Entre Zinzolin (385) et Andrinople (365), la vie ne tient qu’à un fil (303)

Lydia FLEM, Je me sou­viens de l’imperméable rouge que je por­tais l’été de mes vingt ans, Paris, Seuil, 2016, 256 p., 17 €/ePub : 11,99 €

flemJe me sou­viens d’un précé­dent livre de Lydia Flem, Com­ment j’ai vidé la mai­son de mes par­ents.

Je me sou­viens que je l’avais beau­coup aimé, moi qui ne sais me sépar­er de rien.

J’ai souri en lisant les pre­miers sou­venirs évo­qués dans ce Je me sou­viens de l’imperméable rouge que je por­tais l’été de mes vingt ans qui ouvre la boîte de Pan­dore.

J’ai été inter­loquée quand j’ai feuil­leté le bouquin.

J’ai con­tin­ué en me dis­ant que ça ne pou­vait pas me faire de tort.

Assez vite, j’ai com­mencé à jouer au petit jeu du “Tiens, moi aus­si” ou du “Ah, moi pas”.

Au 62, je me suis dit “Heureuse­ment, il y  a pre­scrip­tion”.

Au 89, le bon­heur de retrou­ver la bonne vieille com­bi­nai­son (toute une époque !).

J’ai bien aimé pass­er du “Je n’ai rien à me met­tre” à “Un rien l’habille” pour bien sûr arriv­er au fameux Chanel n° 5.

Au 162, c’est une mai­son bleue qui, au pas­sage, invite Paul Elu­ard.

Au 179, je me suis dit qu’il y avait effec­tive­ment matière à réflex­ion.

Au 234, j’ai revu Pietro Piz­zut­ti en inou­bli­able Poverel­lo dans la pièce de Michel De Ghelderode don­née à Villers-la-Ville en 1998.

Au 249, l’inévitable évo­ca­tion du 11 sep­tem­bre 2001 – et en même temps, com­ment oubli­er cette “inau­gu­ra­tion” ?

Au 292, je me sou­viens de L’élégance du héris­son.

Au 296, je me lance sur les traces d’ “espoliné” – qui n’est jamais que le par­ticipe passé d’un verbe trop peu con­nu –  et d’ “arle­quiné” ; ce dernier terme con­tin­ue à me don­ner du fil à retor­dre !!

Au 473, je me sou­viens avoir appris à coudre des smocks à l’école.

Et à la page 199, je me sur­prends à dire “Oh ! pourquoi c’est déjà fini ?”.

Faut-il en dire davan­tage ? Le livre ne com­porte ni avant-pro­pos ni post­face et je me mets à son unis­son.

Mais si ceci vous paraît trop sibyllin, sachez qu’en 479 rubriques d’une phrase ou deux, Lydia Flem ressus­cite toute une époque, en réus­sis­sant à pass­er de la légèreté à l’essentiel, de l’anecdote à ses racines famil­iales et de la futil­ité de la mode aux pro­fondeurs de l’âme.

Un index alphabé­tique des mots-clés per­met au lecteur de revenir à ses moments favoris.

Mar­guerite ROMAN

♦ Lire un extrait du livre de Lydia Flem pro­posé par Librel