Archives par étiquette : Marc Quaghebeur

Une époque en pièces

Jean LOUVET, Théâtre 6, textes réu­nis et présen­tés par Vin­cent Rader­meck­er, AML, coll. « Archives du futur », 2025, 310 p., 28 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782871681038

louvet theatre 6Ce six­ième, et dernier vol­ume, des « Archives du futur » con­sacré au dra­maturge Jean Lou­vet forme lit­térale­ment le chapiteau d’une archi­tec­ture lumineuse grâce au tra­vail remar­quable de Vin­cent Rader­meck­er et aux col­lab­o­ra­tions divers­es qui ont par­ticipé à chaque pub­li­ca­tion en dix ans. Con­tin­uer la lec­ture

Entre absence et magie

Un coup de cœur du Car­net

Marc QUAGHEBEUR, Labi­ales, Lieux-Dits édi­tions, coll. « Jour & Nuit », 2024, 72 p., 15 €, ISBN : 978–2‑493715–63‑0

quaghebeur labialesAuteur d’une douzaine de recueils de poèmes depuis 1976, Marc Quaghe­beur (Tour­nai, 1947) s’est voué en par­tie à une forme qui dom­i­na le paysage sous l’influence de la pen­sée de Barthes : la poésie min­i­mal­iste. Elle est moins une réponse à un épuise­ment de la lit­téra­ture, de la pos­si­bil­ité de faire un réc­it, qu’un moyen de dire le vide exis­ten­tiel de l’homme. L’écriture dite blanche est d’abord con­tre : con­tre la lit­téra­ture du passé qui char­rie des lour­deurs styl­is­tiques et nar­ra­tives, con­tre les belles-let­tres, le beau style… Il y aurait une écri­t­ure du non-écrit, a dit Mar­guerite Duras. Dans la plu­part de ses recueils, « […] la poésie de Marc Quaghe­beur s’avère […] sans aucune com­plai­sance sen­ti­men­tale ou descrip­tive ; une poésie ter­ri­ble­ment abstraite dans son objet, mais déli­cate et imagée dans son expres­sion ; trag­ique par les thèmes dev­inés mais sur­prenante de pudeur ou de retenue ; une poésie où l’authenticité per­son­nelle, tou­jours éton­nante et détournée, touche les points essen­tiels de l’existence […] »[1]

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Le Top 2023 de Frédéric Saenen

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Frédéric Sae­nen. Con­tin­uer la lec­ture

L’opus 3 du Maestro

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne Tome 3 – L’évitement (1945–1970), Peter Lang, 2022, 620 p., 47,35 €, ISBN : 978–2‑87574–727‑3

quaghebeur histoire forme et sens en littérature 3Com­ment mieux plaider l’existence d’une lit­téra­ture de Bel­gique fran­coph­o­ne, com­ment la défendre quand elle a pen­dant trop longtemps été con­sid­érée comme périphérique, com­plexée et mineure, qu’en en sai­sis­sant l’his­toire, la forme et le sens ? Ces trois maîtres mots prési­dent à la démarche de Marc Quaghe­beur depuis le pre­mier vol­ume du grand réc­it qu’il en a entamé en 2015. Le chantier est immense : il faut faire émerg­er les fig­ures puis inter­roger le rap­port organique qu’elles entre­ti­en­nent avec leur œuvre respec­tive ; il faut les inscrire dans des veines, des ten­dances, des lignes de force, inter­roger la nature des ren­con­tres, tiss­er les dia­logues et ren­dre compte aus­si des per­cus­sions ; enfin, faire réson­ner le tout avec cette vaste cham­bre d’écho qu’est le siè­cle qui l’a pétrie. C’est en somme un tra­vail davan­tage musi­cal que scrip­tur­al, et l’impression de voir se dévelop­per une par­ti­tion se con­firme à la décou­verte de ce troisième vol­ume (sur qua­tre annon­cés) Con­tin­uer la lec­ture

Bilans 2022 : nos livres de l’année

Tout au long du mois de décem­bre, nous avons présen­té les sélec­tions 2022 des chroniqueurs et chroniqueuses du Car­net. Voici les livres qui ont été le plus sou­vent cités. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2022 de Philippe Remy-Wilkin

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2022 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion de Philippe Remy-Wilkin. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2022 d’Éric Clémens

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2022 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélec­tion d’Éric Clé­mens. Con­tin­uer la lec­ture

La rentrée littéraire 2022 : une revue de presse (2)

revue de presse - illustration

Pho­to Pix­abay

Effer­ves­cence édi­to­ri­ale, course aux prix…, la ren­trée lit­téraire d’automne est tra­di­tion­nelle­ment une péri­ode d’intense activ­ité dans le monde du livre fran­coph­o­ne. La pléthore d’ouvrages disponibles expose les plus frag­iles d’entre eux à un pas­sage aus­si éphémère qu’anonyme sur les tables des libraires. Au jeu de la vis­i­bil­ité et de la con­sécra­tion, la presse joue naturelle­ment un rôle de médi­a­tion et de con­seil auprès des lec­tri­ces et lecteurs.

