Archives par étiquette : Lamiroy

La vie devant soi 

Nathalie STALMANS, Le retour des oies sauvages, Lamiroy, coll. “Opus”, 76 p., 10 €, ISBN : 978–2‑39081–075‑9

stalmans le retour des oies sauvagesLa men­tion « 1830Belgique2030 », au bas de la cou­ver­ture, inter­pelle. « Un label, qui pour­ra être apposé quelles que soient les col­lec­tions où se trou­ve le livre », pré­cise l’éditeur Lamiroy, qui songe déjà au bicen­te­naire nation­al. Si led­it ouvrage entre­tient une con­nex­ion avec l’histoire du pays. Quant à la col­lec­tion… Le retour des oies sauvages s’intègre dans les « Opus », des novel­las dont la longueur se situe entre la nou­velle et le roman. De belles plumes s’y sont déjà essayées, comme Alain Magerotte, Luc Del­lisse, Ziska Larouge… Con­tin­uer la lec­ture

Plongées et contre-plongées

Luc DELLISSE, Con­tre plongées, Lamiroy, 2026, 220 p., 20 €, ISBN : 9782390810490

dellisse contre plongées« Il y a des sou­venirs dont on ne peut rien faire, des expéri­ences inter­change­ables, des événe­ments qui pour­raient advenir à n’importe qui. Les seuls sou­venirs qui comptent sont ceux qui con­ti­en­nent en germe une fleur nou­velle, dont les racines sont en nous. Le reste peut rejoin­dre les oubli­ettes de la mémoire. » Ces réminis­cences affleu­rant à la con­science, Luc Del­lisse les laisse émerg­er, les scrute, puis plonge en elles pour les remon­ter par paliers : « Ce qui compte c’est d’inverser l’appel des pro­fondeurs, de remon­ter vers la lumière en ten­ant un tré­sor, un sim­ple tes­son, entre les dents. De crev­er de la tête la sur­face, pour exam­in­er au grand jour les tes­sons de ma vie, dans leur couleur orig­inelle. La mémoire est le seul appareil de con­tre-plongée. » De ces bouts d’existence, il forge lit­téraire­ment des réc­its auto-fic­tifs, qu’il rassem­ble ensuite dans un écrin, tel son dernier recueil Con­tre plongées. Con­tin­uer la lec­ture

Upstairs, Downstairs 

Marc MEGANCK, Van Kroetsch 5 : La fille du rooftop 58, Lamiroy, 2025, 224 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–015‑5

meganck la fille du rooftop 58Marc Meganck a étudié l’histoire et la ges­tion cul­turelle. Une trentaine de livres après ses débuts ès let­tres, la cinquième aven­ture de son détec­tive brux­el­lois Van Kroetsch (ce nom !), La fille du rooftop 58, ne se lim­it­era pas aux péripéties du genre polici­er mais les arcboutera sub­tile­ment con­tre des infor­ma­tions et des réflex­ions sur le devenir des décors et des êtres. Con­tin­uer la lec­ture

La vie sur le vif

Éric LAMIROY, À la volée, Lamiroy, 2025, 170 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–028‑5             

lamiroy a la voléeÀ la volée et tout est dit car Éric Lamiroy a saisi les instants fur­tifs liés aux hasards des ren­con­tres des déam­bu­la­tions, des prom­e­nades, des ren­dez-vous pour nous faire partager ses textes et pho­togra­phies sai­sis dans l’ar­pen­t­age du temps. Éric Lamiroy, on le sait, ne se pré­tend pas auteur et ce n’est pas une coquet­terie, c’est prob­a­ble­ment une vraie mod­estie chez celui qui sait cro­quer les instants sus­pendus que son regard déplie sur le vif, à l’in­stant, dans l’in­stant. Ces textes, il le rap­pelle, ne sont pas des fic­tions mais des formes d’éblouisse­ments partagés où la poésie, qui ne s’an­nonce pas, affleure sou­vent tant ces formes brèves sont mar­quées d’é­mo­tion, d’ami­tié et quelque­fois d’une forme de mélan­col­ie joyeuse. Con­tin­uer la lec­ture

