Archives par étiquette : Mélanie Godin

Chanter sans voix est un acte politique

Panella Et pourtant, ils ne diront pas combien nous aurons veillé

Et pourtant, ils ne diront pas combien nous aurons veillé

Autrice : Cris­tiana Panel­la

Mai­son d’édi­tion : Mael­strÖm reEvo­lu­tion

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 85

Prix : 9 €

Livre numérique : /

EAN : 9782875055668

Dans Et pour­tant, ils ne diront pas com­bi­en nous aurons veil­lé, Cris­tiana Panel­la pro­pose au départ une tra­ver­sée vivante et col­lec­tive à par­tir de lieux brux­el­lois où elle dépose des mots éteints à leur nais­sance. Elle se dirige vers un théâtre où elle s’apprête à pass­er la nuit en com­pag­nie d’autres femmes artistes. Ensem­ble elles for­ment l’un des rayons d’une étoile octog­o­nale : Ishtar, Venus, l’étoile des mages. Elle écrit qu’elle n’est pas une habituée de ce genre de lieux, mais y recon­nait un écrin prop­ice à la capit­u­la­tion du cœur face aux intem­péries du des­tin. Dans cette suc­ces­sion de textes courts, elle saisit la vie qui pulse sans prévenir et narre des images réelles et rêvées, pris­es hors du temps, qu’elle restitue dans une langue à la fois onirique, baroque, foi­son­nante de pul­sions, de présences, de rythme et de folie. Con­tin­uer la lec­ture

La plume et les ondes

Manon HOUTART et Flo­rence HUYBRECHTS (sous la dir. de), Lit­téra­ture et radio, Textyles n°65, Ker, 2023, 176 p., 18 €, ISBN : 9782875864697

houtart huybrechts litterature et radioÀ l’occasion du cen­te­naire de la pre­mière sta­tion de radiod­if­fu­sion belge, la revue Textyles se penche sur les liens entre la lit­téra­ture et la radio en Bel­gique fran­coph­o­ne, sonde d’une part les émis­sions con­sacrées à la médi­ati­sa­tion des écrivains, d’autre part l’évolution de la radio comme espace de créa­tions radio­phoniques. Qu’est-ce que les ondes font à la lit­téra­ture quand elles s’en empar­ent (pour don­ner la parole aux écrivains ou génér­er des œuvres radio­phoniques) ? Quelles sont les muta­tions en pro­fondeur, les méta­mor­phoses que subit la lit­téra­ture lorsqu’elle se voit con­fron­tée à un nou­veau médi­um ? Quelles noces, quels nou­veaux pos­si­bles se tis­sent entre deux espaces régis par des spé­ci­ficités qui leur sont pro­pres ? Dirigé par Manon Houtart et Flo­rence Huy­brechts, réu­nis­sant les inter­ven­tions de Philippe Caufriez, Céline Rase, Chris­t­ian Janssens, Manon Houtart, Flo­rence Huy­brechts, Clé­ment Dessy, Daniel Charneux, Guil­laume Abgrall, Sébastien Schmitz ain­si qu’un entre­tien avec Mélanie Godin, ce vol­ume riche et pas­sion­nant donne à penser les inter­faces entre la page et le micro, ques­tionne la con­ser­va­tion des archives audio­vi­suelles avec la Son­u­ma, l’incidence de « la fréquen­ta­tion des micros » ou de « la mise en ondes » sur le par­cours d’une femme ou d’une homme de let­tres. Con­tin­uer la lec­ture

Il est temps de prendre une décision

Claude ENUSET, Elsa HIERAMENTE, Si crues fic­tions, Les Ven­terniers, 2023, 144 p., 22 €, ISBN : 9791092752878

enuset hieramente si crues fictionsSi crues fic­tions est une suite de pen­sées inquiètes, de réflex­ions et d’observations enchan­tées et désen­chan­tées, de songes éveil­lés, de doutes prenant la forme d’une com­po­si­tion de poésie en textes courts et en dessins. Ils sont 64 et représen­tent des corps de femmes et d’hommes sous toutes les cou­tures, traduisant tant sur le plan lit­téraire que graphique des sit­u­a­tions de gens prenant des déci­sions, les remet­tant en cause, ou à l’inverse, choi­sis­sant de les con­firmer. Générale­ment, le point de départ est som­bre, les rêves évo­qués inachevés, et la ques­tion de l’isolement, de la fragilité et de la soli­tude omniprésente. Le manque de per­spec­tive joyeuse dif­fuse un sen­ti­ment dépres­sif et pour­tant, ces « si crues fic­tions » ne sont absol­u­ment pas pesantes. L’étincelle et le mys­tère se man­i­fes­tent d’emblée grâce au jeu de l’écriture et par la fan­taisie graphique de l’illustratrice qui appor­tent dans ses cro­quis un regard décalé, frais, absurde et joyeux. Con­tin­uer la lec­ture

