Archives par étiquette : souvenirs

Préparation magistrale

Un coup de cœur du Car­net

Pas­cal LECLERCQ, La phar­ma­cie, Do, 2026, 126 p., 14 €, ISBN : 9791095434665

leclercq la pharmacie« J’avais repris mon vélo pour ren­tr­er chez moi… » Un roman dont l’incipit est con­jugué au plus-que-par­fait ne peut être qu’une réus­site, car il s’inscrit d’emblée dans une tem­po­ral­ité irrémé­di­a­ble­ment engloutie, ren­due inac­ces­si­ble au lecteur comme à l’auteur, là où le réc­it devient for­cé­ment Lit­téra­ture.

Alors, voici Pas­cal Lecler­cq qui enfourche sa bécane en pleine nuit, quit­tant un sien ami archi­tecte à Oth­ée en Hes­baye pour regag­n­er son domi­cile, et qui fend la bise, et qui pédale, là comme un dératé, ici d’un train de Mon­sieur Hulot, et qui, mal­gré l’heure tar­dive, emprunte des chemins de tra­verse dans l’idée de taquin­er le som­meil. Et qui se retrou­ve, au fil des « chemins de remem­bre­ment » sil­lon­nés, à hau­teur du quarti­er de son enfance, le vil­lage d’Alleur. Comme le hasard fait donc bien les choses quand c’est nous qui lui dic­tons sa con­duite ! Con­tin­uer la lec­ture

La Shoah. Une traversée de la souffrance

Myr­i­am SPIRA, L’envol de la mémoire, Gras­set, 2026, 194 p., 20 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782246841906

spira l'envol de la mémoireCom­ment vivre en tant qu’enfant de rescapés des camps de la mort ? Com­ment se con­stru­ire à l’ombre de la Shoah ? Com­ment porter le poids d’un héritage famil­ial mar­qué par les trau­ma­tismes de la Deux­ième Guerre mon­di­ale ? Pre­mier réc­it pub­lié par Myr­i­am Spi­ra, L’envol de la mémoire décrit la lente libéra­tion qu’elle a dû accom­plir. Elle mon­tre com­bi­en l’enfer tra­ver­sé par ses par­ents — Joseph, juif et résis­tant, Bet­ty, résis­tante — , a frap­pé les enfants du cou­ple, com­bi­en la deux­ième généra­tion née de celle des sur­vivants est mar­quée à jamais par un héritage de souf­frances et de cal­vaires. Con­tin­uer la lec­ture

L’éclat de mille soleils dans la brèche du monde

Un coup de cœur du Car­net

Raïs­sa YOWALI, Les mille soleils de Busu Jano, Arbre de Diane, 2026, 114 p., 15 €, ISBN : 978–2‑93082240–2

yowali les mille soleils de busu janoIl est des livres qui ne se con­tentent pas d’être lus, mais qui vous per­cu­tent et oblig­ent à regarder en face les angles morts de notre human­ité, les éclats de la société dans leurs fra­cas, les sur­vivances lumineuses qui irra­di­ent et nour­ris­sent les feux de la résis­tance. Ce pre­mier recueil de Raïs­sa Yowali, Les mille soleils de Busu Jano, paru chez L’Arbre de Diane est de ceux-là. Con­tin­uer la lec­ture

Quand le non-dit cogne de l’intérieur

Nathanaëlle PIRARD, Loin d’Eden, Mur­mure des soirs, 2025, 274 p., 22 €, ISBN : 978–2‑93123–534‑8

pirard loin d'edenVic­toire est une char­mante octogé­naire qui vit seule depuis le décès de son mari il y a quelques années déjà. Elle recueille tem­po­raire­ment son fils, suite à son divorce, mais celui-ci décède subite­ment et la voilà oblig­ée d’enterrer Philipp. Le poids des ans faisant son œuvre, Vic­toire fait quelques chutes sans grav­ité et sa fille la force à quit­ter son foy­er empli de sou­venirs pour son ultime demeure, une mai­son de repos. Con­tin­uer la lec­ture