Amour et théorème d’incomplétude

Jacques RICHARD, Jeanne en per­son­ne, Lamiroy, 2025, 200 p., 20 €, ISBN : 978–2‑39081–024‑7  

richard jeanne en personneTail­lé dans l’énigme de la vie, le roman de Jacques Richard déplace la nar­ra­tion vers un labyrinthe de tableaux qui com­posent autant de facettes ne se refer­mant jamais sur une unité. Les six chapitres qui scan­dent Jeanne en per­son­ne procè­dent par touch­es alliant appari­tion et dis­pari­tion, ques­tion­nement sur l’identité des êtres, de l’amour et cor­ro­sion du doute. Con­tin­uer la lec­ture

Sijou’, la vie et l’amour crescendo

Thier­ry COLJON, Sijou, Lamiroy, 2025, 200 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–998‑0

coljon sijouThier­ry Coljon est né à Arlon en octo­bre 1959 et pour­suit des études en jour­nal­isme et com­mu­ni­ca­tion à l’Université libre de Brux­elles. C’est en 1981 qu’il intè­gre le jour­nal Le Soir et qu’il devient jour­nal­iste spé­cial­iste des sujets musi­caux. Son nou­veau roman, Sijou’, vient de paraitre aux Édi­tions Lamiroy. Ce livre est le réc­it d’une ami­tié, d’une ami­tié innée : Con­tin­uer la lec­ture

Écrivain de l’océan et non écrivain de piscine

Maxime LAMIROY, Le Cuirassé Pouchkine, Lamiroy, 2025, 78 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87595–975‑1

lamiroy le cuirassé pouchkineLa pas­sion de la lit­téra­ture, de la cul­ture russe, l’existence aiman­tée par la magie des Let­tres sous-ten­dent le réc­it Le Cuirassé Pouchkine, qui fig­ure au nom­bre des nom­breux inédits lais­sés par Maxime Lamiroy, un jeune écrivain, philosophe, tra­duc­teur et édi­teur qui nous a quit­tés en juil­let 2024. Nous retrou­vons les par­fums qui com­posent ses autres textes (Deux sœurs, Les juges péni­tents…) et dessi­nent un univers à la lisière de l’onirisme et du réel. Vir­tu­ose de la mise en abyme, Maxime Lamiroy livre des frag­ments auto­bi­ographiques éloignés du courant hégé­monique de la lit­téra­ture du « je », décan­tés dans un au-delà de l’auto-fiction. Aigu­il­lé par Math­ieu, un ami slavophile qu’il con­nut durant ses études de langue et de lit­téra­ture russ­es, le nar­ra­teur s’adonne à une quête qui a pour décor le cen­tre-ville de Brux­elles et pour but la librairie « Le Cuirassé Pouchkine », un lieu dédié aux Let­tres russ­es. Le pié­ton de Paris de Léon-Paul Far­gue devient un pié­ton brux­el­lois infati­ga­ble qui sil­lonne la rue de Flan­dre, la place Sainte-Cather­ine, la galerie des Princes avec la soif d’un bib­lio­phile qui pose une équiv­a­lence secrète entre déam­bu­la­tions géo­graphiques et péré­gri­na­tions men­tales et romanesques. Con­tin­uer la lec­ture

De qui et d’où ?

Xavier HUBERLAND, Je sais très bien qui vous êtes, Lamiroy, 2025, 254 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–973‑7 

huberland je sais très bien qui vous êtes« Se muy bien quien eres… »
Cette phrase, enten­due au fin fond de la Patag­o­nie, envoya Alba, archi­tecte de renom­mée mon­di­ale, en prison. 

