Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélection de Véronique Bergen. Continuer la lecture
Archives par étiquette : Daniel De Bruycker
Le Top 2025 de François-Xavier Lavenne
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélection de François-Xavier Lavenne. Continuer la lecture
Jeu de pistes
Daniel DE BRUYCKER, Destins nomades, Postface de Gérald Purnelle, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2025, 303 p., 12 €, ISBN : 978–2‑87568–705‑0
Le titre Destins nomades couvre cinq recueils dont le présent volume reprend les quatre premiers, Daniel De Bruycker se présentant non comme auteur mais comme traducteur et présentateur. Poèmes de Hou Dang Ye, le volet 1, est annoncé comme l’œuvre d’un poète chinois mal connu du 7e siècle, soldat affecté à la Grande Muraille et amoureux infortuné de la belle Shan Tao. Le deuxième, Ascension, aurait vu le jour au 2e siècle, toujours en Chine ; il serait dû au supérieur d’un monastère qui, sa retraite prise, chemine sereinement vers la mort. Suivent les Ghazāls des Hu, chroniques anciennes représentées sur des kilims puis déchiffrées par al-Çekery, marchand érudit qui les publie en persan vers 1906. Le volet 4, Sous l’olivier, est un conte en vers attribué au même al-Çekery : le jeune héros rencontre trois vieillards qui l’aident par allusions à trouver sa juste voie dans l’existence. Malgré des origines si disparates, les quatre recueils présentent plusieurs traits communs. Il s’agit à chaque fois d’une poésie limpide, parfois même naïve, exempte de toute complication stylistique ou psychologique, toujours ordonnée par une trame narrative ; une place éminente est faite à la géographie, tant humaine que naturelle, ainsi qu’aux déplacements spatiaux et à l’inexorable écoulement du temps. Continuer la lecture
« Le jardin, le séisme »
Daniel DE BRUYCKER, Chantal DELTENRE, Pour violon seul, Chat polaire, 2024, 75 p., 15 €, ISBN : 978–2‑931028–30‑8
La perte de l’être cher et l’absence qui en résulte provoquent toujours un séisme. Tout dès lors semble tourner au ralenti, les secondes qu’égrène l’horloge accrochée au mur, la lumière matinale, les sons même de la nature semblent se retenir en chuchotant. Sous la plume de Daniel De Bruycker, les quatrains se succèdent, les uns découlant des autres, s’enchâssant dans les lézardes des murs d’un jardin de mémoire où, petit à petit, les plantes, les saisons et les vents cherchent à réaccorder leur violon. Dans le silence de la perte, les rôles de chacun se réinventent, sans cesse, Continuer la lecture
Nos livres de l’année 2023
Tout au long du mois de décembre, nous avons présenté les sélections 2023 des chroniqueurs et chroniqueuses du Carnet. Voici les livres qui ont été le plus souvent cités. Continuer la lecture
Le Top 2023 de Daniel Laroche
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélection de Daniel Laroche. Continuer la lecture
Le Top 2023 de Frédéric Saenen
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2023 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélection de Frédéric Saenen. Continuer la lecture
Laisse-moi rêver encore un peu
Un coup de cœur du Carnet
Daniel DE BRUYCKER, L’ombre et autres reflets, Herbe qui tremble, coll. “D’autre part”, 2023, 142 p., 18 €, ISBN : 978–2‑491462–55‑0
L’Auteur est mort, se dit-il. Certains ne s’en plaindront pas, embarrassés qu’ils étaient par la survivance de cette instance investie d’une « autorité » – tout ce qui est détestable à l’époque, s’exerçât-elle sur un texte… D’autres continueront à entretenir le culte de cette figure à travers son incarnation humaine, espérant l’entrevoir, lui adresser quelques mots, voire le toucher, et ainsi manifester leur reconnaissance infinie, leur adulation.