« Depuis lors je ne l’ai plus vu. Chadi est perdu »

Naji HABRA, Cha­di est per­du, M.E.O., 2025, 232 p., 22 €, ISBN : 9782807005341

habra chadi est perdu« La bande qui déam­bule autour de la piscine par groupes de deux ou trois ne ressem­ble pas à des touristes ordi­naires. Des sex­agé­naires mâles prom­enant quelques bedons, quelques calvi­ties, quelques whiskies et quelques gros cig­a­res, par­lant en même temps et avec véhé­mence. » Dans l’hôtel Vesu­vio-Grande, ces hommes ne passent pas inaperçus : ils s’expriment en plusieurs langues dans une cacoph­o­nie bruyante, et l’objet de leur voy­age (vacances ? sémi­naire pro­fes­sion­nel ? assem­blée de par­rains de la mafia ?) ne transparait pas claire­ment de leurs tenues soignées aux styles dif­férents. Sal­va­tore, le vieux bar­man tou­jours aux aguets, trou­ve qu’« [o]n dirait même une réu­nion de lou­veteaux déguisés en adultes pour une soirée de fin de camp ». Et si son flair ne l’avait pas trahi… Con­tin­uer la lec­ture

Jacques Lacomblez, ses brèves de comptoir

Jacques LACOMBLEZ, Sou­venirs, avatars & pec­ca­dilles, Recueil­lis et annotés par Ben Durant, Quadri, 2025, 40 p., 25 €

Lacomblez Souvenirs avatars et peccadillesAnnées 1950, Brux­elles. Jacques Lacomblez retrou­ve Mar­cel Lecomte à la galerie St-Lau­rent. Lecomte vient de bris­er ses lunettes sur le coin d’un tramway dont il est descen­du. Lacomblez a, lui, un pied dans une chaus­sure, l’autre dans une pan­tou­fle. Magritte est à Ostende et super­vise la réal­i­sa­tion de sa fresque murale, si adéquate­ment nom­mée « Le Domaine enchan­té » pour le casi­no de Knokke. Devant Lacomblez, Magritte apos­tro­phe un des pein­tres : « Joseph, met­tez plus de vert dans cette pomme. » Paris. Bre­ton décou­vre, au 42 rue Fontaine, les pein­tures que Lacomblez lui présente, intro­duit par l’artiste et col­lec­tion­neur Jean-Jacques Lebel. Bre­ton est con­trar­ié par l’encrier qu’il vient de ren­vers­er sur son bureau, mais se révèle un homme char­mant, dit appréci­er le pein­tre Vic­tor Servranckx (pas sur­réal­iste), s’enquiert de Chavée, de Lecomte, et s’informe sur Edouard Jaguer, ami de Lacomblez et fon­da­teur du groupe sur­réal­iste dis­si­dent « Phas­es ». E.L.T. Mesens déje­une au whisky lors de ses pas­sages à Brux­elles, Paul Col­inet dis­serte sur le Catéchisme de Malines, Rober­to Mat­ta tue des crabes à la tâche (noire) pour ses dessins… Con­tin­uer la lec­ture

Délivrance

Dominique MEESSEN, Tra­vers­er l’enfer, F dev­ille, 2025, 63 p., 9 € / ePub : 6,49 €, ISBN : 978–2‑8759–9197‑3

meessen traverser l'enferDeux hommes arpen­tent un sen­tier de grande ran­don­née en Corse. Des amis d’adolescence, le nar­ra­teur et Chris. Ils s’étaient per­dus de vue durant des décen­nies, ils se sont retrou­vés par hasard dans un aéro­port, se sont promis de se revoir… et ont tenu rapi­de­ment parole. Que cherchent-ils ? À s’immerger dans la nature pour le plaisir partagé ou l’oubli momen­tané de vies en pagaille, à guet­ter la flamme de l’Éternel retour, de l’amitié égarée, de la remise sur les rails du sens, de la con­nex­ion à l’autre, au monde ? Con­tin­uer la lec­ture

