Le théâtre de Maeterlinck illustré par Spilliaert bientôt exposé aux Musées royaux des Beaux-Arts

Les Aveugles Maeterlinck Spilliaert

Une page de la pièce “Les Aveu­gles” — ©Luc Schro­bilt­gen, Brux­elles

Les Musées roy­aux des Beaux-Arts, la Com­mu­nauté fla­mande et la Fon­da­tion Roi Bau­douin ont uni leur force pour acquérir les trois vol­umes du théâtre de Mau­rice Maeter­linck édités par Edmond Deman, illus­trés par Léon Spilli­aert.

De 1901 à 1902, l’édi­teur brux­el­lois Edmond Deman pub­lie, en édi­tion lim­itée et en trois vol­umes, l’in­té­grale du théâtre de Mau­rice Maeter­linck (1862–1949). L’édi­teur con­serve pour son usage per­son­nel un exem­plaire du trip­tyque, qu’il con­fie au jeune pein­tre Léon Spilli­aert (1881–1946) pour illus­tra­tion. L’artiste s’at­tèle à la tâche de sep­tem­bre 1902 à juil­let 1903. Il réalise quelque 340 illus­tra­tions à l’en­cre de Chine, à la gouache et au pas­tel. 

Pour le site de la Fon­da­tion Roi Bau­douin, Anne Adri­aens-Panier, con­ser­va­trice hon­o­raire des MRBAB et spé­cial­iste de Spilli­aert com­mente le tra­vail de Spilli­aert autour de Maeter­linck  : “On retrou­ve dans ces trois vol­umes du Théâtre de Mau­rice Maeter­linck la vision extrême­ment orig­i­nale, réfléchie et cohérente de Léon Spilli­aert. Ses illus­tra­tions min­i­mal­istes peu­vent être con­sid­érées comme précurseurs du dessin au trait pur et inno­vant, qui car­ac­téris­era plus tard la pro­duc­tion excep­tion­nelle de bédéistes dans notre pays. Mieux que tout autre illus­tra­teur de son époque, Spilli­aert perce­vait le lien intu­itif entre la pen­sée poé­tique, le mot et l’image. Il a don­né forme à des pen­sées pures. D’un point de vue mod­erne égale­ment, les trois vol­umes ont une valeur unique et con­stituent sans aucun doute le point de départ de nou­velles visions en matière de com­po­si­tion et de con­cep­tion, et peut-être même un cadre de référence pour l’histoire ultérieure de l’illustration.”

Aglavaine et Selysette

Page de titre d’ “Aglavaine et Sél­y­sette” — © Luc Schro­bilt­gen, Brux­elles

Enfin accessible au public

Après le décès d’Ed­mond Deman, ces trois vol­umes excep­tion­nels ont rapi­de­ment été mis en vente pub­lic et ont fait le bon­heur de col­lec­tion­neurs privés. Le dernier d’en­tre eux les a mis en vente et c’est là qu’in­ter­vient la Fon­da­tion Roi Bau­douin. Cette dernière gère le Fonds Eliane Ver­caempt, qui a pour objec­tif de con­tribuer à l’acquisition d’œuvres d’art des 19e et 20e siè­cles. Les œuvre ain­si acquis­es sont des­tinées à être prêtées aux Musées roy­aux des Beaux-Arts de Bel­gique, qui les ren­dront acces­si­bles au pub­lic.

Les trois ouvrages étant un chef-d’œu­vre de la Com­mu­nauté fla­mande, l’achat a impliqué une col­lab­o­ra­tion entre la Fon­da­tion Roi Bau­douin, les Musées roy­aux des Beaux-Arts et la Com­mu­nauté fla­mande.

Les Musées roy­aux des Beaux-Arts pro­jet­tent d’ex­pos­er les trois livres dans le Musée Fin-de-Siè­cle, au côté d’autres œuvres de Spilli­aert.

Plus d’information