Et les personnages, ont-ils seulement leur mot à dire quant à cette réévaluation contemporaine de l’Auteur ? Partent-ils encore en quête de leur démiurge, comme dans telle pièce bien connue de Pirandello ? Tentent-ils d’entrer encore en dialogue avec leur deus ex machina, par exemple pour lui suggérer une fusion totale (« Madame Bovary, L’assassin de Roger Ackroyd, c’est toi et c’est moi ») ? Continuer la lecture
Fermeture pour inventaire
Un coup de cœur du Carnet
Une poésie de vingt ans. Anthologie de la poésie en Belgique francophone (2000–2020), choix de textes et introduction par Gérald PURNELLE, Impressions nouvelles, coll. « Espace Nord », 2022, 440 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87568–557‑5
La collection Espace Nord publie en juin 2022 une anthologie consacrée à la poésie belge francophone parue entre 2000 et 2020. « Ni un bilan, ni un état des lieux en bonne et due forme », le volume héberge les textes de 128 auteurs et autrices sous le pavillon d’une poésie jeune, à l’échelle d’un siècle jeune et d’un jeune millénaire. Continuer la lecture
Le Top 3 de Daniel Laroche
Le Carnet et les Instants revisite l’année littéraire 2021 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. La sélection de Daniel Laroche. Continuer la lecture
Une sérénité incertaine
Un coup de cœur du Carnet
Daniel DE BRUYCKER, Neuvaines 7 à 9, MaelstrÖm, coll. « Poésie », 2020, 239 p., 16 €, ISBN 978–2‑87505–365‑7
Troisième et dernier tome des Neuvaines, le nouveau livre de Daniel De Bruycker offre avec les deux précédents assez de similitudes pour ne pas déconcerter le lecteur, et assez de différences pour éviter une impression de monotonie. On y redécouvre à chaque page cette attitude modestement “philosophique” devant l’existence, non l’énoncé d’une doctrine, mais une sagesse empirique mêlant fatalisme et stoïcisme. Y dominent les thèmes de la quotidienneté bienvenue, de la frugalité, du cheminement, de la solitude librement consentie – on l’a dit, il y a quelque chose de monacal dans cette démarche. Revient souvent le motif du logis, du chez-soi, suggérant le désir de (re)trouver sa juste place dans la complexité du monde. « Vivre est si simple ! », lit-on, affirmation rare dans la poésie contemporaine… Toutefois, il ne s’agit nullement d’assurance ou de confiance béate. À de nombreuses reprises pointent des sentiments de non-certitude, d’ignorance ou d’impuissance, que signalent le recours à la forme interrogative, à la figure du paradoxe, à l’hésitation, au « peut-être ». Tout ce style de vie et de questionnement trouve à la fois son expression idoine et sa justification dans la pratique inlassable, vitale, de l’écriture poétique, où sans fin se relance la dialectique entre le connu et l’inconnu, l’accepté et l’éludé. Ainsi le vécu ne se soutient-il pas de lui seul. Il est mis en balance continuelle avec ce qui lui échappe et que pourtant il nourrit : la poésie en travail. Neuvaines tient à la fois de la quête du sens existentiel, d’un journal intime au “moi” introuvable, de l’exercice spirituel, des grandes manœuvres verbales. Continuer la lecture
Écriture végétale et poésie mémorielle
Daniel DE BRUYCKER, Passeports pour ailleurs. Poésie mémorielle Wu-sun, L’arbre à paroles, 2018, 294 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87406–672‑6
Dans la galaxie actuelle des livres, au plus loin de la littérature conçue comme une start-up, à des années-lumière des écrivains comme fondés de pouvoir du capital, il est des ouvrages qui rendent à la lettre ses puissances chamaniques, son souffle sauvage, son pari pour un art des confins. Poète, romancier (Silex et L’orée), traducteur, musicien, grand voyageur des espaces géographiques et des espaces intérieurs, Daniel De Bruycker nous fait don avec Passeports pour ailleurs de la redécouverte d’une Atlantide poétique, d’un art funéraire où le poème rédigé par le mourant tient lieu de sépulture. Au fil d’une anthologie de textes s’échelonnant du VIIIème au XXIème siècle, héritier des travaux du linguiste Ilan Precjev Ilan (1927–2015) qui l’a initié à la langue tokharienne (proche du celte) et à l’écriture des Wu-sun, Daniel De Bruycker délivre les traductions de 99 poèmes écrits par des représentants de ce peuple de Haute-Asie, jadis des tribus nomades d’origine aryenne, « roux aux yeux bleus ». Continuer la lecture
Daniel De Bruycker lauréat du Prix du Parlement de la FWB

De gauche à droite : Charles Gardier, président du Jury — député ; Daniel De Bruycker, lauréat ; Philippe Courard, Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ; Philippe Knaepen, premier vice-président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le Prix du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles 2017 a été décerné aujourd’hui à Daniel De Bruycker pour Neuvaines, un recueil paru aux éditions MaelstrÖm. Selon les mots du Président du Jury, le député Charles Gardier, « On ne s’ennuie jamais en lisant ces phrases aux mots justes qui éveillent l’âme, cherchant la transcendance sans jamais l’imposer ».