Sous les troènes, l’amour

Un coup de cœur du Car­net

Jean DOMINIQUE, Le don silen­cieux suivi de La Lit­téraire de Blanche Rousseau, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2025, 300 p., 12 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782875686046

dominique le don silencieuxRarement l’amitié et l’amour lient-ils la vie à l’œuvre comme au cœur de Jean Dominique (1873–1952). Pseu­do­nyme lit­téraire de Marie Clos­set, enseignante et per­son­nal­ité anti­con­formiste, Jean Dominique entre dans la col­lec­tion Espace Nord avec un ouvrage en trois par­ties : l’une dédiée à la poésie, la deux­ième aux sou­venirs (dic­tés à la fin de sa vie depuis le fau­teuil où elle repose ses yeux presqu’aveugles), la dernière au “silence tumultueux” de sa rela­tion amoureuse avec Blanche Rousseau — à tra­vers les mots de celle-ci. Con­tin­uer la lec­ture

Réparer le vivant

Cécile BARTHOLOMEEUSEN, À nos ardeurs, Les avrils, 2025, 176 p., 19,10 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782383110378

bartholomeeusen a nos ardeursBoulever­sée par la mort de son amie d’enfance, Cécile Bartholomeeusen, autrice et nar­ra­trice « se sur­prend à ter­gi­vers­er, à écrire au sujet de [sa] grand-mère ». Elle hésite à ouvrir le livre des sou­venirs, à remon­ter seule au som­met de la val­lée d’où son amie et elle s’élançaient en roulant lorsqu’elles avaient onze ans. Con­tin­uer la lec­ture

Un roman familial marollien

Alain VAN CRUGTENMarolles, M.E.O., 2024, 272 p., 23 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782807004672

van crugten marollesL’influence d’un lieu de vie sur les habi­tants, l’effet en retour des riverains sur le quarti­er qu’ils façon­nent, les zones souter­raines de l’histoire de la famille Thomm, la tra­jec­toire d’une ascen­sion sociale… c’est au cœur de ces élé­ments tout à la fois fic­tion­nels et biographiques que le romanci­er, nou­vel­liste (Des fleuves impas­si­bles, Kor­sakoff, En étrange province, Ma Lodoïs­ka, La dic­tature des ignares…), dra­maturge (Dia­ble !, Le regard per­san, Stef, Com­ing out, Bruno Schulz ou La grande hérésie…) et tra­duc­teur (Hugo Claus, Tom Lanoye, S. I. Witkiewicz, Bruno Schulz, Witold Gom­brow­icz…) Alain van Crugten situe son roman, Marolles. Con­tin­uer la lec­ture

Kusttram KT

Ilyas METTIOUI, Knokke-le-Zoute, Lans­man / Le Rideau, coll. « En direct de la scène », 2024, 56 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0414‑3

mettioui knokke le zouteLe rythme du tram, c’est le rythme du réc­it pen­dant lequel Déb­o­rah réflé­chit. À Knokke, après avoir longé toute la côte belge, elle sait qu’elle ouvri­ra l’urne funéraire dans laque­lle se trou­vent les cen­dres du père qu’elle n’a jamais ren­con­tré. Durant une journée, elle dis­cute avec les six per­son­nages aux­quels elle pense, se deman­dant si c’est elle qui écrit son his­toire et com­ment se débat­tre avec ce qui a été fait avant même sa nais­sance, con­ver­sant avec celles qui sont encom­brantes mais qui ont tou­jours été là, avec les ver­sions pos­si­bles de celui qui n’a jamais été présent, avec ceux qui pour­raient à leur tour dis­paraitre. La pièce s’ouvre sur un poème qui par­le d’eau. Il sera dit autant de fois qu’il y a de femmes dans le réc­it. Eau de la mère, eau dans la mer, dis­per­sion du père dans les flots. Sur la route, Déb­o­rah s’adresse à Cécil­ia et à Annette. Elle pense à qui elles sont pour elle et l’une pour l’autre. Elle invente Benoît et Mustapha, elle écoute Habib et David. Con­tin­uer la lec­ture