L’auteur et l’éditeur met­tent lecteurs et lec­tri­ces en ver­sion « hitch­cock­i­enne », dès la qua­trième de cou­ver­ture !
Et c’est alors que Max, avo­cat, entre en scène, il tire le fil nar­ratif qui se brise sou­vent pour se recon­stituer très vite dans d’autres témoignages, prin­ci­pale­ment famil­i­aux… Il nous racon­te le tra­jet sin­guli­er de sa cliente Alba, tout au long d’une odyssée entre Paris, Lon­dres et Buenos Aires. Et le nœud du mys­tère reste la ques­tion de la fil­i­a­tion, une ques­tion sans fin, dés­espérée autant que dynamique, mais aus­si une ques­tion mor­tifère… Con­tin­uer la lec­ture

Si voisin tu as, avec Watrin tu compatiras

Dominique WATRIN, La vie louche de ma voi­sine Fer­nande, Lamiroy, 2024, 180 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–937‑9

watrin la vie louche de ma voisine fernandeDominique Watrin est un auteur fan­tasque qui pour­rait large­ment incar­n­er l’un de ses pro­pres per­son­nages. Sa bib­li­ogra­phie présente un pan­el de héros pit­toresques var­ié. Avec une dizaine d’œuvres satiriques à son act­if, il a créé sa place dans l’univers de l’humour belge en se sig­nalant par un style bien per­son­nel. Un bon lous­tic ! En tant que lecteur, l’on gam­bade de fan­taisies en rail­leries et l’on sautille de mal­ices en facéties. Lire Watrin, c’est atter­rir au cœur de notre Wal­lonie et côtoy­er des per­son­nages dans le genre « hurlu­ber­lus » qui, en fin de compte, pour­raient être nos voisins à nous aus­si. C’est à par­tir de cette recette que Dominique Watrin pub­lie le troisième tome des aven­tures de sa voi­sine, La vie louche de ma voi­sine Fer­nande, aux édi­tions Lamiroy. Con­tin­uer la lec­ture

Nicolas Defrecheux, déclaré d’utilité publique

Un coup de cœur du Car­net

Bap­tiste FRANKINET, Nico­las Defrecheux, le bicen­te­naire d’un auteur wal­lon, Lamiroy, coll. « L’article », 2025, 5 €, ISBN : 978–2‑87595–965‑2

frankinet nicolas defrecheuxNous vivons de clichés. Un plom­bier, ça porte une salopette et une cas­quette de travi­o­le. Une infir­mière, ça traine des pieds et ça n’a jamais le temps. Un insti­tu­teur, ça finit sa journée à 15 h et sa semaine, le jeu­di. Et un ou une bib­lio­thé­caire, for­cé­ment, ça ne lit pas, tout occupé.e que ça est à ranger les livres en ray­on. Bap­tiste Frank­inet est bib­lio­thé­caire. Pas­sion­né et engagé, il nous a déjà con­va­in­cus de sa con­nais­sance fine de la langue wal­lonne avec les deux pans de son tra­vail Qué novèle ? Cette fois, c’est en éru­dit sur la cul­ture et en incol­lable sur l’histoire lit­téraire wal­lonnes qu’il nous rav­it, avec un hom­mage en 5000 mots au poète Nico­las Defrecheux (10 févri­er 1825–26 décem­bre 1874). Un opus­cule sur lequel vien­nent se fra­cass­er tous les stéréo­types asso­ciés à sa noble pro­fes­sion. Con­tin­uer la lec­ture

Sauver la farce

Alain MAGEROTTE, Novel­las, Lamiroy, coll. « Bib­lio­thèque de la Pli­ade », 2024, 294 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–934‑8

