Archives par étiquette : Daniel De Bruycker

Écriture végétale et poésie mémorielle

Daniel DE BRUYCKER, Passeports pour ailleurs. Poésie mémorielle Wu-sun, L’arbre à paroles, 2018, 294 p., 18 €, ISBN : 978-2-87406-672-6

Dans la galaxie actuelle des livres, au plus loin de la littérature conçue comme une start-up, à des années-lumière des écrivains comme fondés de pouvoir du capital, il est des ouvrages qui rendent à la lettre ses puissances chamaniques, son souffle sauvage, son pari pour un art des confins. Poète, romancier (Silex et L’orée), traducteur, musicien, grand voyageur des espaces géographiques et des espaces intérieurs, Daniel De Bruycker nous fait don avec Passeports pour ailleurs de la redécouverte d’une Atlantide poétique, d’un art funéraire où le poème rédigé par le mourant tient lieu de sépulture. Au fil d’une anthologie de textes s’échelonnant du VIIIème au XXIème siècle, héritier des travaux du linguiste Ilan Precjev Ilan (1927-2015) qui l’a initié à la langue tokharienne (proche du celte) et à l’écriture des Wu-sun, Daniel De Bruycker délivre les traductions de 99 poèmes écrits par des représentants de ce peuple de Haute-Asie, jadis des tribus nomades d’origine aryenne, « roux aux yeux bleus ». Continuer la lecture

Daniel De Bruycker lauréat du Prix du Parlement de la FWB

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De gauche à droite : Charles Gardier, président du Jury – député ; Daniel De Bruycker, lauréat ; Philippe Courard, Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; Philippe Knaepen, premier vice-président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le Prix du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2017 a été décerné aujourd’hui à Daniel De Bruycker pour Neuvaines, un recueil en trois volumes paru aux éditions MaelstrÖm. Selon les mots du Président du Jury, le député Charles Gardier, « On ne s’ennuie jamais en lisant ces phrases aux mots justes qui éveillent l’âme, cherchant la transcendance sans jamais l’imposer ».


Lire aussi : Neuvaines 1 à 3 et Neuvaines 4 à 6 dans Le Carnet


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Prix littéraire du Parlement FWB : les finalistes

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles remet chaque année un Prix littéraire, doté de 5.000 €, alternativement pour le théâtre, le roman, la poésie et l’essai. Le Prix 2017, qui sera décerné le 31 janvier 2018, est consacré à la poésie. Les cinq finalistes sont connus. Continuer la lecture

L’ombre et la lumière

Daniel DE BRUYCKER, Neuvaines 4 à 6, MaelsrÖm, 2017, 230 p., 16 €, ISBN : 978-2-87505-269-8

de bruycker neuvaines 4 à 6.jpgEn septembre 2015, sur ce même blogue du Carnet, j’ai dit tout le bien que je pensais des Neuvaines 1 à 3 de Daniel De Bruycker. Vient de paraitre le deuxième volume de la trilogie, Neuvaines 4 à 6, qui poursuit la longue méditation du poète sur les thèmes de la destinée, de l’identité personnelle, du cheminement, du temps insaisissable, de l’écriture. On aurait pu craindre que s’installe au fil des pages quelque monotonie, vu le caractère obstiné du questionnement et la stricte économie des moyens, qu’il s’agisse du vocabulaire ou de l’imaginaire. Or, par une sorte de miracle permanent où la figure du paradoxe joue un rôle essentiel, la pensée poétique se renouvèle pareillement à son objet, qui n’est rien d’autre que la vie elle-même. En témoignent les insistantes images du chemin, de la marche et de la destination inconnue, la recherche d’un lieu enfin habitable, le temps qui flue et qui ronge, l’alternance jour/nuit et le rythme des saisons, le dualisme lumière/obscurité.

Lire aussi : la recension de Neuvaines 1 à 3

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Où l’on est doucement renvoyé à sa condition d’exilé

Daniel De BRUYCKER, Maximilien DAUBER, Exode, Les Carnets du dessert de lune, 2017, 80 p., 16 €, ISBN : 9782930607818

Le pays était froid
rude à voir et sauvage
à s’endurcir le cœur

Çà et là des clartés violentes
aveuglaient sans rien éclairer
qu’un ciel d’orage au cœur de soi

Des cris d’oiseaux passaient
stridents dans la tourmente –
eux-mêmes, on ne les vit jamais

de bruycker exodeLes livres, ça peut toujours se prendre au pied de la lettre. On louperait des choses, sûrement, en les lisant, ainsi, au ras de la moquette. N’empêche. Ça peut se faire. Rien ne nous empêche d’user ainsi de la lecture. On dirait alors d’Exode, dernier livre en date de Daniel De Bruycker et Maximilien Dauber, qu’il est le fruit de deux amoureux fous du désert. Dauber y revenant sans cesse depuis des années. Photographiant, filmant, obstinément, les sables, les roches éreintées, les ocres et les bleus. De Bruycker nous livrant de petits poèmes en tercet, suivant à la trace une troupe indéfinie de gaillards et de gaillardes, une troupe marchant dans le désert, on ne sait pas trop pourquoi, une troupe faisant route vers une oasis, y parvenant en bout de course. Continuer la lecture

Les quatre mains de l’artiste

Daniel DE BRUYCKER, Christophe AGOU (ill.), Prisme, La Renverse, coll. « Deux Choses Lune », 64 p., 16€

de bruyckerIl arrive que le dialogue artistique entre deux créateurs soit tel qu’il aboutisse à une œuvre d’une extrême homogénéité, une pièce qui ne pourrait être jouée autrement qu’à quatre mains. C’est le cas avec ce dernier recueil signé Daniel De Bruycker et illustré par les belles photographies macro de Christophe Agou. Dédié à la mémoire de celui-ci, décédé subitement en 2015 à New York à l’âge de 46 ans, l’ouvrage n’est pas la première collaboration entre les deux artistes puisqu’en 2013 déjà, ils s’étaient réunis autour du livre d’artiste Les faits secondaires. Continuer la lecture

Une journée dans la vie d’un grand-père à l’âge de la pierre polie

Daniel DE BRUYCKER, L’Orée, Avin, Luce Wilquin, 2015, 290 p.

Au Néolithique, les hommes, jusque-là chasseurs-cueilleurs, commencèrent à se sédentariser, domestiquèrent des animaux, se lancèrent dans l’agriculture et construisirent les premiers villages. C’est au cœur de cette période que nous emmène le dernier roman de Daniel De Bruycker, L’Orée, s’attachant à décrire ce basculement de civilisation de façon très vivante et dans une langue somptueuse. Continuer la lecture