Le 10 sep­tem­bre, la revue de presse du Car­net et les Instants pro­po­sait un bilan de l’accueil médi­a­tique et cri­tique des autri­ces et auteurs belges de la ren­trée pub­liés dans des maisons d’édition français­es. Les maisons d’édition belges lan­cent leur ren­trée quelques semaines plus tard que leurs homo­logues hexag­o­nales ; les pre­miers livres arrivent sur les tables des librairies en sep­tem­bre seule­ment. Cette deux­ième livrai­son de notre revue de presse de la ren­trée 2022 leur est con­sacrée. Con­tin­uer la lec­ture

Visages et figures de la Belgique

Marc QUAGHEBEUR, Bel­giques, Ker, coll. « Bel­giques », 2022, 108 p., 12 € / ePub : 5,99 €, ISBN : 9782875863300

quaghebeur belgiquesProf­i­tant du cli­mat humide quoiqu’ensoleillé que nous promet­tait la venue de l’automne, les édi­tions Ker propulsent sur les tables des libraires une nou­velle pièce de la col­lec­tion « Bel­giques ». C’est Marc Quaghe­beur qui en signe le dix-neu­vième recueil de nou­velles. Comme Rose-Marie François, Lau­rent Demoulin, Colette Nys-Mazure avant lui – pour ne citer qu’un échan­til­lon restreint – il applique habile­ment la con­signe de dress­er un « por­trait en mosaïque de la Bel­gique » afin de livr­er dans un tableau impres­sion­niste le reflet d’une Bel­gique : la sienne.

La Bel­gique de celui qui a voué sa vie à la lit­téra­ture fran­coph­o­ne de Bel­gique sem­ble ne vouloir se laiss­er décou­vrir qu’au tra­vers de fig­ures des champs lit­téraire et artis­tique du pays. L’ombre d’Abraham esquisse le por­trait de Sarah Kalis­ki (1941–2010) ; Tant de haine nous racon­te le dévoue­ment au théâtre et à la recherche de Michèle Fabi­en (1945–1999) ain­si que sa fas­ci­na­tion pour le tra­vail de Pierre Mertens ; Les lisières de l’infini con­te l’impertinence du poète Jean-Claude Pirotte (1939–2014). L’empereur Charles Quint prend égale­ment la parole dans Avant que le soleil ne se couche. D’autres fig­ures, apparem­ment anonymes, voient pour­tant leur vie décor­tiquée et leur per­son­nal­ité exhibée avec ten­dresse dans Brux­elles… Brux­elles…, On l’appelait meringue, Passés les sables et L’un et l’autre. Aus­si appa­rait-il claire­ment que cha­cune des pier­res de la mosaïque com­posée par Marc Quaghe­beur est de nature iden­tique. Chaque per­son­nal­ité provient du ter­ri­toire de Bel­gique ou l’occupe. Mys­térieuses, elles bril­lent par la force de leur car­ac­tère et la fatal­ité du des­tin qui les attend. Enfants d’une époque, elles en por­tent la mar­que et les séquelles : l’originalité se décou­vre au départ des con­ven­tions. Con­tin­uer la lec­ture

Les carnets et les moments

Les moments lit­téraires, n°45 : Diaristes belges, Pré­face de Marc Quaghe­beur, 2021

les moments litterairesDepuis une ving­taine d’années, la revue Les moments lit­téraires mène un remar­quable tra­vail d’exploration des écrits de l’intime, en se con­cen­trant sur des fig­ures qui illus­trent, ou des thèmes qui tra­versent, cette veine de créa­tion. À par­courir son riche cat­a­logue (dont cer­tains numéros sont épuisés), on y croise des per­son­nal­ités aus­si divers­es que Roland Jac­card, Annie Ernaux, Mar­cel Conche, Camille Lau­rens, Boris Cyrul­nik, Gabriel Matzn­eff, Fred Deux, Emmanuel Car­rère, Lydia Flem, tant d’autres… Con­tin­uer la lec­ture

Jean Louvet : l’art de sonner vrai

Jean LOUVET, Théâtre 5, textes réu­nis et présen­tés par Vin­cent Rader­meck­er, pré­face de Marc Quaghe­beur, AML édi­tions, coll. « Archives du futur », 2020, 464 p., 32 €, ISBN : 978–2507056940

louvet theatre 5Ce qui me séduit, c’est de ren­con­tr­er quelqu’un qui sonne juste. […] Quand je dis qu’il doit son­ner juste, c’est par rap­port à ce qu’il dit, à ce qu’il est et à ce qu’il va faire. […] C’est cette cohérence entre [son] vis­age, [son] sourire, [son] intel­li­gence et [ses] agisse­ments.