magerotte novellasAma­teurs de calem­bours, de con­tre­pè­ter­ies et d’humour au Xème degré, ces Novel­las d’Alain Magerotte ont été écrites pour vous ! Au dia­ble les thrillers coincés, voici des intrigues en roue libre qui n’ont que faire des con­ven­tions et qui malmè­nent les habi­tudes du genre jusqu’à brouiller les pistes. Ici, les morts (mysté)rieuses s’enchaînent dans un parc pub­lic sans qu’aucune expli­ca­tion n’existe, les vic­times sont brûlées de l’intérieur. Jusqu’à ce que le min­istre (de l’intérieur lui aus­si …) con­voque le com­mis­saire en charge et lui con­fie un ter­ri­ble secret en échange de la promesse d’une belle pro­mo­tion. Ailleurs, un chanteur en vogue est retrou­vé élec­tro­cuté dans sa baig­noire (cela ne vous dit rien ?) et les hypothès­es oscil­lent entre meurtre et sui­cide tan­dis que le box office s’affole. Là, un homme mal­heureux en amour invite une jeune femme ren­con­trée sur un site et subit une nou­velle décon­v­enue. Ou encore ce polici­er fraiche­ment retraité en proie à l’ennui qui décou­vre un corps dépecé et qui décide d’emporter chez lui un morceau pour ensuite se livr­er à ses anciens col­lègues his­toire de voir ce que cela fait de se retrou­ver de l’autre côté de la table d’interrogatoire. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman échiquéen

Un coup de cœur du Car­net

Maxime LAMIROY, Deux sœurs, Pré­face de Luc Del­lisse, Lamiroy, 2024, 192 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–954‑6 

lamiroy deux soeursRoman éblouis­sant qui prend place au sein d’un pro­jet ambitieux, d’une œuvre totale inti­t­ulée La défense NabokovDeux sœurs s’offre comme un ver­tige fic­tion­nel qui prend à bras-le-corps le geste créa­teur, les ques­tions du génie, de l’inexorable avancée du temps. L’émotion à la lec­ture de ce chef‑d’œuvre posthume est hyper­bolique, Maxime Lamiroy étant mort cette année à l’âge de trente-deux ans. Autour de deux sœurs — Katia la sculp­trice et Ele­na, roman­cière de sa pro­pre vie —, gravite une tribu de per­son­nages, un éphèbe-muse qui pose pour Katia, le mari de celle-ci qui fait songer à un Vladimir Nabokov ayant renon­cé à écrire, Ismaël habité par la mélan­col­ie, l’oncle styl­iste. Dans ce texte, courent aus­si les ombres de la lit­téra­ture russe, l’âme d’une Russie empêtrée dans les ten­sions entre son présent et son passé. Con­tin­uer la lec­ture

Georges Lebouc, un vrai patriote, une fois !

Georges LEBOUC, Vie et survie de la lit­téra­ture brux­el­loise, Lamiroy, 2024, 20 €, ISBN : 9782875959393

lebouc vie et survieUne curieuse dame à l’allure soignée, coif­fée d’un cha­peau et plongée dans la lec­ture du Mariage de Mlle Beule­mans (1910) de Frantz Fon­son et Fer­nand Wichel­er. C’est la fameuse Madame Cha­peau de Bosse­mans et Cop­penolle de Paul Van Stalle et Joris d’Han­swyck en cou­ver­ture du nou­v­el essai de Georges Lebouc inti­t­ulé Vie et survie de la lit­téra­ture brux­el­loise, paru en sep­tem­bre 2024 aux Édi­tions Lamiroy. Un avant-goût des his­toires tru­cu­lentes que l’auteur réserve à ses lecteurs. Roman­iste de for­ma­tion, Georges Lebouc étudie notam­ment les langues endogènes de Bel­gique et pub­lie, entre autres, plusieurs Dic­tio­n­naires con­sacrés aux bel­gi­cismes. Depuis 2001, il est à la tête de la col­lec­tion « Let­tres brux­el­lois­es » aux Édi­tions Racine. Aucun doute : c’est un Brux­el­lois, et fier de l’être. Après de nom­breux travaux lin­guis­tiques, il pour­suit avec cet essai qu’il con­sacre aux dialectes brux­el­lois. Le philo­logue embar­que son lecteur pour une prom­e­nade au cœur de la cap­i­tale du Pays du sur­réal­isme. Con­tin­uer la lec­ture

