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Celui qui ôte la vie n’est-il pas déjà mort ?

Odile d’OULTREMONT, La dernière nuit, Jul­liard, 2026, 224 p., 21 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782260057574

d'oultremont la dernière nuitUne nuit. C’est l’espace que Véronique Perdieux, dite Nik­ki, dégage pour con­fron­ter celui qui a com­mis l’irréparable, deux ans plus tôt, celui dont le surnom, Abel, promet­tait de ne pour­tant jamais trahir quiconque.

Une nuit. Pour com­pren­dre ce qui a poussé le comte Abélard de Hes­baye à tuer Chance, leur vache préférée, qui s’était érigée con­tre la pro­duc­tiv­ité ambiante en ren­dant caduque son util­ité économique. C’était pour­tant au con­tact de la fougue con­tagieuse d’Abel que la fille d’agriculteurs avait perçu les pans de douceur du monde dont elle était issue, con­tes­tant avec d’autant plus de véhé­mence ses parts d’ombre, la sépa­ra­tion d’une mère et de son veau, 48h après sa nais­sance, par exem­ple : Con­tin­uer la lec­ture

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Odile d’OULTREMONT, Une légère vic­toire, Jul­liard, 2023, 256 p., 20 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782260055716 

odile d'oultremont une legere victoireUn bou­quet de renon­cules et de ros­es sur le siège arrière d’une Dacia hybride neuve des­tiné à au père décédé il y a dix ans, un feu qui passe au vert, une défla­gra­tion. Une col­li­sion qui entre­choque deux exis­tences, un impact, une croisée des chemins pavée d’une cul­pa­bil­ité dévas­ta­trice qui engen­dr­era prise de con­science, repen­tir et renou­velle­ment de soi.

Nour Del­saux est une jeune trente­naire qui se con­forme à une vie subie, absurde par ses exi­gences et ses exiguïtés, elle tra­verse son exis­tence, a mis ses rêves de jour­nal­isme de côté et, cer­tains jours, « se félicite de n’être que ça : une assis­tante de rédac­tion docile et effi­cace qui fait le job, sans angoiss­es majeurs ni cal­en­dri­er sur­chargé. ». Yarol Pon­thus compte près d’un quart de siè­cle der­rière les bar­reaux et son exis­tence, emmurée dans 8 mètres car­rés, touche bien­tôt une lib­erté retrou­vée, un nou­veau con­tact avec la vie qui le ter­ri­fie. Dehors, il y a sa fille, Con­stance. « Mais com­ment espér­er qu’elle soit heureuse de le revoir après tant d’années de crimes et de dél­its ? Et pour­tant, elle est là. Dehors. Réelle. » Mais cette réal­ité vient se fra­cass­er sur un pare­choc. Un acci­dent. Pour la loi, « que les choses soient claires, Madame Del­saux : c’est l’autre dame qui est en tort. Elle en est morte mais c’est, entre guillemets, de sa faute. ». La cul­pa­bil­ité s’invite alors chez ces pro­tag­o­nistes, ronge et enlise leur dif­fi­culté d’être. Jusqu’au jour où Nour reçoit une let­tre de Yarol : « Me feriez-vous l’amabilité d’une vis­ite ? ». Con­tin­uer la lec­ture