Un coup de cœur du Carnet
Paul ROLAND, J’habite les mots, illustrations de Christiane Deviaene, Déjeuners sur l’herbe, 2024, 59 p., 20 €, ISBN : 978–29304433899
En 2015, dans le cadre d’une exposition au Centre culturel de Pérulwez, Paul Roland compose 59 haïkus. Dix ans plus tard, il les publie aux Déjeuners sur l’herbe, en agrémentant chacun d’eux d’un texte les commentant et les développant. Continuer la lecture
Dans ce roman, Le chant du chardonneret, Carine Mestdag nous offre une émouvante et grave pérégrination dans l’espace de la mélancolie d’un écrivain japonais Sakutaro, amoureux de la littérature et de la poésie françaises mais qui, un jour, décide de quitter sa vie parisienne, de faire table rase de la plupart des objets qui l’ont accompagné, de brûler ses vaisseaux et de partir s’installer dans le sud-ouest de la France afin de disparaître du monde. Là, il va se remettre à écrire et à se livrer à la vertigineuse revisitation du passé, de son amour pour Hatoko, leur vie commune, les moments partagés avec leurs familles au Japon, les circonstances de sa mort…
Le jardin était d’orangers, l’ombre bleue,
Jean Luc Werpin verse dans le haïku comme un enfant plonge dans une meule de foin. Il s’y enfonce à se perdre et l’air hirsute, il en ressort plein d’épis et de fétus accrochés aux vêtements, de poussières et de pollens sur le visage comme autant d’étoiles dans les yeux. Une à une, il extrait ses ardentes et hasardeuses prises des mailles de ses habits pour les rassembler aujourd’hui, tel un herbier disparate, dans un recueil nommé Menues monnaies. 