Archives par étiquette : Véronique Wautier

« Un mot main / dans la main »

Véronique WAUTIER, Ton nom main­tenant, Pré­face de Marc Dugardin, Pein­tures d’Alain Dulac, Herbe qui trem­ble, 2022, 90 p., 15 €, ISBN : 978–2‑491462–42‑0

wautier ton nom maintenant« par­fois on écrit
et les mots ne sont pas véri­fiés
ils jail­lis­sent d’une anci­enne forêt
d’une future nudité 
»

D’une sim­plic­ité désar­mante, le recueil Ton nom main­tenant de Véronique Wau­ti­er, pub­lié à titre posthume, se déploie sur un nuanci­er bleu. Du « bleu matisse » au vague à l’âme qui s’empare du lecteur dès l’exergue (deux sub­limes vers séléniens de Wau­ti­er), le recueil tient du champ chro­ma­tique et séman­tique de cette couleur qui rap­pelle celle du ciel (« cette immense page bleue ») ou de la mer, avec sa longueur d’onde voilée. Con­tin­uer la lec­ture

Un nuancier de l’âme

Véronique WAUTIER, Alle­gret­to qui­eto, Arbre à paroles, 2020, 190 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–691‑7

Si les mots ne libèrent que l’ombre
Où tou­jours je dépose mes pas
J’aurai marché sur un leurre bavard. 

Douceur et douleur, flo­rai­son et fenai­son, ténu­ité et ténac­ité : ain­si s’articule le jardin de Véronique Wau­ti­er. Il faudrait presque imag­in­er ce jardin comme un coquil­lage bivalve, se ten­ant tout entier dans la main et con­tenant l’espérance. Il faudrait aus­si l’imaginer aus­si vaste que le silence qui était, pour Véronique Wau­ti­er, tan­tôt un séca­teur et toutes les douleurs dedans, tan­tôt une res­pi­ra­tion qui débor­de, non, qui bor­de plutôt. Con­tin­uer la lec­ture

j’étais vivante et je voyais / la belle étrange / justesse de vivre

Véronique WAUTIER, Tra­ver­so, illus­tré de pein­tures d’Alain Dulac, L’herbe qui trem­ble, 2019, 110 p., 14 €, ISBN : 978–2‑918220–88‑6

C’est une voix majeure de la poésie d’expression fran­coph­o­ne de Bel­gique qui s’est éteinte il y a quelques mois à peine, quand Véronique Wau­ti­er s’en allait sur la pointe du cœur et du verbe en lais­sant dans son sil­lage une dizaine de titres aus­si puis­sam­ment frag­iles que Cha­cun de nous est une foule (Le Coudri­er, 2004), Le jour aux igno­rants (Eran­this, 2010), Con­tin­uo (L’herbe qui trem­ble, 2017)… Puis voici que l’automne bal­aie les feuilles de Tra­ver­so jusqu’au seuil de l’absence, et le dia­logue se renoue par delà, avec le naturel de ces com­plic­ités sus­pendues que même la mort est bien impuis­sante à déjouer. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de Véronique Wautier

Véronique Wau­ti­er

Nous apprenons le décès de l’autrice Véronique Wau­ti­er. Née à Brux­elles en 1954, elle laisse une oeu­vre lit­téraire forte de plusieurs recueils poé­tiques.  Con­tin­uer la lec­ture

Résonner, construire, relier

Véronique WAUTIER et Pierre TRÉFOIS, Dans nos mains silen­cieuses, Éran­this, 2018, 34 p., 12€, ISBN : 978–2‑87483–017‑4

« À la fin deven[ir] / le con­traire / de [sa] souf­france » ne se fait pas sans arrache­ment. Véronique Wau­ti­er et Pierre Tré­fois le savent par­faite­ment – du moins, c’est ce que rend sen­si­ble le recueil Dans nos mains silen­cieuses, issu de la col­lab­o­ra­tion entre la poète et l’artiste. « En nous deux armées s’affrontent / mais l’une est sans armes / et c’est elle qui l’emportera » ; jusque-là il fau­dra s’armer de bien­veil­lance et d’attention pour ce qui nous lie, ce qui nous relie à l’autre, à la présence, à la « vie rude ». Il fau­dra s’armer de douceur, ce « point d’attache entre les deux mon­des ». Con­tin­uer la lec­ture

Le top 3 d’Éric Clémens

La suite de notre rétro­spec­tive de l’an­née. Aujour­d’hui : le choix d’Éric Clé­mens.

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C’est une perte fertile…

Un coup de cœur du Carnet

Véronique WAUTIER, Con­tin­uo, Pein­tures d’Anne SLACIK, L’Herbe qui trem­ble, 2017, 60 p., 13 €, ISBN : 9782918220527

wautier continuoJacques Izoard l’aurait à coup sûr savouré, ce recueil de poèmes, frag­ile­ment cam­pé entre deux fanaux repeints au bleu Nico­las de Staël ; il lui aurait plu, le lyrisme dis­cret, comme mis en sour­dine sous la pudeur et la déli­catesse d’expression, mais à l’émotion tou­jours vibratile, de Véronique Wau­ti­er dans Con­tin­uo. Lyrisme, car le « je » est assumé et réaf­fir­mé tout au long de cette suite, mais il n’a rien de con­quérant, d’agressif. Con­scient de ses lim­ites, il préfère au con­traire se tenir sur les berges de son fleuve intérieur et con­stater le réel qui l’entoure, en usant du moins fiable des out­ils, le lan­gage. Le lan­gage ? Qu’il soit cet impos­si­ble lieu com­mun à ceux qui / par­lent et ne par­lent pas. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on navigue avec plaisir au radar

Un coup de cœur du Carnet

Véronique WAUTIER, Godelieve VANDAMME, Cabaner Chavir­er, Éran­this, 2017, 82 p., 16 €, ISBN : 978–2‑874830–12‑9

wautierJe lis Cabaner Chavir­er puis je le relis puis je pense : les poèmes de Véronique Wau­ti­er sont des havres. Des haltes pro­vi­soires. Des façons de se con­stru­ire une cabane où s’abrit­er. Pro­vi­soire­ment. De se met­tre deux sec­on­des quinze ou trois min­utes à l’abri de la vio­lence du monde. Des drames per­sos. Ou des grandes tragédies du siè­cle comme on dit. De tous ces événe­ments qui empor­tent avec eux les voisins. Les amis. Les êtres chers. Les êtres tout court. Les poèmes de Véronique Wau­ti­er sont des cabanes de mots. Des ter­ri­toires frag­iles. Des petits totems faits de bric et de broc. Con­stru­its au petit bon­heur. À l’aveu­gle. Sans qu’on sache où l’on va. En suiv­ant son instinct. Con­tin­uer la lec­ture