Archives par étiquette : Harry Szpilmann

L’Académie décerne ses prix 2025

palais des académies

L’A­cadémie royale de langue et de lit­téra­ture français­es de Bel­gique a dévoilé les lau­réates et lau­réats de ses prix lit­téraires 2025. Con­tin­uer la lec­ture

Le Top 2025 d’Éric Brogniet

Le Car­net et les Instants revis­ite l’année lit­téraire 2025 avec le Top 3 de ses chroniqueurs et chroniqueuses. Aujourd’hui : la sélec­tion d’Éric Brog­ni­et. Con­tin­uer la lec­ture

Les quatre saisons d’Harry Szpilmann

Har­ry SZPILMANN, La vie frag­ile, Tail­lis Pré, 2025, 122 p., 18 €, ISBN :  9782874502422

szpilmann la vie fragileDes fois, les gens qui écrivent, ça peut être rad­i­cal. Très rad­i­cal. Déci­dant, par­fois con­sciem­ment, par­fois pas, de jouer avec les codes du genre. Repous­sant, ou met­tant en ques­tion, les lim­ites, par exem­ple, de la poésie, de ce qu’on pense générale­ment être la poésie. C’est sou­vent impres­sion­nant. Spec­tac­u­laire. Har­ry Szpil­mann est rad­i­cal mais ne joue pas du tout dans ces eaux-là. Sa rad­i­cal­ité, je la trou­ve, per­son­nelle­ment, dans ses par­tis-pris exis­ten­tiels. Har­ry Szpil­mann ne se préoc­cu­pant pas du tout de “révo­lu­tion­ner son art”. Ne cher­chant pas du tout à “séduire”. Pas d’allusion, chez lui, dans sa Vie frag­ile, aux grandes thé­ma­tiques du moment, poli­tiques, envi­ron­nemen­tales, etc. Pas de retour, non plus, aux sen­sa­tions du corps. Con­tin­uer la lec­ture

Excavation du verbe

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Ful­gor, Cormi­er, 2022, 72 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87598–033‑5

szpilmann fulgor« Souf­fle », « désas­tre » et « embrase­ments » – nous sommes d’emblée, dès les pre­miers mots, en terre szpil­mani­enne. D’un livre à l’autre du poète, le même noy­au, les mêmes champs lex­i­caux, le même labour du verbe, le même refus de l’enclos… et des fir­ma­ments, jusque-là demeurés incon­nus, éclosent. Chaque livre de Szpil­mann est un réseau vas­cu­laire de mots et un cristal d’images tou­jours appréhendés sous un nou­veau prisme. Pub­lié au Cormi­er, Ful­gor, dont le titre con­dense tant la ful­gu­rance de l’éclair que l’or du feu, est une suite, déser­tique autant que mag­ma­tique, de courts frag­ments dens­es, den­si­fiés par l’ « Obscur ».

À nos genès­es en l’instant glo­ri­fié, en l’instant glo­ri­fi­ant, ont présidé d’innombrables eaux et d’innommables astres. En remon­ter le cours, en déclin­er la source, voilà la tâche généra­trice qui nous requiert, et nous exauce.  Con­tin­uer la lec­ture

« Fugue, hysope et carmin »

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Écarts ou Les esquives du désir, Tail­lis Pré, 2022, 85 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87450–198‑2

szpilmann ecarts ou les esquives du desir« Car ce dont la parole s’éprend, et qu’elle amène au feu fébrile, implante en nous sa magie blanche. »

Har­ry Szpil­mann con­tin­ue de men­er son esquif sur les ter­res les plus déser­tiques et les plus enflam­mées de la poésie. Écarts ou Les esquives du désir ne dévie nulle­ment du sil­lon qu’a tracé Szpil­mann depuis son pre­mier recueil, Sable d’aphasie (Le Tail­lis Pré, 2011), jusqu’à ses livres plus récents, Genès­es et Mag­mas (Le Cormi­er, 2019) et Approches de la lumière (Le Tail­lis Pré, 2019). Il s’inscrit pleine­ment dans le planis­phère, dans la mappe­monde de la parole szpil­man­ni­enne ; il accentue, aggrave les filons d’une géolo­gie sin­gulière. Con­tin­uer la lec­ture

De l’aphorisme au fragment

Har­ry SZPILMANN, À pro­pos de tout et surtout de rien, Let­tre volée, coll. « Poiesis », 2019, 123 p., 18 €, ISBN 978–2‑87317–545‑0

