Jolie fratrie d’ours

Marine SCHNEIDER, Petit ours, Tout petit ours, Cam­bourakis, 2021, 32 p., 12 €, ISBN : 978–2‑36624–547‑9

schneider petit ours tout petit oursMarine Schnei­der, qu’on a pu notam­ment décou­vrir avec Hiro, hiv­er et marsh­mal­lows en 2018 chez Ver­sant Sud Jeunesse, nous embar­que d’album en album dans un univers graphique élaboré, où l’imagination est reine et le fond de l’air chargé de poésie et de mer­veilleux.

À côté de ces créa­tions sin­gulières, les deux car­ton­nés que l’autrice a pub­liés chez Cam­bourakis et dont Petit ours, Tout petit ours est le dernier en date, feraient presque fig­ure de livres moins tra­vail­lés. Et pour­tant, il n’en est rien. Dans un style plus sim­ple, Marine Schnei­der fait preuve ici encore d’une belle maitrise. Elle procède par grands aplats de couleurs non tex­turés. Le trait est réduit au min­i­mum : il n’apparait que lorsqu’il est absol­u­ment néces­saire pour pré­cis­er la forme. La palette de tons évoque un univers déli­cieuse­ment rétro, et ce, alors que les auteurs de livres dédiés aux plus petits optent sou­vent pour des couleurs très vives, voire par­fois cri­ardes. Il faut donc saluer la sim­plic­ité et l’efficacité de cet album, tout en équili­bre.

Marine Schnei­der avoue éprou­ver une cer­taine fas­ci­na­tion pour la fig­ure de l’ours. Les ours de ses car­ton­nés sont ancrés dans un quo­ti­di­en famil­ial et humain, bien loin de l’animal sauvage. Dans Grand ours, Petit ours le petit est com­paré à l’adulte ; dans Petit ours, Tout petit ours, c’est le plus grand de la fratrie qui est com­paré au bébé âgé de quelques mois. Si l’on revient au célèbre con­te Boucle d’or et les trois ours, on ver­ra que l’animal se prête naturelle­ment à illus­tr­er les com­para­isons de taille ou de quan­tité.

Ce joli car­ton­né réfléchi et bien pen­sé fera la joie des jeunes fratries et des amoureux des ours. Il peut égale­ment être utile au sein des familles pour inviter à recon­naitre les dif­férences entre cha­cun et aider ain­si le plus jeune ou à l’ainé à mieux définir sa place.

Marie Bau­rins