Retrouvailles avec une famille commune

Un coup de cœur du Car­net

Olivia MOLNAR et Ald­win RAOUL, Atlas des plantes de mau­vaise vie, Hélice Hélas, 2023, 72 p., 24 €, ISBN : 9782940700264

molnar atlas des plantes de mauvaise vieL’Atlas des plantes de mau­vaise vie est présen­té comme un « her­bier de l’infra-ordinaire » en écho au tra­vail de Georges Perec. 31 plantes ver­nac­u­laires s’y déploient, ayant en com­mun la  par­tic­u­lar­ité de grandir à l’état sauvage dans les rues de Brux­elles, mais aus­si partout dans les villes du Nord de l’Europe. Elles sur-vivent entre les pavés, dans les anfrac­tu­osités des trot­toirs, sous le béton qui, banale­ment, nous encer­cle de toute part. En prenant le temps de s’arrêter sur leurs exis­tences, les artistes Olivia Mornar et Ald­win Raoul s’attèlent à mon­tr­er la richesse du lex­ique dans lequel les plantes appa­rais­sent. Cette richesse est un trem­plin pour activ­er notre imag­i­naire végé­tal, et rap­pel­er à notre mémoire les mythes, les his­toires et les légen­des que les plantes véhicu­lent. À chaque plante est reliée une recherche minu­tieuse dans des gri­moires, des livres savants et autres tré­sors les consignant, les pro­tégeant. On y redé­cou­vre que les plantes ne sont pas seule­ment de mau­vais­es herbes insignifi­antes et invis­i­bles. Elles sont surtout des « com­pagnonnes dis­crètes » de l’humanité. Majori­taires sur la planète et il est plus que temps d’en par­ler, de leur accorder de l’attention et du soin, pour voir le monde autrement, pour déplac­er et trans­former notre rap­port à la ville, à la nature, à l’humanité. Con­tin­uer la lec­ture

Les Prix SACD et Scam 2022

Les comités belges de la SACD et la SCAM ont décerné leurs prix 2022 ce 21 avril. Ils hon­orent auteurs et autri­ces mem­bres de ces sociétés pour leur tra­vail dans dif­férents champs de la créa­tion artis­tique. Con­tin­uer la lec­ture

Deux poignées de poèmes

Pierre CORAN & Carl NORAC, Une sec­onde, papil­lon !, Rue du monde, coll. « Une poignée de poèmes », 2022, 36 p., 9,50 €, ISBN : 9782355046896
Françoise LISON-LEROY, Poèmes cueil­lis dans la forêt de vos yeux, Rue du monde, coll. « Une poignée de poèmes », 2022, 36 p., 9,50 €, ISBN : 9782355046902

coran et norac une seconde papillonDeux petits livres de poésie pour la jeunesse vien­nent de paraitre aux édi­tions Rue du monde. Le pre­mier, Une sec­onde, papil­lon !, est écrit à qua­tre mains par deux poètes de la même famille, Pierre Coran et son fils Carl Norac. C’est un événe­ment, puisqu’il s’agit pour eux d’une pre­mière expéri­ence col­lec­tive d’écriture partagée. Habités par une inspi­ra­tion com­mune, ils captent la poésie dans chaque instant de la vie véri­ta­ble et essen­tielle. Puis­sam­ment posi­tifs, les poèmes évo­quent le temps qui passe, le hasard, la réal­ité, l’enfance, le rêve. Au fil des pages, s’écrit un dia­logue unique et poé­tique entre un père et son fils, une trans­mis­sion de ce qu’il faut regarder inten­sé­ment et rêveuse­ment pour appréhen­der le vis­i­ble : Con­tin­uer la lec­ture

De la « pEAUésie »

Poèmes de pluie. Une propo­si­tion de Mélanie Godin, CFC et Arbre de Diane, coll. « Regard sur la ville », 2019, 18 €, ISBN : 978–2‑87572–046‑7

Il est un cliché tenace, pour­tant exact, à pro­pos de la Bel­gique : il y pleut con­stam­ment. Mélanie Godin et son équipe en auront tiré par­ti, en pro­posant de la « pEAUésie » en plein cœur de Brux­elles.

De 2017 à 2019, Mélanie Godin a imag­iné et coor­don­né des inter­ven­tions artis­tiques dans Brux­elles, à la ren­con­tre de ses habi­tants, invi­tant cha­cun à (ré)introduire de la poésie dans son quo­ti­di­en.

