Archives par étiquette : Le Cormier

« L’art ne rend pas le visible, il rend visible »*

Rose-Marie FRANÇOIS, Trèfle incar­nat, Le Cormi­er, 52 p., 2014

Dans ce recueil, Rose-Marie François pro­pose l’exercice d’imagination suiv­ant : écrire 40 poèmes de 17 vers à par­tir de pein­tures de Fran­cis Bacon et de Paul Klee. On com­mence par Bacon et son tableau L’homme au chien. Elle écrit : « Surtout, loin de Magritte, / ne va pas te fon­dre au tableau. / Tiens le mauve à dis­tance, / à l’horizon de l’oeuvre. / Il nous suf­fit de fix­er la faille, / le peu d’humain / par où entre et sort l’empathie ». Con­tin­uer la lec­ture

Réflexions bucoliques

Philippe JONES, L’arbre en chemin, Le Cormi­er, 2015, 14 €

roberts jones l'arbre en cheminVient de paraître en octo­bre dernier, L’arbre en chemin, le dernier recueil de Philippe Jones aux édi­tions Le Cormi­er. Comme de cou­tume, l’ouvrage est de belle fac­ture et édité dans un for­mat atyp­ique (16,5 sur 21 cm). Aucune fan­taisie par­ti­c­ulière : les élé­ments para­textuels restent peu nom­breux et recon­naiss­ables au pre­mier coup d’œil. Cette épu­ra­tion per­met dès lors à la poésie de Philippe Jones de s’exprimer pleine­ment. Con­tin­uer la lec­ture

Labeurs

Har­ry SZPILMANN, Les rudérales, Brux­elles, Le Cormi­er, 2015, 85 p.

szpilmannQue sig­ni­fie le mot « livre » ? À cette inter­ro­ga­tion partagée par tous ceux qui s’intéressent aux mots, le nou­veau livre de Szpil­mann égrène plusieurs répons­es. La pre­mière appa­raît dès la deux­ième page, comme dans un dic­tio­n­naire : “Livre : creuset, claque-nerfs, noir almanach. Déposi­taire de l’errance abra­sive, des déserts au cro­chet, du sans-fond.” Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on apprend à ébrécher le monde pour le réenchanter

Luc DELLISSE, Sor­ties du temps, Cormi­er, 2015, 66 p.

dellisse_tholoméRomanci­er, essay­iste, scé­nar­iste, Luc Del­lisse ne nous a pas sou­vent don­né à lire de recueil de poèmes. Alors, la poésie selon Del­lisse, ce serait quoi ? Pas qu’un coeur qui s’é­tale, déverse et couche sur le papi­er ce qui le tra­verse, en tout cas. Tant mieux : on attendait tout autre chose d’un auteur aus­si pré­cis, métic­uleux. Pas non plus une sim­ple échap­pée hors du « réel », hors de l’ex­péri­ence quo­ti­di­enne que nous avons du monde et de ses états. Tant mieux : nous res­terons avec Del­lisse les pieds sur terre, dans le cam­bouis quo­ti­di­en. Non qu’il soit un poète du « banal », des petites choses de la réal­ité. Il en serait même l’ex­act con­traire. Del­lisse ne demande-t-il pas à la pra­tique poé­tique de « trou­ver la faille, le sas », de « ten­ter des sor­ties hors du temps » ? D’ébréch­er, ain­si, en quelque sorte, les lieux, l’e­space, l’époque ou les épo­ques où nous nous trou­vons, où nous avons agi ? Con­tin­uer la lec­ture