
En résonance v. 1 et v. 2
Auteur : Collectif
Maison d’édition : La roulotte théâtrale
Année d’édition v. 1 : 2024
Année d’édition v. 2 : 2025
Nombre de pages v. 1 : 48
Nombre de pages v. 2 : 58
Prix v. 1 : 10 €
Prix v. 2 : 10 €
Livre numérique : /
ISBN vol. 1: 978–2‑931183–07‑6
ISBN vol. 2: 978–2‑9311831–3‑7
Basée à Élouges (Dour), la compagnie « La Roulotte Théâtrale » s’efforce depuis maintes années de mettre en valeur les auteurs de notre communauté, tant par la création de spectacles que par l’édition. Encadrée par une convention avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, elle a lancé récemment une série de livrets intitulée En résonance ; le premier a paru en 2024, le deuxième en 2025, le troisième sortira en novembre 2026. La cheville ouvrière du programme est la bien connue Annie Rak, comédienne, dramaturge en langue picarde, productrice de l’émission « Façon d’écrire, façon de parler » à la RTBF. Forte de ses connaissances littéraires et relations personnelles, elle a proposé à plusieurs auteurs et autrices d’écrire un texte court à propos d’un(e) écrivain(e)s décédé(e) dont ils se sentent proches et qu’ils désirent préserver de l’oubli ; chaque texte sera précédé d’une brève notice sur sa rédactrice (son rédacteur). Continuer la lecture

Si les mots ne libèrent que l’ombre
C’est une voix majeure de la poésie d’expression francophone de Belgique 
« À la fin deven[ir] / le contraire / de [sa] souffrance » ne se fait pas sans arrachement. Véronique Wautier et Pierre Tréfois le savent parfaitement – du moins, c’est ce que rend sensible le recueil Dans nos mains silencieuses, issu de la collaboration entre la poète et l’artiste. « En nous deux armées s’affrontent / mais l’une est sans armes / et c’est elle qui l’emportera » ; jusque-là il faudra s’armer de bienveillance et d’attention pour ce qui nous lie, ce qui nous relie à l’autre, à la présence, à la « vie rude ». Il faudra s’armer de douceur, ce « point d’attache entre les deux mondes ».
La suite de notre rétrospective de l’année. Aujourd’hui : le choix d’Éric Clémens.
Jacques Izoard l’aurait à coup sûr savouré, ce recueil de poèmes, fragilement campé entre deux fanaux repeints au bleu Nicolas de Staël ; il lui aurait plu, le lyrisme discret, comme mis en sourdine sous la pudeur et la délicatesse d’expression, mais à l’émotion toujours vibratile, de Véronique Wautier dans Continuo. Lyrisme, car le « je » est assumé et réaffirmé tout au long de cette suite, mais il n’a rien de conquérant, d’agressif. Conscient de ses limites, il préfère au contraire se tenir sur les berges de son fleuve intérieur et constater le réel qui l’entoure, en usant du moins fiable des outils, le langage. Le langage ? Qu’il soit cet impossible lieu commun à ceux qui / parlent et ne parlent pas.
Je lis Cabaner Chavirer puis je le relis puis je pense : les poèmes de Véronique Wautier sont des havres. Des haltes provisoires. Des façons de se construire une cabane où s’abriter. Provisoirement. De se mettre deux secondes quinze ou trois minutes à l’abri de la violence du monde. Des drames persos. Ou des grandes tragédies du siècle comme on dit. De tous ces événements qui emportent avec eux les voisins. Les amis. Les êtres chers. Les êtres tout court. Les poèmes de Véronique Wautier sont des cabanes de mots. Des territoires fragiles. Des petits totems faits de bric et de broc. Construits au petit bonheur. À l’aveugle. Sans qu’on sache où l’on va. En suivant son instinct.