Des poèmes, d’ici et d’ailleurs, écrits par des poètes recon­nus ou lors d’ateliers d’écriture, ont été typographiés sur des pochoirs en car­ton et appliqués dans l’espace pub­lic, à l’aide d’une pein­ture unique­ment vis­i­ble au con­tact de l’eau. Indéce­lables jusqu’alors, les poèmes appa­rais­sent comme par magie sous l’effet de la pluie ou de jets d’eau, à même un trot­toir, sur une marche, un mur. Puis ils dis­parais­sent à nou­veau, dans l’attente d’un nou­v­el arroseur.  (Note de l’éditeur) Con­tin­uer la lec­ture

Et quand a‑t-on su quelque chose d’essentiel ? Quand ?

Un coup de cœur du Car­net

Véronique DAINE, Amoureuse­ment la gueule, illus­tré de six dessins d’Anne Marie Finné, Herbe qui trem­ble, 2019, 62 p., 13 €, ISBN : 978–2‑918220–99‑2

La col­lec­tion « D’autre part » de L’herbe qui trem­ble dirigée par Thier­ry Horguelin qui donne à lire des textes inclass­ables accueille un nou­veau recueil de la poétesse gau­maise Véronique Daine. En intro­duc­tion, une phrase du poète hon­grois Janos Pilin­szky : “Com­bi­en tard nous com­prenons que la pénom­bre des yeux peut être plus pré­cise que la lumière d’une lampe”. Cette cita­tion laisse entrevoir que sous les apparences, il y a un paysage intérieur vivant, tail­lé dans une écri­t­ure organique où deux mots s’opposent l’un à l’autre : la gueule et le vis­age. Dans une danse ani­male presque sauvage, les mots sont comme des pul­sa­tions san­guines. Un rythme de chas­se scan­de la langue dans une suc­ces­sion de courts frag­ments de prose poé­tique qui cog­nent, martè­lent, poussent, souf­flent et pulsent. Con­tin­uer la lec­ture

La femme qui le lit comprend tout de suite de quoi il s’agit

Vin­ciane MOESCHLER, Trois incendies, Stock, 2019, 282 p., 19 € / ePub : 13.99 €, ISBN : 9782234086395

Moeschler trois incendiesTrois incendies est le por­trait de famille de trois femmes à la fois fortes et sen­si­bles, tra­ver­sées dans leur quo­ti­di­en par dif­férentes guer­res. Des guer­res, à la fois proches et loin­taines, incom­pa­ra­bles et pour­tant reliées par les mêmes atroc­ités et les mêmes douleurs. Trois voix, trois incendies, trois car­ac­tères qui ont leur vie pro­pre, un rythme et une langue sin­guliers, qui se racon­tent l’une l’autre dans des chapitres courts, cap­ti­vants et par­faite­ment agencés. Con­tin­uer la lec­ture

Petite fille imaginaire amphétaminée

podolski affiche

L’exposition con­sacrée à Sophie Podol­s­ki (1953–1974) au Wiels est la pre­mière de l’artiste en Bel­gique. Elle est cen­trée sur son œuvre graphique, entre 1968 et 1974, mais le dessin et l’écriture sont étroite­ment liés, l’écriture étant elle-même objet de recherche typographique. Toute l’œuvre de l’artiste est com­posée de sym­bol­es, de métaphores, de mytholo­gie per­son­nal­isée. Trois salles se suc­cè­dent pour ren­dre compte de la richesse et de la frénésie créa­trice qui l’animait. Con­tin­uer la lec­ture

Les mots de la tribu tholoméenne

Vin­cent THOLOMÉ, Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2016, 321 p., 10 €    ISBN : 9782875680792

tholomeEspace Nord réu­nit pour la pre­mière fois deux textes majeurs du poète et per­formeur Vin­cent Tholomé, à savoir Kirkjubae­jark­laus­tur suivi de The John Cage Expe­ri­ences. Ce livre est égale­ment doté d’une post­face indis­pens­able de Jan Baetens, spé­cial­iste de cet auteur et théoricien de la poésie orale actuelle et de ses rap­ports à l’écrit. Au fur et à mesure du réc­it, on décou­vre que les per­son­nages s’appellent tous Sven, Har­ald, ou Tho­ra. Que l’histoire est une suc­ces­sion de mini-réc­its, à la fois loufo­ques et décalés. De sorte qu’il s’agit plus d’une fable mod­erne sous forme de road-trip avec comme cli­max une fin de monde en soi : « Hé. Mais, les Sven. C’est par là. Nos corps. Pas par là. Fait lui. Har­ald. Tête en com­pote. Tan­dis que. Eux. Sven et Sven. Si dis­sol­vent eux dans le brouil­lard. Per­dus déjà. Au-delà de crêtes. Dans le monde blanc par­tant en couille ». Con­tin­uer la lec­ture

