur d’ate­liers d’écri­t­ure), Gilles Mar­tin (édi­teur, Aden), Tom Nisse (poète, per­formeur, col­lab­o­ra­teur aux édi­tions Maêl­strom) et Manuel Pereira (dra­maturge, écrivain de théâtre), ain­si que de Joële Beaumerder (Mai­son du Livre), Paul Her­mant (poète, jour­nal­iste) et Mila­dy Renoir (poète per­formeuse, coor­di­na­trice du réseau Kalame) pour les demi-finales.


Prix Léo Beeckman du rayonnement des Lettres belges à l’étranger 
Riszard Siwek pour l’ensemble de son oeuvre

siwekLe lau­réat. Riszard Siwek est le directeur de l’Institut de Langues et de Lit­téra­ture mod­ernes de l’Université péd­a­gogique de Cra­covie où il pro­fesse depuis 1981. Depuis sa thèse de doc­tor­at con­sacrée à Guy Vaes (La philoso­phie de l’art dans l’œu­vre romanesque de Guy Vaes) suiv­ie d’une thèse d’habilitation, Écrivains belges face à l’étrange de De Coster à Guy Vaes, Riszard Siwek n’a eu de cesse de con­sacr­er ses cours, con­férences et arti­cles à la lit­téra­ture belge de langue française. Il pren­dra sa retraite l’an prochain. C’est à la fois une car­rière et un tra­vail de fond que le Prix vient couron­ner.

Le précé­dent lau­réat. Riszard Siwek suc­cède au pal­marès à Colette Lam­brichs, primée en 2016.

Le Prix Léo Beeck­man. Décerné pour la pre­mière fois en 1998, ce Prix, doté de 4.000 €, récom­pense une per­son­ne qui, dans un pays étranger, a œuvré à la pro­mo­tion de la lit­téra­ture de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles. Cette année, le Prix a été rebap­tisé en mémoire de Léo Beeck­man, ancien mem­bre de la Pro­mo­tion des Let­tres récem­ment décédé, en recon­nais­sance du tra­vail hors du com­mun qu’il a accom­pli, avec con­vic­tion et générosité, pour la pro­mo­tion des let­tres belges.

Le prix est décerné sur propo­si­tion de la Com­mis­sion des Let­tres, instance d’avis de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles, com­posée de Pierre Piret (prési­dent), Paul Aron, Jacques De Deck­er, Benoît Denis, Anne de Gand, Sylvie Gode­froid, Jean-Marie Klinken­berg,  Marc Laval­lé, Marie-Chris­tine Piron­net, Chris­t­ian Robi­net et Anne Van­wed­din­gen.


Prix triennal de poésie en langue régionale endogène
Dominique Heymans pour son recueil Pleuves (inédit)

heymansLe lau­réat. Fonc­tion­naire com­mu­nal à Man­age, Dominique Hey­mans habite à Got­tig­nies (entité du Roeulx). Né en 1958 dans un milieu pop­u­laire, c’est par imprég­na­tion qu’il apprend le wal­lon. Il ressent rapi­de­ment l’envie de défendre ce pat­ri­moine et d’écrire dans cette langue. En 1982, il rejoint les Scriveûs du Cente, asso­ci­a­tion dont il devien­dra le prési­dent en 2016, et pub­lie régulière­ment dans le Mou­chon d’Aunia. L’œuvre de Dominique Hey­mans se con­jugue prin­ci­pale­ment en poésie, paroles de chan­sons, et prose, dans une langue qu’il veut à la fois sim­ple et rigoureuse, avec le souci de la syn­taxe juste, de la sous­trac­tion à l’influence du français, sans fior­i­t­ures ni effets lit­téraires inutiles.

Le précé­dent lau­réat. Dominique Hey­mans suc­cède au pal­marès à Jean-Marie Kaj­dan­s­ki, récom­pen­sé en 2014 pour le recueil Ète là, avèc.

