Archives par étiquette : Françoise Lison-Leroy

Le Top 2025 de Fanny Lamby

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion de Fan­ny Lam­by. Con­tin­uer la lec­ture

Tout peut encore y surgir

Un coup de cœur du Car­net

Françoise LISON-LEROY et Geof­frey DELINTE, Terre meu­ble, Ail des ours, coll. « Coqueli­cots », 2025, 54 p., 16,5 €, ISBN : 9782491457464

lisonleroy delinte terre meubleAvec Terre meu­ble, Françoise Lison-Leroy remue la représen­ta­tion sin­istre de la mort pour en brandir une nou­velle, lumineuse, joyeuse et mélan­col­ique. Par déf­i­ni­tion, une terre meu­ble est légère, tra­vail­lée, presque vivante, tout peut encore y sur­gir ; elle peut se déplac­er, laiss­er se mou­voir ceux qu’elle recou­vre. Et s’il était pos­si­ble de con­tin­uer à vivre des aven­tures avec ceux qui ne sont plus là ? À con­di­tion de garder leurs expédi­tions – détri­cotant la fron­tière du vivant et de la mort – secrètes, la nar­ra­trice et son petit frère décédé peu­vent établir une rela­tion éter­nelle, s’offrant la joie d’une échap­pée plurielle, d’un efface­ment des événe­ments irrévo­ca­bles : celui qui n’est plus revit, celle qui a per­du un être cher le retrou­ve. Le couperet de la mort est émi­et­té par une seule petite phrase, sûre d’elle, annonçant la couleur du recueil et les con­tours d’une nou­velle réal­ité : Con­tin­uer la lec­ture

Petits objets blessés à l’horizon

Anne LETORÉ et Françoise LISON-LEROY, Col­lec­tions après usage, Âne qui butine, 22 €, ISBN : 9782919712373

letore lison leroy collections apres usageVoilà un objet curieux que celui com­posé des qua­tre mains asso­ciées d’Anne Letoré et Françoise Lison-Leroy. Col­lec­tions après usage vient de paraitre dans la col­lec­tion « Amphis­bène » des édi­tions de l’Âne qui butine, dans laque­lle “deux auteur-es créent en duo, tis­sent leurs mots, illus­trent ensem­ble une œuvre unique.” Entre prose (Anne Letoré), poésie (Françoise Lison-Leroy), recette de cui­sine sat­ur­nale, pho­togra­phie et col­lages, les deux artistes voy­a­gent dans les espaces, les épo­ques et les médi­ums pour explor­er quan­tité de col­lec­tions croisées sur leur chemin. Comme l’annonce l’inscription au feu­tre orange et vert sur la qua­trième de cou­ver­ture : ça riboule, ça pêle-mêle, ça tar­touffe. Con­tin­uer la lec­ture

Rentrée littéraire 2025 : continuité et renouveau

rentree 2025

Immuable temps fort de l’année édi­to­ri­ale française, la « ren­trée lit­téraire d’automne » sus­cite beau­coup d’attention en Bel­gique aus­si.

De la part des libraires et des lecteurs, évidem­ment, puisque la lit­téra­ture pub­liée en France reste, de loin, la plus ven­due chez nous. Pour les auteurs et autri­ces belges pub­liés en France, cette ren­trée est pleine­ment la leur, et ils se mêleront, comme tous les romanciers hexag­o­naux, à l’effervescence du moment et notam­ment à la course aux prix. Les maisons d’édition belges, quant à elles, adoptent vis-à-vis de cette péri­ode des atti­tudes divers­es. Cer­taines en font un moment-phare de leur année. Elles optent alors pour un pro­gramme d’ampleur, et des dates de paru­tion qui rejoignent celles des voisins français (fin août), ou sont au con­traire plus tar­dives, pour éviter une con­cur­rence déséquili­brée. D’autres maisons, sans être inac­tives au cours du deux­ième semes­tre, pla­cent plutôt le cen­tre de grav­ité de leur année édi­to­ri­ale à la Foire du livre de Brux­elles, et présen­tent donc un pro­gramme plus léger pour l’automne.