Athlète du cœur*

François MUIR, Toi l’égaré (Poèmes inédits), La let­tre volée, 2015, 51 p., 14 €

muirNé à Uccle le 1er octo­bre 1955 sous le nom de Jean-François de Bodt, François Muir est, selon Marc Quaghe­beur[1], « le poète le plus impor­tant de sa généra­tion en Bel­gique ». Et pour­tant, son œuvre demeure dis­crète et mécon­nue du grand pub­lic. Quelques auteurs parta­gent cette idée, et ne taris­sent pas d’éloges à son sujet : le regret­té Jacques Izoard, mais aus­si Jack Keguenne, Frédéric Baal, Yves Namur ou encore Stéphane Lam­bert qui lui a d’ailleurs con­sacré un por­trait poé­tique orig­i­nal[2]. F. Muir entrete­nait plusieurs cor­re­spon­dances avec des auteurs recon­nus comme J.M. Coet­zee qui dis­ait au sujet de sa poésie qu’elle l’impressionnait par sa lim­pid­ité et sa clarté. Con­tin­uer la lec­ture

Plein de rêves

Éric LAMMERS, Une âme plus si noire. Let­tres de prison, Brux­elles, Impres­sions nou­velles, 2016, 252 p., 17 €/ePub : 9.99 €

LettresCOUVUNEsiteAprès un recueil de nou­velles Une vie de… paru en 2015 (édi­tions Weyrich), nous retrou­vons Éric Lam­mers, fig­ure emblé­ma­tique du grand ban­ditisme belge, dans un mon­tage de let­tres envoyées depuis les pris­ons d’Andenne et de Verviers à l’écrivaine Car­o­line Lamarche de jan­vi­er 2001 à décem­bre 2002. Mon­tage com­posé par cette dernière, les let­tres choisies témoignent du pou­voir de l’écriture qui a trans­for­mé la vie de ce pris­on­nier con­damné à la per­pé­tu­ité. Elles révè­lent ses doutes et ses peurs d’écrire des bêtis­es dans son pro­jet ambitieux de devenir un véri­ta­ble écrivain. Elles dis­ent aus­si les con­di­tions de déten­tion, la vie avec les autres détenus, les règles par­ti­c­ulières qui régis­sent ce monde par­al­lèle au nôtre. Con­tin­uer la lec­ture

Dans les veines coule la sève

Char­line LAMBERT, Chan­vre et Lierre, Le Tail­lis Pré, 2016, 68 p.

lambert chanvre et lierreChar­line Lam­bert a reçu, entre autres, le prix Georges Lock­em de l’A­cadémie royale pour son pre­mier recueil inti­t­ulé Chan­vre et Lierre. Comme pré­cisé par l’Académie, ce prix « est red­outable, parce qu’il con­siste en un pari », un pari sur l’avenir. Est-ce le pre­mier d’une longue série à venir ou un sim­ple coup d’éclat ? Seul l’avenir le dira. En atten­dant, cette jeune poète n’a pas froid aux yeux en pro­posant d’aborder avec fraicheur et une maitrise sin­gulière l’histoire de L’Odyssée, un des poèmes fon­da­teurs de notre civil­i­sa­tion européenne. Con­tin­uer la lec­ture

L’étrangère

Edith SOONCKINDT, La femme défaite, Élé­ments de lan­gage, 2015, 123 p.

soonckindtEdith Soon­ckindt est une femme dynamique aux mul­ti­ples pas­sions. À la fois auteure, tra­duc­trice, éditrice et bloggeuse, son nou­veau livre, La femme défaite, est un roman dia­logué entre un homme et une femme, paru aux édi­tions Elé­ments de lan­gage. Qual­i­fié d’Olni (objet lit­téraire non iden­ti­fié), cette jeune mai­son d’édition belge a été créée par Nico­las Chieusse pour met­tre à l’honneur des textes sou­vent con­sid­érés comme plus dif­fi­ciles d’accès, se des­ti­nant à un lec­torat désireux de décou­vrir des univers non for­matés, une forme de lit­téra­ture lais­sant place à une imag­i­na­tion sans bornes. Con­tin­uer la lec­ture

« L’art ne rend pas le visible, il rend visible »*

Rose-Marie FRANÇOIS, Trèfle incar­nat, Le Cormi­er, 52 p., 2014

Dans ce recueil, Rose-Marie François pro­pose l’exercice d’imagination suiv­ant : écrire 40 poèmes de 17 vers à par­tir de pein­tures de Fran­cis Bacon et de Paul Klee. On com­mence par Bacon et son tableau L’homme au chien. Elle écrit : « Surtout, loin de Magritte, / ne va pas te fon­dre au tableau. / Tiens le mauve à dis­tance, / à l’horizon de l’oeuvre. / Il nous suf­fit de fix­er la faille, / le peu d’humain / par où entre et sort l’empathie ». Con­tin­uer la lec­ture