Il existe dans l’ensemble des lit­téra­tures une tra­di­tion de l’écrit apho­ris­tique qui tra­verse les temps et les modes. Les théoriciens sont nom­breux à s’être penchés sur ce genre, cher­chant à en délim­iter les con­tours, en définir les car­ac­téris­tiques, à clar­i­fi­er les ter­mes en dis­tin­guant notam­ment maxime, sen­tence, pen­sée ou apho­risme. Blan­chot, Barthes ou Valéry par exem­ples ont inter­rogé les œuvres de Jou­bert, de La Rochefou­cauld, de Licht­en­berg, de Schlegel. Sans évo­quer ici les dif­férents enjeux ter­mi­nologiques qui ont pu ani­mer ces débats, il est bon de rap­pel­er néan­moins l’intérêt accru, depuis plusieurs décen­nies, pour l’écriture du frag­ment comme genre ayant ses pro­pres codes. Con­tin­uer la lec­ture

Trois saignées

Un coup de cœur du Car­net

Har­ry SZPILMANN, Approches de la lumière, Tail­lis pré, 2019, 18 €, ISBN : 978–2‑87450–155‑5 ; Genès­es et Mag­mas I, Cormi­er, 2019, 18 €, ISBN : 978–2‑87598–020‑5 ; Genès­es et Mag­mas II, Cormi­er, 2019, 14 €, ISBN : 978–2‑87598–021‑2

« C’est mal con­naître la poésie que de la tax­er d’inutile. La poésie, par excel­lence, sert à localis­er la Terre. » (GM II, p. 9)

Trois recueils sor­tis de presse simul­tané­ment, une ren­con­tre du troisième type : Har­ry Spzil­mann délivre ses Approches de la lumière (Le Tail­lis Pré) et deux vol­umes de Genès­es et Mag­mas (Le Cormi­er), pour le plus grand bon­heur des afi­ciona­dos de la poésie szpil­man­ni­enne comme pour ceux qui la décou­vriront. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on marque un temps d’arrêt juste avant de s’ébattre

Un coup de cœur du Carnet

Har­ry SZPILMANN, Lim­i­naire l’om­bre, Tail­lis Pré, 2017, 104 p., 12 €, ISBN :  978–2‑87450–106‑7

szpilmann

À la lec­ture de Lim­i­naire l’om­bre, me revient en tête une image, elle inau­gure la scène pre­mière d’un west­ern fab­uleux, La pris­on­nière du désert. L’écran est d’abord noir puis quelqu’un, une femme, ouvre une porte et l’on devine que l’on était dans une cabane, et l’on voit ce que la femme voit, le monde lumineux des prairies, des ciels bleus, des espaces ouverts bat­tus par les vents, et l’ac­tion peut com­mencer. Lim­i­naire l’om­bre n’a rien d’un west­ern, bien sûr, et Har­ry Szpil­mann n’a que faire de « met­tre en scène » un héros à la John Wayne. Mais comme cette femme ouvrant lit­térale­ment une porte sur le monde, Har­ry Szpil­mann et son livre se tien­nent comme qui dirait au bord, au seuil, juste avant la plongée dans le monde, juste avant le grouille­ment lumineux, aveuglant, des cra­pauds et des eaux qui miroitent, juste avant l’éblouisse­ment. Dans cette espèce d’en­tre-deux que la langue poé­tique, une cer­taine langue poé­tique, entre ombre et lumière, tente, quelque­fois, comme elle peut, de capter. Vous savez, cet élan qu’on ressent par­fois, cette poussée, si peu dici­ble ou explic­a­ble, qui nous pousse à aller, pan !, de l’a­vant, à sauter dans le grand vide grisant et vogue la galère. Cette poussée qu’au­cun mot, aucune parole, n’ar­rivent à dire vrai­ment. Cette espèce de petit bouil­lon, petit bouil­lon­nement, qu’on ressent par­fois au fond de soi et qui, allez savoir pourquoi, nous incite à franchir le pas. À pass­er le seuil. À franchir la clô­ture. À courir comme des fous, comme des folles, dans les prés. À enfin nous ébat­tre et nous réjouir. Con­tin­uer la lec­ture

Labeurs

Har­ry SZPILMANN, Les rudérales, Brux­elles, Le Cormi­er, 2015, 85 p.

szpilmannQue sig­ni­fie le mot « livre » ? À cette inter­ro­ga­tion partagée par tous ceux qui s’intéressent aux mots, le nou­veau livre de Szpil­mann égrène plusieurs répons­es. La pre­mière appa­raît dès la deux­ième page, comme dans un dic­tio­n­naire : “Livre : creuset, claque-nerfs, noir almanach. Déposi­taire de l’errance abra­sive, des déserts au cro­chet, du sans-fond.” Con­tin­uer la lec­ture