Ode à la poésie

Un coup de coeur du Carnet
Mélanie GODIN

nys-mazureCe livre est une lettre ouverte à tous les amateurs de poésie ou susceptibles de le devenir un jour. Colette Nys-Mazure, plus convaincue que jamais, propose un plaidoyer actualisé sur la poésie et son rôle majeur dans l’existence. Au fil des pages, elle sème les noms des auteurs qui comptent pour elle pour montrer que la poésie est « partout, vivante et efficace ».

On y découvre les poètes, classiques et non classiques, qu’elle affectionne particulièrement : Issa le poète japonais, Pierre Reverdy, Paul de Roux, Edith Södergran, Rachel mais aussi Grand Corps Malade, Matthias Vincenot, etc. Pour nous parler de sa vocation poétique, elle a choisi de partir de deux expériences concrètes du réel, l’une dans la chambre d’hôpital d’un ami sur le point de mourir à qui elle proposa de lire quelques poèmes d’Andrée Chedid, l’autre lors d’une rencontre littéraire avec des jeunes dans une école. Par ces deux exemples, elle nous assure que « le poète donne voix à tous les chants, les allègres et les désespérés, les radieux et les noirs. Une langue pour tous ».

Elle ajoute plus loin « la poésie balaie les préjugés, transgresse les frontières ». Bien sûr, la poésie relève souvent de l’intime et peut parfois être difficile à partager. Mais, elle s’oppose vivement à ceux qui pensent que la poésie est élitiste et réservée à quelques initiés. Un poème est une invitation. Il touche à l’intériorité de l’être. Le mystère et le secret d’une parole ne sont en rien exclusifs. L’important n’est pas de tout comprendre, mais de se laisser toucher et de rester ouvert. Elle évoque les correspondances enrichissantes entre la musique, les arts plastiques, le cinéma, la photographie et les mots :

La poésie est partout. Dans la splendeur et la laideur de l’univers et des hommes, l’angle de prise de vue, la noblesse du regard, la généreuse inventivité

Il s’agit d’un livre-journal recueillant ses impressions et notes au fil du temps qui passe avec en toile de fond les attentats de Paris en janvier 2015. Plusieurs fois elle y fait référence, bouleversée, et marquée par l’élan de solidarité qui a suivi. Traversée par ces attentats, elle revendique l’acte d’oser écrire, car « c’est poser un autre regard sur le monde ». La lecture et l’écriture de poèmes confèrent « un espace de liberté que personne ne peut nous ravir ». Elle écrit aussi que « le poème est un geste de communion, de compassion active ».

Colette Nys-Mazure vit pour la poésie et la poésie fait partie de tout son être. D’un naturel optimiste, elle défend ardemment l’idée que la poésie est une nécessité pour tout un chacun :

Je lis – j’écris – je vis, à l’endroit, à l’envers, et sans tirets, l’un s’enrichissant de l’autre. Poésie compagne de chaque instant, livrée en partage par toutes les voies et les voix

Colette NYS-MAZURE, La vie poétique, j’y crois, Montrouge, Bayard, 2015, 137 p.

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