Ode à la poésie

Un coup de cœur du Car­net

Colette NYS-MAZURE, La vie poé­tique, j’y crois, Bayard, 2015, 137 p.

nys-mazureCe livre est une let­tre ouverte à tous les ama­teurs de poésie ou sus­cep­ti­bles de le devenir un jour. Colette Nys-Mazure, plus con­va­in­cue que jamais, pro­pose un plaidoy­er actu­al­isé sur la poésie et son rôle majeur dans l’existence. Au fil des pages, elle sème les noms des auteurs qui comptent pour elle pour mon­tr­er que la poésie est « partout, vivante et effi­cace ».

On y décou­vre les poètes, clas­siques et non clas­siques, qu’elle affec­tionne par­ti­c­ulière­ment : Issa le poète japon­ais, Pierre Reverdy, Paul de Roux, Edith Söder­gran, Rachel mais aus­si Grand Corps Malade, Matthias Vin­cenot, etc. Pour nous par­ler de sa voca­tion poé­tique, elle a choisi de par­tir de deux expéri­ences con­crètes du réel, l’une dans la cham­bre d’hôpital d’un ami sur le point de mourir à qui elle pro­posa de lire quelques poèmes d’Andrée Che­did, l’autre lors d’une ren­con­tre lit­téraire avec des jeunes dans une école. Par ces deux exem­ples, elle nous assure que « le poète donne voix à tous les chants, les allè­gres et les dés­espérés, les radieux et les noirs. Une langue pour tous ».

Elle ajoute plus loin « la poésie bal­aie les préjugés, trans­gresse les fron­tières ». Bien sûr, la poésie relève sou­vent de l’intime et peut par­fois être dif­fi­cile à partager. Mais, elle s’oppose vive­ment à ceux qui pensent que la poésie est éli­tiste et réservée à quelques ini­tiés. Un poème est une invi­ta­tion. Il touche à l’intériorité de l’être. Le mys­tère et le secret d’une parole ne sont en rien exclusifs. L’important n’est pas de tout com­pren­dre, mais de se laiss­er touch­er et de rester ouvert. Elle évoque les cor­re­spon­dances enrichissantes entre la musique, les arts plas­tiques, le ciné­ma, la pho­togra­phie et les mots :

La poésie est partout. Dans la splen­deur et la laideur de l’univers et des hommes, l’angle de prise de vue, la noblesse du regard, la généreuse inven­tiv­ité

Il s’agit d’un livre-jour­nal recueil­lant ses impres­sions et notes au fil du temps qui passe avec en toile de fond les atten­tats de Paris en jan­vi­er 2015. Plusieurs fois elle y fait référence, boulever­sée, et mar­quée par l’élan de sol­i­dar­ité qui a suivi. Tra­ver­sée par ces atten­tats, elle revendique l’acte d’oser écrire, car « c’est pos­er un autre regard sur le monde ». La lec­ture et l’écriture de poèmes con­fèrent « un espace de lib­erté que per­son­ne ne peut nous ravir ». Elle écrit aus­si que « le poème est un geste de com­mu­nion, de com­pas­sion active ».

Colette Nys-Mazure vit pour la poésie et la poésie fait par­tie de tout son être. D’un naturel opti­miste, elle défend ardem­ment l’idée que la poésie est une néces­sité pour tout un cha­cun :

Je lis – j’écris – je vis, à l’endroit, à l’envers, et sans tirets, l’un s’enrichissant de l’autre. Poésie com­pagne de chaque instant, livrée en partage par toutes les voies et les voix

Mélanie Godin

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