Roman en vie

Riton LIEBMAN, La vedette du quarti­er, Séguier, 2024, 277 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑84049–969‑5

liebman la vedette du quartierRiton Lieb­man est comé­di­en depuis plus de qua­tre décen­nies. Sa pre­mière appari­tion à l’écran remonte à 1977 dans Pré­parez vos mou­choirs de Bertrand Bli­er. Il a alors 13 ans. L’appel pour un cast­ing est paru dans le jour­nal et il s’y est présen­té sans ses par­ents. Il est retenu pour un rôle aux côtés d’acteurs recon­nus et sa vie bas­cule. Il décou­vre la vie sur le tour­nage, celle d’adultes sans com­plex­es alors que lui vient d’un milieu où l’existence est guidée par des principes forts. Son père, Mar­cel Lieb­man, est pro­fesseur de sci­ences poli­tiques à l’ULB, il est de gauche et ne manque aucune occa­sion de le man­i­fester. Sa mère vient d’une famille juive, elle est psy­chothérapeute spé­cial­iste de la méth­ode Gor­don, mieux con­nue sous le nom de Par­ents effi­caces. Chez lui, on ne rigole pas avec les principes. Con­tin­uer la lec­ture

Carnets de Sclessin et d’ailleurs

Chris­t­ian CRAHAY, L’endroit défriché par le fou. Car­nets d’une Côte d’Or, Oiseaux de nuit, coll. « Romans à jouer, pièces à lire », 2023,122 p., 10 €, ISBN : 9–782931-101605

crahay l'endroit défriché par le fouL’endroit défriché par le fou : quel titre étrange ! C’est ain­si que le Romains auraient appelé Scle­ssin, Scloetici­nus, où le nar­ra­teur a gran­di. Quant aux Car­nets d’une Côte d’Or, ils font référence à la rue où vécut sa famille.

La Bel­gique est terre de comé­di­ens et de comé­di­ennes. Par­mi ces nom­breux artistes, Chris­t­ian Cra­hay n’est pas le moin­dre. Il a tra­vail­lé aux côtés de Lucas Bel­vaux, Jean-Pierre et Luc Dar­d­enne, Peter Brook, Isabelle Pousseur, Ben­no Besson, Kore-Eda Hirokazu, Chan­tal Aker­man, Adri­an Brine pour n’en citer que quelques-unꞏeꞏs. Ce que le pub­lic igno­rait, c’est qu’il avait égale­ment un tal­ent de plumes, comme le révèle L’endroit défriché par le fou. Ce livre est l’évocation sen­si­ble de la vie du comé­di­en, à peine déguisée, à tra­vers des notes et des esquiss­es où il revis­ite notam­ment Liège et en par­ti­c­uli­er Scle­ssin. Comme l’auteur, son nar­ra­teur, Vic­tor, est comé­di­en et passe par les lieux qui l’ont for­mé. Mais il met surtout en scène une incroy­able galerie de per­son­nages dont on devine qu’ils ont dû être proches de Chris­t­ian Cra­hay. Con­tin­uer la lec­ture

« Écrire sans pourquoi »

Jacques SOJCHER, Jac­ki est sage, Impres­sions nou­velles, 2023, 149 p., 16 € / ePub : 9,99 €, ISBN : 978–2‑39070–069‑2

sojcher jacki est sageAvec Jac­ki est sage, Jacques Sojch­er s’historialise et signe son pre­mier roman. Le philosophe-artiste s’ancre – s’encre – en tant que per­son­nage de sa vie et nous livre une auto­bi­ogra­phie dont la prose, par la ciselure de l’écriture, sim­ple et nue, approche par­fois le poème.

