Archives par étiquette : Éranthis

Tandem de signes…

Véronique WAUTIER (Textes), Pierre TREFOIS (Dessins), Dans nos mains silen­cieuses, Éran­this, 2018, 34 p., 12 €, ISBN : 9782874830174

Pierre TREFOIS (Textes), Valen­tine DE CORDIER, S’élever aux signes, Éran­this, 2018, 25 p., 12 €, ISBN : 9782874830167

Les deux petits vol­umes que pub­lient coup sur coup les édi­tions Éran­this ont quelque chose d’un polyp­tique lit­téraire qui uni­rait, dans un même mou­ve­ment scrip­tur­al et pic­tur­al, deux  livres pour­tant dis­tincts. Le lien entre ceux-ci ? Les « mains silen­cieuses » de l’artiste, celles en l’occurrence de Pierre Tré­fois qui, dans S’élever aux signes, met en quelque sorte sa plume au ser­vice des toiles de Valen­tine De Cordier et dans l’autre, se fait illus­tra­teur des écrits intimes de Véronique Wau­ti­er. La maque­tte agréable et sobre choisie par l’éditeur (for­mat, grain du papi­er de cou­ver­ture, ren­du des illus­tra­tions, …) fait de ces deux minces recueils des objets que l’on se plaît à feuil­leter, à ouvrir, l’espace d’une ou deux min­utes, pour y picor­er une image, un frag­ment, un mot. Une mélodie aus­si puisque dans le pre­mier, chaque texte, en regard d’une pein­ture, est accom­pa­g­né d’une référence à une chan­son, à un musi­cien (Kei­th Jar­ret, Pink Floyd, Leos Janacek, …) comme pour ajouter une dimen­sion sonore aux réso­nances qui s’établissent entre écrit et image.

Con­tin­uer la lec­ture

Un poème en filet à papillons

Carl VANWELDE, À mots comp­tés, Éran­this, 2019, 88 p., 18 €, ISBN : 139782874830181

Il serait facile de dire d’une mal­adie qu’elle est avant tout une absence de poésie dans le corps et une forme d’ab­sence momen­tanée de l’homme au monde. Mais la nom­i­na­tion du corps, sa com­préhen­sion min­i­male sem­blent être entraînée dans les mêmes mou­ve­ments d’infox que les autres. Le poète nomme, « invente les mots de la tribu » (Valéry), sépare et relie.

Les écrivains-médecins (la lit­téra­ture en est con­stel­lée), depuis Rabelais, sont légion dans la lit­téra­ture. Les douleurs, les humeurs de l’homme (et de l’animal) sont la pre­mière matière des prati­cien de l’Art, ce dont a besoin un écrivain pour échap­per au piège des idées… Con­tin­uer la lec­ture

Résonner, construire, relier

Véronique WAUTIER et Pierre TRÉFOIS, Dans nos mains silen­cieuses, Éran­this, 2018, 34 p., 12€, ISBN : 978–2‑87483–017‑4

« À la fin deven[ir] / le con­traire / de [sa] souf­france » ne se fait pas sans arrache­ment. Véronique Wau­ti­er et Pierre Tré­fois le savent par­faite­ment – du moins, c’est ce que rend sen­si­ble le recueil Dans nos mains silen­cieuses, issu de la col­lab­o­ra­tion entre la poète et l’artiste. « En nous deux armées s’affrontent / mais l’une est sans armes / et c’est elle qui l’emportera » ; jusque-là il fau­dra s’armer de bien­veil­lance et d’attention pour ce qui nous lie, ce qui nous relie à l’autre, à la présence, à la « vie rude ». Il fau­dra s’armer de douceur, ce « point d’attache entre les deux mon­des ». Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on navigue avec plaisir au radar

Un coup de cœur du Carnet

Véronique WAUTIER, Godelieve VANDAMME, Cabaner Chavir­er, Éran­this, 2017, 82 p., 16 €, ISBN : 978–2‑874830–12‑9

wautierJe lis Cabaner Chavir­er puis je le relis puis je pense : les poèmes de Véronique Wau­ti­er sont des havres. Des haltes pro­vi­soires. Des façons de se con­stru­ire une cabane où s’abrit­er. Pro­vi­soire­ment. De se met­tre deux sec­on­des quinze ou trois min­utes à l’abri de la vio­lence du monde. Des drames per­sos. Ou des grandes tragédies du siè­cle comme on dit. De tous ces événe­ments qui empor­tent avec eux les voisins. Les amis. Les êtres chers. Les êtres tout court. Les poèmes de Véronique Wau­ti­er sont des cabanes de mots. Des ter­ri­toires frag­iles. Des petits totems faits de bric et de broc. Con­stru­its au petit bon­heur. À l’aveu­gle. Sans qu’on sache où l’on va. En suiv­ant son instinct. Con­tin­uer la lec­ture