Un coup de cœur du Carnet

Haute transhumance
Autrice : Françoise Lison-Leroy
Illustratrice : Francesca Scarito
Maison d’édition : Esperluète
Collection : L’estran
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 72
Prix : 15 €
Livre numérique : /
EAN : 9782359842081
Né, selon Françoise Lison-Leroy, d’une rencontre furtive avec une famille menée par une petite fille qui chantait, ce recueil transforme cette vision en une méditation sur le déplacement, l’exil, la migration, mais aussi sur ce mouvement intérieur qui pousse les êtres à chercher plus loin que l’horizon visible.
Le titre mérite d’emblée qu’on s’y arrête. La transhumance désigne le déplacement saisonnier des troupeaux entre différentes terres de pâturage. En y ajoutant l’adjectif haute, Françoise Lison-Leroy lui confère une dimension plus vaste, presque spirituelle. Dans cette « haute transhumance », il ne s’agit plus de passer d’un lieu à un autre, mais de traverser des paysages humains, mémoriels et symboliques. Continuer la lecture





« Toupie se dit boulboul en syrien, ce qui signifie “rossignol” en arabe littéraire et “zizi” en égyptien ! Toupie se dit nahla en égyptien, ce qui signifie “abeille” en arabe littéraire ainsi que dans la plupart des langues arabes parlées. Toupie se dit trombia en marocain, qui vient probablement de l’espagnol, nous rappelle la tromba – la “trompette” en italien – et tout ce qui arrive “en trombe” dans les langues latines ! Toupie se dit khodhrouf en arabe littéraire, un mot relié à d’autres mots qui évoquent le bois, les jeux d’enfants et le mouvement. Bref ! La traduction du mot toupie en arabe nous donne le tournis ! Golan Haji a choisi le mot boulboul pour le rythme du mot, pour son lien avec la nature, pour l’évocation du chant d’oiseau. » Un mot, un seul, et tant de questions et de positionnements chez le traducteur qui a la tâche-vertige de traduire la poésie d’une autre, d’en garder la saveur et la cadence, d’en pénétrer les sens et explorer les sous-entendus, et de les rendre uniques dans leur pluralité. Un mot, un seul, et nous voilà conquise par l’entreprise, admirative devant le travail, baba face au talent. 




Un grand carnet souple, Tous mes cailloux, un petit livret coloré, De la terre dans mes poches, et nous voilà plongés dans les sons et les odeurs des mots de Françoise Lison-Leroy accompagnés des dessins de Matild Gros et de Raphaël Decoster. Des univers graphiques entourant les poèmes de Françoise Lison-Leroy que l’on rencontre dans le catalogue de la maison d’édition Cotcotcot. La matière, terre, pierre et cailloux, est le sujet principal de ce premier livret et ce premier carnet entamant de nouvelles collections.
Automne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds incitent à marquer le coup et ce double jubilé ne fait pas exception. Ce n’est donc pas une réédition classique dans la collection patrimoniale qui a hérité, par le hasard de la numérotation, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on parle de chiffres, il ne s’agit pas à proprement d’une mais plutôt de vingt-deux rééditions. Vingt-deux !? Dans un seul volume ? Parfaitement ! Vingt-deux nouvelles, échantillon choisi parmi les plus de cent plaquettes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter.
Il aurait pu être un petit prince à qui l’on donne « l’azur, cent peluches ou la mer, s’il en avait voulu », mais c’est un sauvageon ! Tout nu, « tout né », il atterrit, comme par mégarde, « sur une sphère bancale, hostile », toupie folle qu’il gouvernera, « entre sol et ciel », à sa façon, « avec un bruit de menu moteur ». Spontanément perplexe face au monde qui l’accueille, il hurlera d’instinct, pour crier sa présence, pour dire sa conscience.