Tour d’horizon des auteurs et autri­ces belges qui fer­ont la ren­trée 2025, en Bel­gique ou à l’étranger. Con­tin­uer la lec­ture

Écouter les rêves de la matière

Françoise LISON-LEROY, Tu ouvres et c’est le jour, Rougerie, 2025, 64 p., 12 €, ISBN : 978–2‑85668–428‑3

lison-leroy tu ouvres et c'est le jourLa poésie se tient dans des angles morts qu’elle ramène à la vie, s’adresse aux mots comme s’ils étaient des oiseaux. Tu ouvres et c’est le jour, le nou­veau recueil poé­tique de la poétesse et écrivaine Françoise Lison-Leroy tisse son univers dans un con­tin­u­um de sen­sa­tions qui cir­cu­lent de l’humain à la nature, qui déam­bu­lent du château de sable à la taupe, des nuages à la musaraigne. L’écriture est tail­lée dans ce qu’elle évoque, dans la porosité entre les règnes du vivant, tra­ver­sée par une expres­sion et un ani­misme qui décloi­son­nent les fron­tières entre les formes de vie. Con­tin­uer la lec­ture

« Toi aussi tu t’élances »

Françoise LISON-LEROY (autrice), Camille NICOLLE (illus­tra­trice) et Golan HAJI (tra­duc­teur), Toupie, Le port a jau­ni, coll. « Poèmes », 2024, 28 p., 12 €, ISBN : 9782494753020

nicolle lison leroy toupie« Toupie se dit boul­boul en syrien, ce qui sig­ni­fie “rossig­nol” en arabe lit­téraire et “zizi” en égyp­tien ! Toupie se dit nahla en égyp­tien, ce qui sig­ni­fie “abeille” en arabe lit­téraire ain­si que dans la plu­part des langues arabes par­lées. Toupie se dit trom­bia en maro­cain, qui vient prob­a­ble­ment de l’espagnol, nous rap­pelle la trom­ba – la “trompette” en ital­ien – et tout ce qui arrive “en trombe” dans les langues latines ! Toupie se dit khodhrouf en arabe lit­téraire, un mot relié à d’autres mots qui évo­quent le bois, les jeux d’enfants et le mou­ve­ment. Bref ! La tra­duc­tion du mot toupie en arabe nous donne le tour­nis ! Golan Haji a choisi le mot boul­boul pour le rythme du mot, pour son lien avec la nature, pour l’évocation du chant d’oiseau. » Un mot, un seul, et tant de ques­tions et de posi­tion­nements chez le tra­duc­teur qui a la tâche-ver­tige de traduire la poésie d’une autre, d’en garder la saveur et la cadence, d’en pénétr­er les sens et explor­er les sous-enten­dus, et de les ren­dre uniques dans leur plu­ral­ité. Un mot, un seul, et nous voilà con­quise par l’entreprise, admi­ra­tive devant le tra­vail, baba face au tal­ent. Con­tin­uer la lec­ture

De l’élancement

Françoise LISON-LEROY, Les éjoin­tés, Rougerie, 2023, 12 €, ISBN : 978–2‑85668–422‑1

lison-leroy les ejointésOn est des vôtres
ceux qui cav­a­lent sans prénom
sans le souf­fle des dieux
 

Au titre aus­si évo­ca­teur qu’implacable, le nou­v­el opus de la poétesse Françoise Lison-Leroy (pub­lié aux Édi­tions Rougerie) tra­verse les nuances de l’envol à par­tir de la brisure. À l’inverse de la pra­tique de l’éjoin­tage, con­sis­tant à couper un bout de l’aile des oiseaux pour entraver leur vol, les mots de la poétesse quit­tent la terre ferme pour s’élancer dans une « musique au champ libre ». Les éjoin­tés sont tous ceux aux­quels blessure a été infligée et qui ten­tent, tant bien que mal, de con­tin­uer à met­tre une aile devant l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

Douceur captive entre les draps

Françoise LISON-LEROY, Nid, mono­types de Pas­ca­line WOLLAST, Esper­luète, 2023, 56 p., 15 €, ISBN : 9782359841732

lison leroy nidMon corps est une armoire. Je vis dedans. Quand elles vien­nent, je voudrais me cacher ailleurs. Je pour­rais m’enfuir et elles ne ver­raient rien, je serais tou­jours là. 

