Annie PRÉAUX, Quelque chose à te dire, M.E.O., 2026, 199 p., 20 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑8070–0570‑9
Le nouveau récit d’Annie Préaux s’ouvre sur l’annonce d’un décès : l’héroïne Agathe apprend le départ de sa mère. Agathe est une dame de 77 ans qui a grandi dans le Borinage à Mons et a été élevée par sa tante Yvette, appelée affectueusement Mamouyette, avec son cousin Michel, qu’elle considère comme son « jumeau de cœur ». Elle n’est pas affectée par la perte de sa mère et pour cause, celle-ci ne s’est jamais occupée d’elle. Nous plongeons alors dans les souvenirs d’Agathe, qui n’a pas d’explication à cet abandon. Tout ce qu’elle sait, c’est que sa mère (Blanche) était enceinte lorsqu’elle a épousé son père (Armand), et que ce dernier a été tué par une balle perdue en 1944, quelques mois avant sa naissance. Continuer la lecture






Voilà vingt-sept ans que Sylvie est partie vivre en Australie avec son mari. Vingt-sept ans sans donner de nouvelles à sa famille ni en prendre. Vingt-sept années d’absence, de silence, de solitude, à attendre que ses enfants soient indépendants, pour se dégager de l’emprise de cet homme bien loin de celui qu’elle pensait épouser. Vingt-sept ans après avoir laissé sa famille derrière elle pour lui, elle les laisse, lui et leurs enfants, pour la retrouver. Enfin, « famille » est un bien grand mot : aucun lien avec sa mère, depuis toujours ; pas d’affinités avec son frère aîné ; seule sa grand-mère compte, elle qui l’a élevée après la mort de son père dont elle n’a pour souvenir qu’une image figée sur une photographie.
Cendres est un court récit qui nous plonge dans les préparatifs d’un voyage de deux sœurs, Violette et Lila, sur l’île d’Ischia au large de Naples, afin de disperser les cendres de leur oncle Robert. Hélène, la fille de ce dernier, accompagnera le duo afin de respecter les volontés mystérieuses du défunt. La raison du choix du lieu est en effet assez énigmatique…
Les secrets de famille, on le sait aujourd’hui, peuvent empeser l’existence de ceux et celles qui en supportent la charge, parfois sans le savoir. Ils ont la peau dure, peuvent faire sentir leurs effets par-delà les générations, jusqu’à ce que quelqu’un se décide à lever l’omerta et trouve les mots pour lever le verrou. C’est la démarche effectuée par Didier Robert qui est parti à la recherche d’un parent arrêté au petit matin par l’occupant allemand durant la Seconde guerre mondiale et qui n’est jamais revenu :
Comment raconter le monde et notre époque ? En le contant ! Tel est le pari artistique de Thierry Janssen dans son œuvre Facteur humain. En usant d’un conte tantôt noir comme l’encre de seiche, tantôt comique à souhait, où le tarmac du réalisme offre une piste de décollage idéale au fantastique. Où le récit intimiste des relations humaines épouse le récit de la fin du monde et du sort de l’humanité.
Véronique Gallo pratique plusieurs formes d’écritures : une écriture destinée à être partagée et portée par sa voix, ses mises en scène, à travers sa série humoristique Vie de mère ou son spectacle The One Mother Show, où elle met en scène avec humour les affres d’une vie de femme/mère/professionnelle, au bord de la crise de nerfs. Elle exerce une autre écriture, plus silencieuse comme on le dirait d’une lecture silencieuse, moins médiatique, destinée à une rencontre intime avec les lecteurs et lectrices : celle de romans. Deux écritures, l’une humoristique, l’autre tragique, pour une même réalité : celle de femmes obligées d’assurer sur plusieurs fronts.
La pièce commence par un accident. Sur le chemin de la maison, Elisa, vingt-neuf ans, percute une panthère. La jeune femme reste prostrée quelques minutes. Le choc a été rude et provoque l’afflux d’images et de souvenirs. Flashback : Elisa a dix-sept ans et est étudiante en prépa philo. C’est là que ses premières angoisses apparaissent. La jeune femme redémarre et part sur un coup de tête vers le Sud pour voir la mer, alors que son compagnon et sa fille Jade, dont c’est l’anniversaire, l’attendent à la maison. À la lumière d’une enseigne lumineuse, nouveau souvenir : Elisa a dix-neuf ans. Elle se sent incapable de terminer ses études et quitte tout pour la fac. De quoi souffre-t-elle ? D’où vient cette mélancolie qui lui colle à la peau ?
Cédric, un assureur qui a choisi son métier sans conviction, revient dans sa Bretagne natale pour accompagner les derniers moments de vie de son grand-père. On comprend vite que le jeune homme mène une vie terne, engagé « sur les rails de l’ennui » et qu’un lien fort et régénérant l’unit à Jacques Le Garrec. 

Marie et Alex forment un couple en apparence conventionnel. Elle est une enfant unique et une chercheuse scientifique de 47 ans. Lui est un prof de philo converti en vendeur de soutiens-gorge, issu d’une famille généreuse et démonstrative. De leur union est née Nola, une jeune femme de presque 16 ans, hypersensible et en quête de sens. Leur quotidien semble banal, rythmé par le boulot, les disputes et les fous rires.