COLLECTIF L‑SLAM, On ne s’excuse de rien!, vol. 2, Maelström reEvolution, 2024, 296 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87505–493‑7
On s’écrie qu’on écrit.
On frappe où ça fait mal.
On marche. On danse. On embrasse. On écrase ses angoisses.
« On », c’est le Collectif L‑SLAM. Poètes, poétesses, slameureuses, badasses, iels unissent leur plume une nouvelle fois, après un premier recueil paru en 2019 et qui rassemblait déjà cinquante-sept auteurices. Aujourd’hui, le chœur a grossi et la verve ne s’affaiblit pas. Haut et fort, iels donnent de la voix. Il est question de racisme, de maternité, de rupture, de viol, de burn-out et de violence conjugale, mais aussi de marrainage, de matrimoine, de compersion et d’intersection des luttes. Le vers a du poids. La rime ne décore pas. La poésie se politise. Le mot sert le combat.
Ça claque, ça chamboule, ça tranche dans le vif, ça retourne les tripes, ça sororise, ça dénonce. Ça rue dans les brancards de la prose patriarcale.
ensemble nous sommes
cet élan improbable qui renaît de ses cendres
ensemble nous sommes
l’engendrement de la tendresse revenue
méandres désappris
ensemble nous sommes
la corde de l’arc qui cesse de trembler
pour bander brut
beat pour badass
je suis
nous sommes
beat pour badass
écrit Ludivine Joinnot.
Coordonné par Lisette Lombé, poétesse nationale, ce deuxième volume du Collectif L‑SLAM intitulé On ne s’excuse de rien! rassemble quatre-vingt-six auteurices novices ou aguerri.e.s. On y retrouve notamment Catherine Barsics, Christine Aventin, Mel Moya, Elke de Rijcke, Marie Darah et Joëlle Sambi.
Des textes inédits se mêlent à d’autres, ayant fait l’objet d’une publication récente, comme cet extrait de Marées vaches, de Maud Joiret paru au Castor Astral en 2023 :
Jour 1
je ne pense pas à l’enfant
je ne pense pas à l’hystérectomie
je ne peux pas lire
je ne peux pas me tourner
je ne peux pas rester immobile
je ne peux pas parler
je ne peux pas être en communication avec toi
je ne veux rien
je ne peux rien
puis je reviens d’entre les gisantes
l’écartèlement intronise la coulée
et j’oublie tout devant
le rouge
Des textes longs, des textes brefs qui disent la révolte ou la caresse, la passion ou le courage, et qui tous rappellent la force des mots du collectif, la puissance des voix qui s’unissent. Le verbe est haut, l’audace est vive. La fronde se transmet, la fierté se partage.
Quand je serai grande,
Je serai slameuse.
J’aime écrire des mots qui font des phrases,
Des phrases qui font des rimes,
Et des textes qui font des slams
Pour faire rire, émouvoir et raconter mon histoire.
rappelle Isis Lavaux Dzaomuho-Lenieregue.
Poètes, poétesses et slameureuses, iels ne s’excusent de rien. Iels balancent tout.
Iels ouvrent des voix nouvelles et la fin du recueil n’en est qu’un rappel.
Allez, tchao baby…
Laura Delaye
Un extrait proposé par les éditions Maelström reEvolution