Archives par étiquette : Luce Wilquin

Décès de Luce Wilquin

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Luce Wilquin

Le jour­nal Le Soir annonce ce matin le décès de l’éditrice Luce Wilquin, sur­venu le 12 août. Fon­da­trice et ani­ma­trice de la mai­son d’édi­tion qui porte son nom, elle a pub­lié plus de cinq cents livres sous ce label et a occupé une place con­sid­érable dans le paysage édi­to­r­i­al belge d’au­jour­d’hui. Con­tin­uer la lec­ture

Prix des lycéens de littérature pour Michel Claise

Michel Claise

Le prix des lycéens de lit­téra­ture a livré son ver­dict ce mer­cre­di 8 mai, au ciné­ma Palace. Pour cette édi­tion, les 2.300 élèves de 5e et 6e sec­ondaires, représen­tant une cinquan­taine d’é­coles de Brux­elles et de Wal­lonie, ont dû choisir leur lau­réat, par­mi les 5 romans d’écrivains belges qui leur étaient soumis. Le prix des Lycéens revient à Michel Claise, mais les autres final­istes n’ont pas été oubliés.
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Heureux qui comme Schliemann…

Michel CLAISE, La porte des lions, Luce Wilquin, 2018, 276 p., 20 €, ISBN : 9782882535511

Heureux qui comme Schlie­mann, fit de – très – nom­breux voy­ages et surtout de mul­ti­ples décou­vertes qui révo­lu­tion­nèrent l’archéologie. Voici, grossière­ment résumé, le sujet du neu­vième livre pub­lié par Michel Claise, indé­fectible­ment fidèle aux édi­tions Luce Wilquin.

Mais qui fut cet Hein­rich Schlie­mann, né en Alle­magne en 1822 ? Une pré­face nous explique d’emblée d’où vient le titre du roman, La porte des lions, et le des­tin excep­tion­nel de cet homme par­ti de qua­si rien, qui fit for­tune dans des affaires mul­ti­ples en pleine ruée vers l’or améri­cain ou dans la Russie des tsars, après des années d’errance et de mis­ère à Ham­bourg et Ams­ter­dam. Dès l’entame du réc­it, Claise s’attache à mon­tr­er que les grandes pas­sions trou­vent leur source dans l’enfance et, sin­gulière­ment en ce qui con­cerne Hein­rich Schlie­mann, dans les réc­its que lui fai­sait son père pas­teur à par­tir de L’Iliade. Il se pas­sion­na pour les civil­i­sa­tions anci­ennes et les langues au point d’en par­ler près de vingt (!), s’inscrivit sur le tard à la Sor­bonne, réus­sit avec suc­cès une thèse et res­ta dans l’Histoire comme le décou­vreur de la ville de Troie ain­si que les tré­sors de Mycènes. Une pré­face dont il eût été préférable à nos yeux de faire l’économie car elle nous fruste du plaisir de la décou­verte pré­cisé­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Le prix Gauchez-Philippot pour Daniel Charneux

Daniel Charneux

Daniel Charneux

Le prix Gauchez-Philip­pot était cette année con­sacré aux romans et recueils de nou­velles. Il couronne Daniel Charneux pour son roman Si près de l’au­rore, qui suc­cède au pal­marès à Wern­er Lam­ber­sy. Con­tin­uer la lec­ture

Littérature et faux-semblants

Aliénor DEBROCQ, Le tiers sauvage, Luce Wilquin, 2018, 320p., 21 €, ISBN : 978–2882535528

Après deux recueils de nou­velles chez Quad­ra­ture (Cruise Con­trol en 2013, À voie basse en 2017), Aliénor Debrocq se lance avec Le tiers sauvage dans le temps long et de nou­velles eaux, n’hésitant pas à éclabouss­er quelques-unes de nos cer­ti­tudes. Con­tin­uer la lec­ture

Quand l’écriture révèle à soi-même et fait rayonner l’Amour…

Un coup de cœur du Carnet

Isabelle BARY, Les dix-sept valis­es, Luce Wilquin, 2018, 190 p., 19€, ISBN : 978–2‑88253–550‑4