Lire aussi : Neuvaines 1 à 3 et Neuvaines 4 à 6 dans Le Carnet
Prix littéraire du Parlement FWB : les finalistes
Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles remet chaque année un Prix littéraire, doté de 5.000 €, alternativement pour le théâtre, le roman, la poésie et l’essai. Le Prix 2017, qui sera décerné le 31 janvier 2018, est consacré à la poésie. Les cinq finalistes sont connus. Continuer la lecture
L’ombre et la lumière
Daniel DE BRUYCKER, Neuvaines 4 à 6, MaelsrÖm, 2017, 230 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87505–269‑8
En septembre 2015, sur ce même blogue du Carnet, j’ai dit tout le bien que je pensais des Neuvaines 1 à 3 de Daniel De Bruycker. Vient de paraitre le deuxième volume de la trilogie, Neuvaines 4 à 6, qui poursuit la longue méditation du poète sur les thèmes de la destinée, de l’identité personnelle, du cheminement, du temps insaisissable, de l’écriture. On aurait pu craindre que s’installe au fil des pages quelque monotonie, vu le caractère obstiné du questionnement et la stricte économie des moyens, qu’il s’agisse du vocabulaire ou de l’imaginaire. Or, par une sorte de miracle permanent où la figure du paradoxe joue un rôle essentiel, la pensée poétique se renouvèle pareillement à son objet, qui n’est rien d’autre que la vie elle-même. En témoignent les insistantes images du chemin, de la marche et de la destination inconnue, la recherche d’un lieu enfin habitable, le temps qui flue et qui ronge, l’alternance jour/nuit et le rythme des saisons, le dualisme lumière/obscurité.
Lire aussi : la recension de Neuvaines 1 à 3
Où l’on est doucement renvoyé à sa condition d’exilé
Daniel De BRUYCKER, Maximilien DAUBER, Exode, Les Carnets du dessert de lune, 2017, 80 p., 16 €, ISBN : 9782930607818
Le pays était froid
rude à voir et sauvage
à s’endurcir le cœurÇà et là des clartés violentes
aveuglaient sans rien éclairer
qu’un ciel d’orage au cœur de soiDes cris d’oiseaux passaient
stridents dans la tourmente -
eux-mêmes, on ne les vit jamais
Les livres, ça peut toujours se prendre au pied de la lettre. On louperait des choses, sûrement, en les lisant, ainsi, au ras de la moquette. N’empêche. Ça peut se faire. Rien ne nous empêche d’user ainsi de la lecture. On dirait alors d’Exode, dernier livre en date de Daniel De Bruycker et Maximilien Dauber, qu’il est le fruit de deux amoureux fous du désert. Dauber y revenant sans cesse depuis des années. Photographiant, filmant, obstinément, les sables, les roches éreintées, les ocres et les bleus. De Bruycker nous livrant de petits poèmes en tercet, suivant à la trace une troupe indéfinie de gaillards et de gaillardes, une troupe marchant dans le désert, on ne sait pas trop pourquoi, une troupe faisant route vers une oasis, y parvenant en bout de course. Continuer la lecture