
Paul Nougé, le surréaliste aux velléités de poète de haïku
Autrice : Iocasta Huppen
Maison d’édition : Lamiroy
Collection : L’Article
Année d’édition : 2026
Nombre de pages : 44
Prix : 5 €
Livre numérique : /
ISBN : 978–2‑39081–089‑6
D’autant plus louable que peut être étonnant et inattendu cet improbable essai !
Le titre choisi par Iocasta Huppen est le dit de la chose : Paul Nougé, le surréaliste aux velléités de poète de haïku. Un titre qui compte plus de lettres que de pages. Voyez ici, dans le mot « titre », un polysème qui désigne le titre et le livre lui-même. Cet exergue, je le crée pour tenter de partager en douceur la complexe légèreté avec laquelle l’autrice nous emmène, Paul Nougé et soi.
La transition entre ces deux paragraphes s’annonce un peu sensible mais le but de cet article est de vous faire connaitre tous les écrits publiés de son vivant par Paul Nougé.
Heureusement, l’intrépide ambition de cette intention ne peut sensiblement inquiéter le lecteur. Dans la collection des Éditions Lamiroy où s’inscrit ce 65e opuscule, la ligne éditoriale est aussi variée que variable. L’éditeur l’exprime d’ailleurs avec limpidité selon cette paraphrase de votre serviteur : « Le mensuel L’Article publie un texte sur un auteur écrit par un auteur qui n’a pas besoin de le relire pour écrire ». Le spécialiste l’est tellement qu’il ne doit plus y revenir.
Une autre thématique abordée par le poète surréaliste belge est l’amour que j’ai choisi d’illustrer par un poème et un extrait. Paul Nougé a toujours fait montre d’une vraie obsession pour les femmes (je ne vous apprends rien à ce stade de mon analyse) mais la plupart du temps, « ses » femmes se retrouvent nues dans des décors incongrus, parfois au-dessus des maisons, par tous les temps.
Heureusement que ceci ne se trouve pas sur les réseaux sociaux ! Quoique du haïku au surréalisme et vice versa, le présent ouvrage pourrait toujours réhabiliter le poète grâce aux très nombreux extraits cités par l’autrice. Tous sont courts, d’un format « social » idéal, puisqu’il s’agit de démontrer, par « l’analyse », que le fameux poème japonais de trois versets n’est jamais loin. Voire que Nougé en est une progéniture belgo-culturelle ; peut-être clandestine.
Le deuxième objectif recherché dans mon article est de répertorier quelques rouages de la pensée de Paul Nougé. Dans ce sens, j’ai identifié deux catégories : les rouages avouables et ceux qui ne le sont pas ou, plus exactement, qui ne le sont plus de nos jours.
Si on lit bien, relire un auteur passé à l’aune actuelle est devenu un exercice de courage subversif. Le danger est partout et tout le temps. La poésie nulle part et sans peur. Tel est le sentiment assaillant mon cœur de lecteur qui n’a décidément pas assez appris à juger et s’arrête encore à la curiosité. Il faut dire que celle-ci est pleinement assouvie grâce à ce texte où tout est curieux ; encore un polysème.
(…) À chaque instant, nous pouvons (…) tout attendre de nous-mêmes. Ainsi, quant à l’esprit, il n’y a plus de place pour le désespoir. dans Au palais des images les spectres sont rois de Paul Nougé.
Tito Dupret