Archives par étiquette : Jacques Flament

Herbier de l’instant

Jean Luc WERPIN, Menues mon­naies, Jacques Fla­ment, 2020, 98 p., 10 €, ISBN : 978–2‑36336–445‑6

Jean Luc Wer­pin verse dans le haïku comme un enfant plonge dans une meule de foin. Il s’y enfonce à se per­dre et l’air hir­sute, il en ressort plein d’épis et de fétus accrochés aux vête­ments, de pous­sières et de pol­lens sur le vis­age comme autant d’étoiles dans les yeux. Une à une, il extrait ses ardentes et hasardeuses pris­es des mailles de ses habits pour les rassem­bler aujourd’hui, tel un her­bier dis­parate, dans un recueil nom­mé Menues mon­naies. Con­tin­uer la lec­ture

Le cercle féminin des intrigues et des charmes

Denys-Louis COLAUX, Ce que, s’il fal­lait croire, je croirais avoir été, Jacques Fla­ment Édi­teur, 2016, 15 €   ISBN : 978–2‑36336–283‑4

colaux« N’oublie jamais non plus d’être seul. Jamais. C’est dans la soli­tude seule­ment que le tun­nel de ta vie se laisse trouer par la lumière ».

Le temps est la meilleure fab­rique de lit­téra­ture, ce temps qui se dépose sur le sou­venir et l’efface peu à peu. Il s’agit alors de créer cette forme de vécu réin­ven­té par l’écriture. On ne dira jamais assez le sup­plé­ment de vie dont prof­i­tent les lecteurs en faisant ces éter­nels cent pas dans l’espace intime de la lit­téra­ture. Denys-Louis Colaux, dans son dernier livre, Ce que, s’il fal­lait croire, je croirais avoir été, a par­ti­c­ulière­ment accom­pli cette trans­mu­ta­tion par une langue puis­sante et sub­tile. Con­tin­uer la lec­ture

Mon père, ce poète

Christian LIBENS

image184Rares sont les poètes dont l’œuvre inté­grale est pub­liée.  Jean-Louis Crousse aura con­nu ce priv­ilège post mortem grâce à l’admiration agis­sante de proches et aux bons soins de l’éditeur Jacques Fla­ment, établi à La-Neuville-aux-Joûtes, dans les Ardennes français­es. Pareil lieu de nais­sance pour ce vol­ume comp­tant près de six cents pages n’aurait pas été indif­férent au poète, lui qui a aimé célébr­er la forêt arden­naise. Car ce Brux­el­lois de nais­sance (1932) et de rési­dence choi­sis­sait sou­vent d’accorder à sa petite musique bien per­son­nelle celle des vents de l’Ardenne et de l’Ariège, ou encore de la mer du Nord. Con­tin­uer la lec­ture