Jux­ta­posées dans leur écrin blanc et noir, les phras­es de Françoise Lison-Leroy ric­ochent sur les estam­pes de Pas­ca­line Wol­last, égale­ment mag­né­tiques et sibyllines, à mi-chemin entre l’énigme et l’évidence. Ce bref réc­it poé­tique con­tient deux par­ties : « On a changé de pays » et « L’autre nuit » — deux par­ties qui se présen­tent comme les rives d’un fleuve, entre lesquelles ser­pente une his­toire mil­lé­naire et pour­tant tou­jours neuve. On a changé de pays intro­duit l’idée d’un mou­ve­ment, peut-être une fuite, un départ en tout cas qui bute d’emblée sur les murs d’une étrange mai­son, dont on ne sait s’il s’agit d’une prison ou d’un cen­tre de soin – voire, de tout autre chose. Mais s’agit-il seule­ment d’échapper à quelque chose ou quelqu’un ? Peut-être est-il plutôt ques­tion de se sous­traire aux regards, pour mieux retrou­ver ses sou­venirs et les par­fums tac­tiles du pre­mier nid (ou pre­mier lit) à l’approche du dernier. Con­tin­uer la lec­ture

Deux poignées de poèmes

Pierre CORAN & Carl NORAC, Une sec­onde, papil­lon !, Rue du monde, coll. « Une poignée de poèmes », 2022, 36 p., 9,50 €, ISBN : 9782355046896
Françoise LISON-LEROY, Poèmes cueil­lis dans la forêt de vos yeux, Rue du monde, coll. « Une poignée de poèmes », 2022, 36 p., 9,50 €, ISBN : 9782355046902

coran et norac une seconde papillonDeux petits livres de poésie pour la jeunesse vien­nent de paraitre aux édi­tions Rue du monde. Le pre­mier, Une sec­onde, papil­lon !, est écrit à qua­tre mains par deux poètes de la même famille, Pierre Coran et son fils Carl Norac. C’est un événe­ment, puisqu’il s’agit pour eux d’une pre­mière expéri­ence col­lec­tive d’écriture partagée. Habités par une inspi­ra­tion com­mune, ils captent la poésie dans chaque instant de la vie véri­ta­ble et essen­tielle. Puis­sam­ment posi­tifs, les poèmes évo­quent le temps qui passe, le hasard, la réal­ité, l’enfance, le rêve. Au fil des pages, s’écrit un dia­logue unique et poé­tique entre un père et son fils, une trans­mis­sion de ce qu’il faut regarder inten­sé­ment et rêveuse­ment pour appréhen­der le vis­i­ble : Con­tin­uer la lec­ture

Madeleine, le goût de l’enfance

Françoise LISON-LEROY (autrice) et Françoise ROGIER (illus­tra­trice), Madeleine, Tétras Lyre, coll. « Let­trim­age », 2022, 30 p., 16 €, ISBN : 9782930685625

lison leroy rogier madeleineMadeleine a dix ans, d’abord bien­tôt, ensuite depuis peu. Ses pieds s’agitent nus ou bot­tés de rouge, dans la nature qui l’éclabousse et les flaques qui la réjouis­sent. Ses yeux se plis­sent de con­tente­ment quand ils ne se per­dent pas dans l’observation. Ses paumes, elles, s’ouvrent grand, telle­ment grand vers le ciel, mais se refer­ment aus­si pour ne pas qu’un bal­lon s’échappe. Son corps, agile, se niche sur la branche d’un pom­mi­er, s’accroche à un trapèze, se fige devant un cours d’eau. Et ses cheveux, noirs, s’affolent aux qua­tre vents, au gré de ses cabri­oles, puis se reposent sur ses épaules, lors de moments sus­pendus. Madeleine paraît joyeuse et curieuse, entière­ment dans l’instant. Autour d’elle, des feuilles col­orées, des jou­ets aban­don­nés, des oiseaux s’égaillant, des nuages pas­tel, des félins s’esquivant, une foule en mou­ve­ment. C’est dans cet univers graphique, à la com­po­si­tion pochée et cha­toy­ante, que con­nais­sance visuelle est faite avec Madeleine. Les déli­cieuses illus­tra­tions de Françoise Rogi­er, à elles seules, racon­tent déjà telle­ment… Con­tin­uer la lec­ture

Revue de presse : les livres de l’année 2021

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Au cours des dernières semaines, les médias ont dressé le bilan de l’année lit­téraire 2021, sou­vent par le biais de listes des ouvrages les plus remar­quables de l’année. Le Car­net et les Instants vous a pro­posé les sélec­tions de ses chroniqueurs et chroniqueuses tout au long du mois de décem­bre. Place à présent aux choix d’autres jour­naux et mag­a­zines — et plus pré­cisé­ment, aux auteurs et autri­ces belges qu’ils men­tion­nent.  Con­tin­uer la lec­ture

