Du Jeu et des gouffres

Un coup de cœur du Car­net

Jauzion Graverolles La méthode

La méthode

Auteur : David Jauzion-Graverolles

Mai­son d’édi­tion : M.E.O.

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 476

Prix : 29 €

Livre numérique : 16,99 €

EAN : 9782807005822

En écrivant et en pub­liant La méth­ode, David Jauzion-Graverolles ne cesse de men­er une enquête à tra­vers une fic­tion cen­trée sur la ques­tion du théâtre mais aus­si de la soumis­sion, de la trahi­son, de l’exécra­tion. Ces pas­sions qui peu­vent tra­vers­er des groupes con­sti­tués autour d’une appar­ente quête de l’ab­solu, sous la coupe d’un « Ani­ma­teur » d’un « Maitre » et, finale­ment, d’un « Gourou » sont les nervures élec­triques de ce long roman pas­sion­nant, tout entier con­sacré aux enjeux entre­croisés de l’éthique et de la créa­tion. Auteur, poète et essay­iste,  David Jauzion-Graverolles a déjà pub­lié chez le même édi­teur, Bien accueil­lir son pris­on­nier et plusieurs recueils de poèmes au Coudri­er.

La méth­ode ren­voie, dans l’univers du théâtre, à chaque époque où le Jeu, la Scène, le Théâtre ont été pen­sés : Stanislavs­ki, Brecht, Diderot, Peter Brook… jusqu’à Aris­tote !
Le roman saisit d’abord le per­son­nage de Sylvère, jeune uni­ver­si­taire en déshérence amoureuse, pour men­er les lecteurs et lec­tri­ces dans une foi­son­nante suite de ren­con­tres qui va con­stituer, peu à peu, un groupe com­pos­ite… Sylvère, donc aban­donne une car­rière uni­ver­si­taire pour se présen­ter dans une pres­tigieuse école de théâtre, l’ENSPETT. Là, il ren­con­tre Rick, un comé­di­en en plein errance, Miran­da la danseuse, Poet­i­ca la per­formeuse, Vig, à la recherche du nom­bre d’or de l’art et tous les autres qui se présen­tent pour la pro­mo­tion expéri­men­tale « mise en scène » de l’ENSPETT. Le petit groupe sera et ani­mé par le célèbre met­teur en scène movi­di­en Rado Vetro. En route vers Avi­gnon, le réc­it nous plonge dans de som­bres his­toires de trahisons, de haines, de folie…

Refu­sant tous les murs por­teurs et les relais tech­niques qui font les répéti­tions et représen­ta­tions au prof­it d’une véri­ta­ble dévo­tion et cul­ti­vant une haine féroce des uns et des autres, le per­son­nage de Rado Vetro fait aus­si la force de ce roman ! Lancer l’un con­tre l’autre le théâtre et la lit­téra­ture, c’est chercher aus­si à arracher à la planète philoso­phie quelques arpents pour faire enten­dre l’état corps du monde en ébul­li­tion.

L’au­teur n’ou­blie pas l’e­space vide (Peter Brook) où, sur le plateau, il n’y a rien si ce n’est un jeu où des hommes et des femmes vont ten­ter d’in­car­n­er ou de mon­tr­er les fonc­tion­nements des hommes, des femmes, des dieux et des mon­stres…

Sylvère se sen­tait emporté par cette étrange peur, si proche de la délivrance, qui mon­tait en eux dans les dernières heures avant de pass­er sur scène. Dans ces moments bénis et anx­ieux, les actions pre­naient un tour héroïque, légendaire, mais sem­blaient sans con­séquence : tout comme dans les rêves. On mon­tr­erait ce qu’on avait à mon­tr­er. On lais­serait quelqu’un d’autre décider de la suite Enfin, le futur, si pesant de doutes, avait quit­té nos frêles épaules, et, par la grâce de Vetro, s’é­tait comme recro­quevil­lé en Sa paume chenue, dans Son regard d’Orient. Là, Il nous attendait. (…) 

Rude, pas­sion­nant et éclairant…

Daniel Simon