Archives par étiquette : Histoire forme sens

L’opus 3 du Maestro

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne Tome 3 – L’évitement (1945–1970), Peter Lang, 2022, 620 p., 47,35 €, ISBN : 978–2‑87574–727‑3

quaghebeur histoire forme et sens en littérature 3Com­ment mieux plaider l’existence d’une lit­téra­ture de Bel­gique fran­coph­o­ne, com­ment la défendre quand elle a pen­dant trop longtemps été con­sid­érée comme périphérique, com­plexée et mineure, qu’en en sai­sis­sant l’his­toire, la forme et le sens ? Ces trois maîtres mots prési­dent à la démarche de Marc Quaghe­beur depuis le pre­mier vol­ume du grand réc­it qu’il en a entamé en 2015. Le chantier est immense : il faut faire émerg­er les fig­ures puis inter­roger le rap­port organique qu’elles entre­ti­en­nent avec leur œuvre respec­tive ; il faut les inscrire dans des veines, des ten­dances, des lignes de force, inter­roger la nature des ren­con­tres, tiss­er les dia­logues et ren­dre compte aus­si des per­cus­sions ; enfin, faire réson­ner le tout avec cette vaste cham­bre d’écho qu’est le siè­cle qui l’a pétrie. C’est en somme un tra­vail davan­tage musi­cal que scrip­tur­al, et l’impression de voir se dévelop­per une par­ti­tion se con­firme à la décou­verte de ce troisième vol­ume (sur qua­tre annon­cés) Con­tin­uer la lec­ture

La Littérature belge d’une apocalypse l’autre

Un coup de cœur du Carnet

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne. Tome 2 – L’ébranlement (1914–1944), Peter Lang, coll. « Doc­u­ments pour l’Histoire des Fran­coph­o­nies », 2017, 420 p., 46.62 €, ISBN : 978–2‑8076–0457‑5

quaghebeur 2.jpgQue reste-t-il à appren­dre de la « lit­téra­ture belge » ? Bien des choses, voire tout. À com­mencer par la pré­car­ité même de cette appel­la­tion d’origine incon­trôlable, peu pro­tégée des ébran­le­ments et des effon­drements du pays dont elle est cen­sée éman­er. Au sor­tir des tranchées de la Grande Guerre, l’adjectif « belge » n’aura plus guère de sens pour cer­tains, et il s’agira de s’interroger sur les périphrases qui lui tien­dront lieu de sub­sti­tut. « Fran­coph­o­nes » ou « français­es », nos Let­tres ? Et situées où, « en » ou « de » Bel­gique ? L’épineux débat et la sus­cep­ti­bil­ité que sus­cite la prob­lé­ma­tique va jusqu’à se loger dans une pré­po­si­tion… Une seule cer­ti­tude : quiconque voudra com­pren­dre les lignes de frac­ture, les ten­sions internes et les courants d’énergie qui les ont mar­quées, ne pour­ra faire l’économie du tra­vail que mène avec patience et pas­sion Marc Quaghe­beur. Con­tin­uer la lec­ture

Du rapport entre littérature et histoire

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne. Tome 1 – L’en­gen­drement (1815–1914), P.I.E. Peter Lang, coll. « Doc­u­ments pour l’His­toire des Fran­coph­o­nies », 2015, 433 p., 44 €

Dans la col­lec­tion « Doc­u­ments pour l’His­toire des Fran­coph­o­nies » qu’il dirige aux édi­tions Peter Lang, Marc Quaghe­beur pub­lie le pre­mier vol­ume d’une somme qui en comptera cinq : His­toire, Forme et Sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne. Si l’au­teur y rassem­ble – encour­agé par le regret­té Jean Lou­vet – une série d’ar­ti­cles pub­liés depuis 1990, il ne s’ag­it pas d’une sim­ple réédi­tion : sélec­tion­nés avec soin, les textes ont été retra­vail­lés par­fois en pro­fondeur, ré-inti­t­ulés, ordon­nés à la fois selon la chronolo­gie des péri­odes traitées et selon le point de vue adop­té. Ces coups de pro­jecteur met­tent en relief avec une grande pré­ci­sion la diver­sité et la com­plex­ité des rela­tions entre his­toire générale et œuvres lit­téraires – car tel est le fil con­duc­teur de l’en­tre­prise. Sans s’at­tarder aux micro-struc­tures textuelles – de min­imis non curat prae­tor –, l’au­teur par­court à grandes enjam­bées les siè­cles et les règnes, le champ inter­na­tion­al de préférence aux ter­roirs, les mythes nationaux et les idéolo­gies offi­cielles, le romanesque et le théâ­tral davan­tage que la poésie, les réc­its extraver­tis plutôt que les intro­ver­tis. Ain­si traque-t-il obstiné­ment « l’en­racin­e­ment et l’ar­tic­u­la­tion des faits lit­téraires dans et à l’His­toire », ses recherch­es l’ayant pro­gres­sive­ment con­va­in­cu qu’il existe un « lien géné­tique entre l’His­toire et les Formes ». Con­tin­uer la lec­ture