Le livre. Encore inédit, Pleuves est écrit en wal­lon du Cen­tre. Le recueil pro­pose un ensem­ble de poèmes sou­vent courts en vers libres le plus sou­vent, réu­nis par le thème de la pluie. À tra­vers celui-ci, le poète évoque le quo­ti­di­en, la vieil­lesse, l’ailleurs, sur un ton où la mélan­col­ie alterne la légèreté, voire l’humour.

Le Prix tri­en­nal de poésie en langue régionale endogène. Doté de 2.500 €, le Prix récom­pense, tous les trois ans (en alter­nance avec le Prix tri­en­nal de prose et le Prix tri­en­nal d’écriture dra­ma­tique en langue régionale endogène), un recueil de poèmes rédigé dans l’une des langues régionales de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles.


Prix de la première œuvre
Charline Lambert pour son recueil poétique Chanvre et lierre (Taillis pré)

lambert charlineLa lau­réate. Née en avril 1989 à Rocourt (Liège), Char­line Lam­bert vit actuelle­ment à Brux­elles. Diplômée en langues et lit­téra­tures français­es et romanes, elle est, depuis octo­bre 2015, aspi­rante F.R.S. – FNRS à l’Université catholique de Lou­vain. Son pre­mier recueil poé­tique, Chan­vre et lierre (Le Tail­lis Pré, 2016) a reçu le Prix Georges Lock­em 2014 de l’Académie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique et le prix Geneviève Grand’Ry 2015 de l’Association des Écrivains Belges. Son sec­ond recueil, Sous Dial­y­ses, a été pub­lié en 2016 aux édi­tions L’Âge d’Homme. Dés­in­car­céra­tion, son troisième recueil, devrait nor­male­ment voir le jour fin 2017 ou début 2018.

La précé­dente lau­réate. Char­line Lam­bert suc­cède au pal­marès à Aïko Solovkine, primée en 2016 pour son roman Rodéo.

lambert chanvre et lierreLe livre. Pre­mier recueil de son auteure, Chan­vre et lierre (Le Tail­lis Pré) a été par­ti­c­ulière­ment remar­qué. En effet, avant le Prix de la pre­mière œuvre, il a déjà valu à Char­line Lam­bert le Prix Georges Lock­em 2014, décerné sur man­u­scrit par l’Académie royale de langue et lit­téra­ture français­es de Bel­gique, puis le Prix Geneviève Grand’Ry 2015 de l’Association des écrivains belges. Avec ce recueil, Char­line Lam­bert revis­ite l’Odyssée et la fig­ure d’Ulysse. Elle y explore une poésie qu’elle conçoit « comme tra­vail et jeu d’élucidation, par l’épreuve de la sen­so­ri­al­ité, comme puis­sance de décloi­son­nement et de trans­for­ma­tion. » Elle pour­suit ce tra­vail dans son deux­ième recueil, Sous Dial­y­ses.

À lire : notre recension de Chanvre et lierre

Le Prix de la pre­mière oeu­vre. Remis pour la pre­mière fois en 1998, le Prix de la pre­mière œuvre, doté de 5.000 €, récom­pense, chaque année, un pre­mier ouvrage d’un auteur belge ou vivant en Bel­gique, écrivant en langue française, tous gen­res lit­téraires con­fon­dus. Ce prix est décerné sur propo­si­tion de la Com­mis­sion des Let­tres.


Prix triennal de poésie 
Françoise Lison-Leroy pour son recueil Le silence a grandi (Rougerie)

lison leroyLa lau­réate. Françoise Lison Leroy est née en 1951 au Pays des Collines. Elle vit à Blandain près de Tour­nai. Enseignante, elle par­ticipe aux pages cul­turelles du jour­nal Vers L’Avenir – Le cour­ri­er de l’Escaut. Depuis La mie de terre est bonne (1983, édi­tions Famars), elle a pub­lié une quar­an­taine d’ouvrages par­mi lesquels des romans, des nou­velles et de la poésie.