Aux heureuses collectionneuses de cailloux et autre Jean Jardinier

Françoise LISON-LEROY et Matild GROS, De la terre dans mes poches, Cot­Cot­Cot, coll. « Matière vivante», 2021, 20 p., 10,50 €, ISBN : 978–2‑930941–31‑8 
Françoise LISON-LEROY et Raphaël DECOSTER, Tous mes cail­loux, Cot­Cot­Cot, 2021, 44 p., 19,90 €, ISBN : 978–2‑930941–32‑5

lison leroy gros de la terre dans mes pochesUn grand car­net sou­ple, Tous mes cail­loux, un petit livret col­oré, De la terre dans mes poches, et nous voilà plongés dans les sons et les odeurs des mots de Françoise Lison-Leroy accom­pa­g­nés des dessins de Matild Gros et de Raphaël Decoster. Des univers graphiques entourant les poèmes de Françoise Lison-Leroy que l’on ren­con­tre dans le cat­a­logue de la mai­son d’édition Cot­cot­cot. La matière, terre, pierre et cail­loux, est le sujet prin­ci­pal de ce pre­mier livret et ce pre­mier car­net enta­mant de nou­velles col­lec­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Horizons littéraires en vingt-deux instantanés

COLLECTIF, Fenêtres sur court, textes réu­nis et présen­tés par Lau­ra Delaye, Nau­si­caa Dewez, Lau­rence Ghigny, Vio­laine Gréant et Valéri­ane Wiot, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 278 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–550‑6

fenetres sur courtAutomne 2021 : Espace Nord sort son 400e numéro, La Fureur de lire fête ses 30 ans. Les comptes ronds inci­tent à mar­quer le coup et ce dou­ble jubilé ne fait pas excep­tion. Ce n’est donc pas une réédi­tion clas­sique dans la col­lec­tion pat­ri­mo­ni­ale qui a hérité, par le hasard de la numéro­ta­tion, de ces deux zéros sur sa tranche. Et, tant que l’on par­le de chiffres, il ne s’agit pas à pro­pre­ment d’une mais plutôt de vingt-deux réédi­tions. Vingt-deux !? Dans un seul vol­ume ? Par­faite­ment ! Vingt-deux nou­velles, échan­til­lon choisi par­mi les plus de cent pla­que­ttes éditées dans le cadre de la Fureur de lire. Tâche ardue à n’en pas douter. Con­tin­uer la lec­ture

Dans l’atelier du petit prince…

Françoise LISON-LEROY, Sauvageon, Bleu d’encre, 2021, 37 p., 10 €, ISBN : 978–2‑930725–38‑3

lison leroy sauvageonIl aurait pu être un petit prince à qui l’on donne « l’azur, cent peluches ou la mer, s’il en avait voulu », mais c’est un sauvageon ! Tout nu, « tout né », il atter­rit, comme par mégarde, « sur une sphère ban­cale, hos­tile », toupie folle qu’il gou­vern­era, « entre sol et ciel », à sa façon, « avec un bruit de menu moteur ». Spon­tané­ment per­plexe face au monde qui l’accueille, il hurlera d’instinct, pour crier sa présence, pour dire sa con­science. Con­tin­uer la lec­ture

Françoise Lison-Leroy primée par l’Académie française

Françoise Lison-Leroy

Françoise Lison-Leroy

Alors qu’elle a décidé de post­pos­er la procla­ma­tion de son grand prix du Roman, l’A­cadémie française a pour­tant dévoilé le pal­marès des nom­breux autres prix qu’elle décerne. Par­mi les lauréat.e.s : Françoise Lison-Leroy. Con­tin­uer la lec­ture

Lavis d’une enfant morte

Françoise LISON-LEROY et Diane DELAFONTAINE, Les blancs pains, Esper­luète, 2019, 72 p., 15 €, ISBN : 978–2‑35984–106‑0

Après la dis­per­sion des cen­dres d’un corps, les vivants revi­en­nent sur le lieu exact y pos­er des fleurs. Le vent les a pris, pous­sières et plantes, pour­tant les pas y retour­nent. Prég­nante est la mort : de sou­venirs, de rassem­ble­ments, d’émotions ; en somme de vie. C’est ce que poé­tise Françoise Lison-Leroy à pro­pos d’une petite fille décédée beau­coup trop tôt.

Je con­nais ton secret. Tu es l’enfant d’une fièvre et d’un rosier grim­pant.

Con­tin­uer la lec­ture