Ces pro­pos de Jean Lou­vet pour par­ler des autres offrent un point de départ idéal pour balis­er le chemin qui mène au cinquième tome du cycle con­sacré à son théâtre com­plet : Théâtre 5. Car une con­clu­sion s’im­pose au sor­tir des cinq pièces rassem­blées, aug­men­tées des com­men­taires de Vin­cent Rader­meck­er et de la let­tre-pré­face de Marc Quaghe­beur : le sen­ti­ment d’avoir lu quelque chose … qui sonne juste. Démon­stra­tion. Con­tin­uer la lec­ture

Le top 3 de Frédéric Saenen

Les coups de coeur de nos chroniqueurs pour l’an­née 2017. Aujour­d’hui : le choix de Frédéric Sae­nen.


Lire aus­si : la fiche de Frédéric Sae­nen


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La Littérature belge d’une apocalypse l’autre

Un coup de cœur du Carnet

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne. Tome 2 – L’ébranlement (1914–1944), Peter Lang, coll. « Doc­u­ments pour l’Histoire des Fran­coph­o­nies », 2017, 420 p., 46.62 €, ISBN : 978–2‑8076–0457‑5

quaghebeur 2.jpgQue reste-t-il à appren­dre de la « lit­téra­ture belge » ? Bien des choses, voire tout. À com­mencer par la pré­car­ité même de cette appel­la­tion d’origine incon­trôlable, peu pro­tégée des ébran­le­ments et des effon­drements du pays dont elle est cen­sée éman­er. Au sor­tir des tranchées de la Grande Guerre, l’adjectif « belge » n’aura plus guère de sens pour cer­tains, et il s’agira de s’interroger sur les périphrases qui lui tien­dront lieu de sub­sti­tut. « Fran­coph­o­nes » ou « français­es », nos Let­tres ? Et situées où, « en » ou « de » Bel­gique ? L’épineux débat et la sus­cep­ti­bil­ité que sus­cite la prob­lé­ma­tique va jusqu’à se loger dans une pré­po­si­tion… Une seule cer­ti­tude : quiconque voudra com­pren­dre les lignes de frac­ture, les ten­sions internes et les courants d’énergie qui les ont mar­quées, ne pour­ra faire l’économie du tra­vail que mène avec patience et pas­sion Marc Quaghe­beur. Con­tin­uer la lec­ture

Au cœur du pays de Verhaeren

Des lueurs du fleuve à la lumière de la pein­ture. Émile Ver­haeren et les siens, vol­ume com­posé par Marc Quaghe­beur et Christophe Meurée, Brux­elles, Archives & Musée de la Lit­téra­ture, 2016, 148 p.   ISBN : 978–2‑87168–078‑9

verhaeren aml.jpgOn n’imagine pas Ver­haeren sans l’Escaut, qui a mar­qué sa sen­si­bil­ité, imprégné sa poésie. Et l’on s’accorde d’emblée au titre de l’exposition qui célèbre, au Musée des Beaux-Arts de Tour­nai, le grand écrivain, mort trag­ique­ment en gare de Rouen voici cent ans : Lumières de l’Escaut, Lumière des Arts. Con­tin­uer la lec­ture

Du rapport entre littérature et histoire

Marc QUAGHEBEUR, His­toire, forme et sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne. Tome 1 – L’en­gen­drement (1815–1914), P.I.E. Peter Lang, coll. « Doc­u­ments pour l’His­toire des Fran­coph­o­nies », 2015, 433 p., 44 €

Dans la col­lec­tion « Doc­u­ments pour l’His­toire des Fran­coph­o­nies » qu’il dirige aux édi­tions Peter Lang, Marc Quaghe­beur pub­lie le pre­mier vol­ume d’une somme qui en comptera cinq : His­toire, Forme et Sens en lit­téra­ture. La Bel­gique fran­coph­o­ne. Si l’au­teur y rassem­ble – encour­agé par le regret­té Jean Lou­vet – une série d’ar­ti­cles pub­liés depuis 1990, il ne s’ag­it pas d’une sim­ple réédi­tion : sélec­tion­nés avec soin, les textes ont été retra­vail­lés par­fois en pro­fondeur, ré-inti­t­ulés, ordon­nés à la fois selon la chronolo­gie des péri­odes traitées et selon le point de vue adop­té. Ces coups de pro­jecteur met­tent en relief avec une grande pré­ci­sion la diver­sité et la com­plex­ité des rela­tions entre his­toire générale et œuvres lit­téraires – car tel est le fil con­duc­teur de l’en­tre­prise. Sans s’at­tarder aux micro-struc­tures textuelles – de min­imis non curat prae­tor –, l’au­teur par­court à grandes enjam­bées les siè­cles et les règnes, le champ inter­na­tion­al de préférence aux ter­roirs, les mythes nationaux et les idéolo­gies offi­cielles, le romanesque et le théâ­tral davan­tage que la poésie, les réc­its extraver­tis plutôt que les intro­ver­tis. Ain­si traque-t-il obstiné­ment « l’en­racin­e­ment et l’ar­tic­u­la­tion des faits lit­téraires dans et à l’His­toire », ses recherch­es l’ayant pro­gres­sive­ment con­va­in­cu qu’il existe un « lien géné­tique entre l’His­toire et les Formes ». Con­tin­uer la lec­ture