Archives par étiquette : Daniel De Bruycker

Les quatre mains de l’artiste

Daniel DE BRUYCKER, Christophe AGOU (ill.), Prisme, La Ren­verse, coll. “Deux Choses Lune”, 64 p., 16€

de bruyckerIl arrive que le dia­logue artis­tique entre deux créa­teurs soit tel qu’il aboutisse à une œuvre d’une extrême homogénéité, une pièce qui ne pour­rait être jouée autrement qu’à qua­tre mains. C’est le cas avec ce dernier recueil signé Daniel De Bruy­ck­er et illus­tré par les belles pho­togra­phies macro de Christophe Agou. Dédié à la mémoire de celui-ci, décédé subite­ment en 2015 à New York à l’âge de 46 ans, l’ouvrage n’est pas la pre­mière col­lab­o­ra­tion entre les deux artistes puisqu’en 2013 déjà, ils s’étaient réu­nis autour du livre d’artiste Les faits sec­ondaires. Con­tin­uer la lec­ture

Une journée dans la vie d’un grand-père à l’âge de la pierre polie

Daniel DE BRUYCKER, L’Orée, Avin, Luce Wilquin, 2015, 290 p.

Au Néolithique, les hommes, jusque-là chas­seurs-cueilleurs, com­mencèrent à se séden­taris­er, domes­tiquèrent des ani­maux, se lancèrent dans l’agriculture et con­stru­isirent les pre­miers vil­lages. C’est au cœur de cette péri­ode que nous emmène le dernier roman de Daniel De Bruy­ck­er, L’Orée, s’attachant à décrire ce bas­cule­ment de civil­i­sa­tion de façon très vivante et dans une langue somptueuse. Con­tin­uer la lec­ture

Le juste dosage de la parole

Un coup de coeur du Carnet

Daniel DE BRUYCKER, Neu­vaines 1 à 3. Brux­elles, mael­strÖm, 2015, 230 p.

de bruycker neuvaines 1 à 3Sous le titre Neu­vaines 1 à 3, Daniel De Bruy­ck­er signe non pas un sim­ple « recueil » de poèmes, mais le pre­mier vol­ume d’une trilo­gie à l’ar­chi­tec­ture très élaborée. Cha­cune de ces trois pre­mières « neu­vaines », en effet, com­porte neuf groupes, chaque groupe neuf poèmes, chaque poème neuf vers. Ici s’ar­rête la con­trainte numérique, car la répar­ti­tion en ver­sets ou en stro­phes, quant à elle, est extrême­ment vari­able : 4–1‑4, 5–3‑1, 4–4‑1, 3–3‑3, 1–7‑1, 3–2‑2–2, etc. : toutes les com­bi­naisons pos­si­bles, sem­ble-t-il, ont été util­isées. De plus, les vers de chaque poème présen­tent une longueur vari­able, tan­dis que rimes et asso­nances fonc­tion­nent de manière aléa­toire…  Bref, une dis­ci­pline de fer règne du som­met de l’éd­i­fice jusqu’à un niveau struc­turel pré­cis – mais, en-deçà, s’ou­vre un espace de créa­tiv­ité ver­bale para­doxale­ment infi­ni. À l’in­star des jeux règle­men­tés, tout le livre s’arc-boute sur cette ten­sion entre Norme et Lib­erté, qui lui donne à la fois sa char­p­ente et son unité, tout en pré­fig­u­rant les pro­pos qui vont s’y tenir.
Con­tin­uer la lec­ture