Mathilde, une jour­nal­iste pour un mag­a­zine belge, rejoint au Maroc son amie Ali­cia Zitouni, qu’elle a ren­con­trée un an plus tôt lors d’un reportage. Ces deux-là ont accroché tout de suite mal­gré leurs dif­férences : Mathilde est une petite bour­geoise cartési­enne coincée par la loi du marché pro­fes­sion­nel, tan­dis qu’Alicia est une cheffe cuisinière lumineuse au passé chao­tique, mais qui voit le beau partout. Le pré­texte de ces retrou­vailles est la notoriété gran­dis­sante d’Alicia, qui accepte un arti­cle sur elle, unique­ment s’il est rédigé par son amie Mathilde, car la machine médi­a­tique la broie un peu trop à son goût. Besoin de bien­veil­lance oblige… Con­tin­uer la lec­ture

Du côté de la vie

Michelle FOUREZ, Elis­a­beth, en hiv­er, Luce Wilquin, coll. « Sméral­dine », 2018, 114 p., 12 €, ISBN : 978–2‑88253–545‑0

Michelle Fourez, Elisabeth en hiverDepuis quelques romans déjà (Une famille, Adri­enne ne m’a pas écrit…), Michelle Fourez sem­ble s’être don­né une ligne d’écriture (comme on dit une ligne de con­duite) : explor­er la psy­ché, le quo­ti­di­en, les humeurs, les rela­tions des femmes qui ont pour com­pagne la soli­tude. Des femmes, seules peut-être, seules mais pas exclu­sive­ment ; des femmes du côté de la vie. Sans se cacher de ses ratages, de ses douleurs et de ses duretés. Con­tin­uer la lec­ture

De l’art de s’effacer

Françoise PIRART, Seuls les échos de nos pas, Luce Wilquin, 2018, 208 p., 19€, ISBN : 978–2‑88253–547‑4

Dis­paraître sans laiss­er de traces est sans doute un art aus­si sub­til que celui du crime par­fait. Les deux récla­ment une métic­u­losité à toute épreuve et surtout une dis­cré­tion absolue. Con­tin­uer la lec­ture

Reine de neuf jours

Daniel CHARNEUX, Si près de l’aurore, Luce Wilquin, 2018, 342 p., 22 €, ISBN : 978–2‑88253–546‑7

charneux si pres de l aurore.jpgSans doute est-ce l’effet d’une influ­ence réciproque, mais l’Histoire sem­ble con­naître auprès du pub­lic un notable regain de faveur tant au tra­vers de  la lit­téra­ture que des médias. Ain­si de nom­breuses séries télévisées à car­ac­tère his­torique exploitent-elles, avec gour­man­dise et suc­cès, des fonds lit­téraires anciens ou récents. Avec des choix plus mar­qués pour cer­tains ter­ri­toires et cer­taines épo­ques. C’est certes le cas pour l’Angleterre et par­ti­c­ulière­ment pour l’époque des Tudor qui a inspiré de nom­breuses réal­i­sa­tions comme la  série Wolf Hall par exem­ple, adap­tée de deux romans d’Hilary Man­tel et axée plus par­ti­c­ulière­ment sur la per­son­ne de Cromwell. Ce pour­rait aus­si bien être le cas pour Si près de l’aurore, le roman his­torique de Daniel Charneux  dont l’héroïne n’est autre que Jane Grey, petite fille de Mary Tudor et d’Henry VIII, dont le jeu des suc­ces­sions fit une reine éphémère, à l’âge de seize ans. Zéla­trice sincère et incon­di­tion­nelle de la nou­velle reli­gion angli­cane, elle allait, après un règne éclair de neuf jours, se voir sup­plan­tée et vouée à la hache du bour­reau par sa tante, la très catholique reine Mary 1re dite « la Sanglante », fille d’Henry VIII et de Cather­ine d’Aragon, future épouse aus­si de Philippe II d’Espagne.   Con­tin­uer la lec­ture