Le réc­it s’ouvre dans sa fan­tas­ma­tique vie in-utero, dans le ven­tre de sa mère. Jac­ki, cou­vé par celle-ci, sera celui qui naî­tra dans la four­rure, au cœur de Brux­elles, le fils du père par­ti avec le XXIIIe con­voi, dont il ne restera que des légen­des, l’enfant caché devenu « Jac­ki Tout­court » chez l’oncle Mau­rice et la tante Bertha, le gamin qui ne cessera de jouer, le petit à l’affinité accrue pour le mot petit. Con­tin­uer la lec­ture

Ode à la rencontre

Jacque­line CALEMBERT, La mai­son du frère, Acad­e­mia, 2023, 146 p., 15 € / ePub : 10,99 €, ISBN : 978–2‑8061–3247‑5

calembert la maison du frereLe réc­it de Jacque­line Calem­bert nous fait décou­vrir la vie de Clé­mence, une femme mûre qui s’apprête à aller se repos­er une quin­zaine de jours dans la mai­son de son frère non loin des Hautes Alpes. Suite au désis­te­ment de sa fille, Clé­mence pro­pose à ses col­lègues de l’accompagner et elle décou­vre avec sur­prise que le jeune et énig­ma­tique Las­z­lo se pro­pose de faire route avec elle. Con­tin­uer la lec­ture

Nos territoires

Alex LORETTE, Un fleuve au galop, Genèse Édi­tion, 2023, 247 p., 22,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782382010259

lorette un fleuve au galopTout au long du roman, nous suiv­ons les réc­its de plusieurs per­son­nages. Il y a d’abord Lucie, qui est née au Con­go et n’a jamais été heureuse en Bel­gique. Ensuite, il y a sa fille Félic­ité avec qui elle n’a jamais réus­si à com­mu­ni­quer. On suit égale­ment les his­toires du père André, autre­fois appelé Nkisu, de Mas­si­ga, la nour­rice de Lucie et enfin d’Edmond, l’arrière-grand-père de Lucie, un colonisa­teur san­guinaire.

Lucie aimerait retourn­er au Con­go, cette terre qui l’a vue naître, au bord du fleuve, dans les années 1940. Mal­gré sa couleur blanche, elle s’est tou­jours sen­tie noire à l’intérieur, une Con­go­laise. À présent, il est trop tard. Elle est clouée au lit dans sa mai­son de retraite. Elle pour­rait deman­der à sa fille qui habite en Norvège de l’y accom­pa­g­n­er, mais elle n’a plus de con­tact avec elle. Seuls lui restent les sou­venirs dans lesquels elle plonge à corps per­du, au risque de s’y per­dre. Lucie se sou­vient de Mas­si­ga, cette Con­go­laise qui l’a éduquée comme sa pro­pre fille. De Koko, son grand-père, qui con­sid­érait les Con­go­lais comme des sauvages. De son père, presque tou­jours absent. De ce 28 mai 1958 où, âgée de 17 ans, on l’envoya en Bel­gique pour étudi­er dans un pen­sion­nat de sœurs. Lucie repense aus­si à Nkisu, son ami d’enfance qui allait chez les pères blancs. Elle se sou­vient de leurs par­ties de foot, de leurs baig­nades dans le fleuve, mais aus­si de ce jour d’été de 1957, où ils se sont aimés et où sa vie a bas­culé. Elle évoque sa grossesse cachée. La nais­sance de Félic­ité et le départ vers la Bel­gique, en 1958, sans son enfant, seule et sans d’autres bagages qu’une volon­té tenace de revenir au plus vite au Con­go. Con­tin­uer la lec­ture