
Petit frère
Autrice : Anne Duvivier
Maison d’édition : M.E.O.
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 123
Prix : 16 €
Livre numérique : 9,49 €
EAN : 9782807005914
Depuis des années, Odile absorbe alcool et psychotropes à l’excès. Louise, sa fille, décide que cela doit cesser : sa mère doit sortir de cette spirale autodestructrice ! Même si le Docteur Wolfers, ami de la famille, donne l’impression de maitriser la situation et bénéficie de la confiance de son père. Louise va parler à sa mère et la conversation se révèle occasion de mettre au jour un secret de famille qui lui apparait désormais comme une évidence. Mais que faire d’un secret si lourd ? Comment être loyale envers un proche sans en trahir un autre ? Et d’ailleurs, qui est déjà au courant de la vérité et a donc contribué à la dissimuler ? Qui faudra-t-il ménager ou, au contraire, affronter ?
On découvre les membres de la famille Anderson, dans les années 1980, à travers le regard de plusieurs d’entre eux. La mère, complètement perdue, masque sa souffrance derrière des abords snobs. Le père, homme à la réputation sans faux pli, reste intègre, droit et digne en toutes circonstances. Quoi qu’il arrive, il maitrise la situation. Louise, vue comme la fille modèle, s’inquiète pour ses parents comme pour son petit frère. Et à travers eux, on découvre Brigitte, la cadette et Gilles, le benjamin. Chaque chapitre a reçu le titre d’une chanson et l’histoire familiale se déroule telle une playlist, apportant régulièrement de nouvelles pièces au portrait de famille.
Si le roman est nommé Petit Frère, c’est donc toute une famille qu’Anne Duvivier y présente. Avec l’inquiétude de l’ainée comme point de départ, elle raconte autant l’histoire que la personnalité de tous les membres du clan et de quelques-uns de leurs proches. En variant les points de vue, l’autrice donne du relief à chacun, révèle leurs blessures, leurs regrets, leur empathie vis-à-vis des leurs.
Également psychothérapeute, l’écrivaine nous plonge dans les pensées des personnages. Le récit se passe dans les mémoires, les regrets, les doutes. La réflexion prend le pas sur l’action, les questionnements racontent les événements. Dès lors, le style est brut, il ne s’encombre pas d’enjolivures. Les protagonistes se livrent, simplement. Mais uniquement au sujet de leur famille : le récit non plus ne prend pas de détour et se concentre sur le secret et la question de qui le détient.
Estelle Piraux