Douze petites zones troubles

Françoise HOUDARTDieu le poti­er et quelques autres, Luce Wilquin, 2018, 176 p., 17€, ISBN : 978–2‑88253–544‑3

houdart dieu le potier et quelques autres.jpgAu com­mence­ment du monde était la glaise, et celle dont Françoise Houdart façonne ce recueil est ample, sou­ple et con­stel­lée de grains incon­grus, d’éclats qui grat­tent l’œil et la paume. Dans La lune dans le cagibi, une blan­chisseuse depuis des lus­tres en con­cu­bi­nage avec un acci­den­té laisse enfin entr­er la télévi­sion dans sa demeure mod­este  et c’est une véri­ta­ble révo­lu­tion: « Insen­si­ble­ment,  l’axe de rota­tion de la planète Zénaïde s’était incliné vers l’astre en bakélite et les con­séquences  cli­ma­tiques internes n’avaient pas tardé à se man­i­fester. » Au pre­mier matin de sa nou­velle vie, une toute jeune épousée décou­vre une bouteille de lait sur le seuil, sans savoir quelles con­séquences suries ruis­selleront de ce sim­ple objet apparu sans que per­son­ne ne sem­ble l’avoir déposé. La Vieille qui fut jadis Mouya et som­nole désor­mais dans son veu­vage trans­forme les « Bon­jour ! » que le voisi­nage lui délivre du bout des lèvres en un monde mou­vant, où il lui est encore per­mis de rêver à son joueur de crosse, désor­mais figé sous la vit­re du temps. À la tombée de l’âge, Rémi choisit de s’immerger au tré­fonds dans cet étang qu’il a tant con­tem­plé en quête d’apparitions et de répons­es. Con­tin­uer la lec­ture

Faux coupable

Sarah BERTI, Avant les tour­nesols, Luce Wilquin, 2018, 305 p., 21 €, ISBN : 978–2‑88253–541‑2

berti avant les tournesols.jpgSarah Berti n’en est pas à son pre­mier polar au sein d’une œuvre lit­téraire par ailleurs abon­dante, mais la Rebec­quoise con­sent cette fois une infidél­ité à son ter­roir bra­bançon ain­si qu’à Tiziana Dallav­era, l’enquêtrice favorite qui partage ses pro­pres orig­ines transalpines. Nous voila donc dans la région de Mons, à affron­ter la haine majus­cule et inaltérable de Smer­al­da – jeune femme d’une petite ving­taine d’années – envers Antoine Jankovic, l’homme qui, en 2003, a été recon­nu comme l’assassin de sa mère, Madeleine Auri­ol (alias Lena Ori­oles). Une mère artiste, pleine d’originalité, de sen­su­al­ité et de joie de vivre, admi­ra­trice incon­di­tion­nelle de Vin­cent Van Gogh dont elle entrete­nait religieuse­ment la mémoire en tant que guide de la ville de Mons. L’affaire s’était avérée d’autant plus claire et vite résolue que l’arme du crime – une stat­uette – allait être retrou­vée dans le jardin de Jankovic qui lui-même recon­naî­trait sa cul­pa­bil­ité ain­si que son mobile : le refus de Lena de pour­suiv­re leur liai­son mal­gré ses sup­pli­ca­tions. Et voila que quinze ans plus tard, coup de ton­nerre, un témoignage venu d’ailleurs sem­ble inno­cen­ter Jankovic… Con­tin­uer la lec­ture

L’inféconde

Françoise HOUDART, Éclipse, Luce Wilquin, coll. « Sméral­dine », 2017, 176 p., 17 €, ISBN : 978–2882535368

houdart eclipseLe titre du dix-huitième livre de Françoise Houdart aux Édi­tions Luce Wilquin, Éclipse, peut paraître com­mun, de prime abord. Pour­tant, au fil des lignes, il déploie sa richesse sym­bol­ique et poly­sémique. Se nour­rit de l’investigation sur la vie (intérieure) de Mado Simoni, femme ordi­naire, éva­porée sans don­ner d’explications, une nuit de con­jonc­tion astrale sidérante, dite de « lune rouge » ou « lune de sang ». Cette dis­pari­tion con­fronte Sacha, le com­pagnon de Mado, à d’infinies ques­tions, le plonge dans les affres de la douleur, de la dérai­son (qui est fièvre et non folie) ; le met face à une évi­dence, dévo­rante : sa femme est une incon­nue pour lui. Que sait-il d’elle ? De ses abîmes ? Et surtout : qu’en ignore-t-il ? Con­tin­uer la lec­ture

Merci à la vie

Un coup de cœur du Carnet

Michel CLAISE, Cobre (Cuiv­re), Luce Wilquin, 2017, 258 p., 20€ / ePub : 13.99€, ISBN : 9782882535375

claise.pngSan­ti­a­go, 11 sep­tem­bre 1973. La sol­datesque de Pinochet investit le  palais de la Mon­e­da où le Prési­dent Allende vient de se sui­cider. Cette page par­mi les plus noires de l’Histoire du Chili mar­que le début du nou­veau roman de Michel Claise. C’est aus­si pour Jorge Cor­rea, un jeune attaché de presse pro­tégé par Allende, le point de départ d’une odyssée ini­ti­a­tique à plus d’un égard. Con­tin­uer la lec­ture