Out­re la lau­réate, le jury a souhaité décerné une men­tion aux trois ouvrages suiv­ants : Trèfle incar­nat de Rose-Marie François (Le Cormi­er), La tra­ver­sée des habi­tudes de Karel Logist (Tétras-Lyre) et Sylvia d’Antoine Wauters (Cheyne).

Le précé­dent lau­réat. Elle suc­cède au pal­marès à Serge Delaive, récom­pen­sé en 2014 pour son recueil Art farouche.

lison leroy le silence a grandiLe livre. Pub­lié aux édi­tions Rougerie comme plusieurs recueils de Françoise Lison-Leroy, Le silence a gran­di a obtenu, avant le Prix tri­en­nal de poésie de la Fédéra­tion Wal­lonie-Brux­elles, le Prix du Poème en Prose Louis Guil­laume. Le livre compte en fait un seul poème, dédié à la mémoire de Paul André.

Le Prix tri­en­nal de poésie. Doté de 8.000 €, le Prix tri­en­nal de poésie récom­pense, tous les trois ans (en alter­nance avec le Prix tri­en­nal du roman et le Prix tri­en­nal de théâtre), un auteur pour un recueil poé­tique pub­lié à compte d’éditeur. Ce prix est attribué sur propo­si­tion d’un jury indépen­dant com­posé cette année de Rony Demae­se­neer, Sami El-Hage, Vanes­sa Herzet, Mélanie Godin, Daniel Laroche et Colette Nys-Mazure.


Prix quinquennal de l’essai
Christine Aventin pour Breillat des yeux le ventre (Somnambule équivoque)

aventinLa lau­réate. Née en 1971, Chris­tine Aventin est licen­ciée en philolo­gie romane de l’U­ni­ver­sité de Liège. Elle a con­nu un suc­cès lit­téraire inat­ten­du avec un roman écrit à quinze ans, Le cœur en poche (Mer­cure de France, 1988). Elle y laisse quelques plumes avant de recou­vr­er le con­fort de l’anony­mat. Un long silence, qu’elle meu­ble de pein­ture, de pho­to et d’er­rance, finit par ramen­er la ques­tion de l’écri­t­ure. Elle pub­lie alors Por­trait nu (2005). Tan­dis que son rythme de pub­li­ca­tion se fait spo­radique, elle s’exerce à dif­férents gen­res lit­téraires (le théâtre, l’essai) à tra­vers une œuvre sin­gulière, mul­ti­forme, engagée, fémin­iste et dérangeante, qui explore les lim­ites des gen­res.

 

À lire : une interview de Christine Aventin (C.I. 187)

Le précé­dent lau­réat. Chris­tine Aventin suc­cède au pal­marès à Frédéric Thomas, primé en 2012 pour son livre Salut et lib­erté : regards croisés sur Saint-Just et Rim­baud.

aventin breillatLe livre. Breil­lat des yeux le ven­tre a été pub­lié dans la mai­son d’édition belge Le som­nam­bule équiv­oque en 2013. Le livre de Chris­tine Aventin est un essai au sens pre­mier du terme : l’auteure s’y lance dans une expéri­ence lit­téraire qui dyna­mite les lim­ites des gen­res lit­téraires, à la fron­tière entre la fic­tion, l’autobiographie et la réflex­ion. Sur ce chemin, Chris­tine Aventin sem­ble avoir trou­vé un alter ego en Cather­ine Breil­lat, dont elle analyse le ciné­ma, le rap­port au corps et au féminin.

Le Prix quin­quen­nal de l’es­sai. Doté de 10.000 €, le Prix quin­quen­nal de l’essai récom­pense un auteur pour un essai (enten­du au sens large) pub­lié à compte d’éditeur. Ce prix est attribué sur propo­si­tion d’un jury indépen­dant com­posé cette année de Aurore d’Haeyer, Rose­line Lemaire, Christophe Meurée, Valérie Piette, Frédéric Sae­nen et Lau­rent Van Eyn­de.