Je et un(e) autre

Luc DELLISSE, Ce que je sais sur Lin­da, Lamiroy, 2024, 245 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–940‑9

dellisse ce que je sais sur lindaUn homme ne sup­porte plus sa vie « offi­cielle ». Il aspire à devenir invis­i­ble, à être libre, à vivre sans passé, dans l’anonymat. Ou du moins à se don­ner des moments de fuite. Il imag­ine un strat­a­gème pour dis­paraître régulière­ment, vivre une autre vie pour laque­lle il se fab­rique une autre per­son­nal­ité. Par hasard, dans cette exis­tence dis­simulée, il ren­con­tre Lin­da. Dans ce roman de Luc Del­lisse, Ce que je sais sur Lin­da, le nar­ra­teur tombe sous le charme de la jeune femme, dont il décou­vre très vite qu’elle est, elle aus­si, entourée de mys­tère. Comme lui, elle n’est pas ce qu’elle pré­tend être. La rela­tion qui s’ébauche entre eux est de l’ordre de l’amitié et d’une très grande com­plic­ité, d’une entente à demi-mots. Cette rela­tion n’est pas de nature amoureuse. Con­tin­uer la lec­ture

Jusqu’où s’abandonner ?

Pierre GUYAUT-GENON, J’ai peur de mourir si je vis trop longtemps, Lamiroy, 2024, 268 p., 20 €, ISBN : 978–2‑87595–936‑2 

guyaut genon j'ai peurIls sont cinq à s’être inscrits auprès d’une société qui organ­ise des ses­sions rési­den­tielles de développe­ment per­son­nel des­tinées à des cadres d’entreprise. Pen­dant une semaine, ils rompent tout con­tact extérieur, doivent taire leur nom et celui de la société qui les emploie, remet­tent à l’accueil leurs smart­phone et tablette. Leur emploi du temps leur est annon­cé au fil de la journée : séances de mus­cu­la­tion, de course à pied, de relax­ation, dis­cus­sions et ani­ma­tions en groupe et entre­tiens thérapeu­tiques indi­vidu­els avec un médecin et psy­cho­logue. Quant aux repas, ils sont essen­tielle­ment à base de fruits et de légumes, générale­ment sans alcool. L’objectif annon­cé est de leur appren­dre à déstress­er en adop­tant une meilleure hygiène de vie. Con­tin­uer la lec­ture

Un parfum de pierre philosophale

Luc DELLISSE, Hen­ri Van Lier, philosophe à l’état pur, Lamiroy, coll. « L’article », 2024, 48 p., 5 €, ISBN : 978–2‑87595–923‑2

dellisse l'article« Le vis­age de ce qui suit m’est bien trop con­nu pour que l’espace qui m’entoure ne s’assombrisse et que reparaisse devant moi la scène ter­ri­ble : une nuit dévo­rant la rue Mon­ge à Paris. »

Dans son édi­to­r­i­al, le directeur de col­lec­tion Maxime Lamiroy évoque une scène de 1939, la manière dont fut sauvée une analyse de la pen­sée d’un grand auteur russe, avant de la con­necter à l’entreprise de Luc Del­lisse, qui veut ren­dre hom­mage et jus­tice à un philosophe belge peu con­nu, Hen­ri Van Lier (1921–2009), dont l’œuvre serait sans équiv­a­lent… au monde. Dès les pre­mières lignes, nous sommes dans le fait artis­tique, qui ne se con­tente pas d’exprimer un pre­mier degré mais génère des échos, des con­nex­ions, un sup­plé­ment de sens. Led­it Maxime, trente­naire ô tal­entueux, allait dis­paraître peu après l’écriture de ces pages, qui par­lent des ténèbres et de la néces­sité des flam­beaux, du mémoriel. Mise en abyme de la lit­téra­ture ! Via un emboîte­ment de matri­ochkas, menant de Maxime à Hen­ri Van Lier en pas­sant par Vic­to­ria Ocam­po (qui fuit la guerre en Argen­tine), Ben­jamin Fon­dane (qui lui refile ses notes), Léon Chestov et Luc Del­lisse, chevil­lées au plaisir de se voir con­fér­er « un inter­locu­teur, et surtout un obser­va­teur ». Con­tin­uer la lec­ture