Séditions et quête de sens en territoire urbain

Éric BRUCHERLe jour est aus­si une colère blanche, Luce Wilquin, 2017, 144 p., 15€, ISBN : 978–2882535399

brucher.jpgQuand il arrive en ville, le gang de Wolf (Laz­lo, Park­er, Hichie, Gin­ger, Markus, Zacharie) – corps mou­vant des pre­mières nou­velles du recueil et un des points de jonc­tion avec La blancheur des étoiles, roman paru en 2014 – voudrait que les gens changent de trot­toir. Que déga­gent les bien-pen­sants, les mou­tons bêlant davan­tage qu’ils ne cog­i­tent, les chiens qui vous can­ton­nent dans les cas­es établies ou tous ceux qui n’amènent pas leur graine de ras-le-bol à l’incandescence. Eux se muent en per­son­nages (anti-) héroïques, chavirés – dans une langue tan­tôt extrême­ment lyrique, tan­tôt cher­chant à coller au plus près à leur bitume et à leurs sac­cades qua­si fauves – et com­met­tent leur lot d’incivilités et de graf­fi­tis rougeoy­ants pour faire frémir et réveiller le pas­sant lamb­da anesthésié dans son con­fort con­fit. Live fast and die young est un slo­gan qui pour­rait s’encrer sur leur peau. Jusqu’à ce que ce mot­to véloce et fiévreux devi­enne prophé­tique pour l’un d’entre eux. Con­tin­uer la lec­ture

« Le courage des oiseaux »

François SALMON, Rien n’arrête les oiseaux, Luce Wilquin, coll. « Euphémie », 2017, 160 p., 16€, ISBN : 978–2882535382

salmon.jpgAprès un pre­mier recueil (Rien n’est rouge) pub­lié chez Luce Wilquin en 2015 et auréolé de dif­férents prix, le Tour­naisien François Salmon récidive avec huit nou­velles à l’ironie légère et aux chutes inat­ten­dues.

Isolé dans son Mas­sif cen­tral, Vin­cent épouse le rythme de son jardin qu’il bine, sar­cle, désherbe, et de ses lec­tures qui lui nour­ris­sent l’esprit. Cette incar­na­tion de la Pleine Con­science mène une exis­tence de céli­bataire aus­si sere­ine que sat­is­faisante : « Et du matin au soir, sans urgence et sans cha­grin, il regar­dait la vie se faire et se défaire entre feuilles de romans et lignes de salades. » Jusqu’à ce que Mélanie soit para­chutée dans ce coin à l’air immo­bile. Elle lui par­lera alors du « nom des courants d’air » et lui décrira avec force évo­ca­tions les Tam­boen, Willy-Willy, Foehn, Haboobs, Free­man­tle Doc­tor, Chi­nook, Karabu­ran, Bar­ber, Pit­er­ac et autres vents grisants. Elle lui insuf­flera l’envie « d’ouvrir ses poumons aux souf­fles du vaste monde ». Reste à savoir si un coup de fléchettes pour­ra ou non abolir le hasard… Con­tin­uer la lec­ture

Quand Guevara philosophait

Jean-Pol HECQTea time à New Del­hi, Luce Wilquin, 2017, 233 p., 20€, ISBN : 978–2882535344

hecq tea timeÀ l’été 2015, nous vous présen­tions ici même le pre­mier roman de Jean-Pol Hecq, Georges et les drag­ons, qui parais­sait aux édi­tions Luce Wilquin. Coup de cœur du Car­net et les instants, il se dis­tin­guait par son intrigue mêlant sans cesse mythes et faits réels pour pro­pos­er au lecteur un roman éton­nant et réus­si. La ques­tion était alors posée : l’imagination très fer­tile de l’auteur aurait-elle les ressources néces­saires pour nous pro­pos­er d’autres œuvres de cette fac­ture ? Moins de deux ans plus tard, Luce Wilquin pub­lie le deux­ième roman de Jean-Pol Hecq : Tea time à New Del­hi. Con­tin­uer la lec­ture