Archives par étiquette : Le Seuil

Une valse à trois temps

Un coup de cœur du Car­net

Car­o­line LAMARCHE, Le Bel Obscur, Seuil, 2025, 240 p., 22 € / ePub : 14,99 €, ISBN : 9782021603439

lamarche le bel obscurIl existe des livres que l’on ne peut lâch­er, des livres qui, une fois com­mencés, con­duisent à délaiss­er toute autre activ­ité.

La nar­ra­trice du Bel Obscur s’adonne avec pas­sion à la lec­ture des Alchimistes grecs, ouvrage ancien con­sacré aux arts et métiers qu’elle a trou­vé en bro­cante. Con­tin­uer la lec­ture

Réarticuler nos mondes

Un coup de cœur du Car­net

Déb­o­rah V. BROSTEAUX, Les désirs guer­ri­ers de la moder­nité, Seuil, 2025, 224 p., 21,50 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 9782021591446

brosteaux les desirs guerriers de la modernité[…] l’Europe n’a jamais cessé d’être en guerre. […] Le rêve européen est moins un rêve de paix que la promesse d’une sépa­ra­tion : les peu­ples d’Europe n’auront plus à vivre la guerre, mais la guerre peut être menée au loin.

Déb­o­rah V. Brosteaux est chercheuse en philoso­phie et éditrice aux édi­tions Météores. En qua­tre chapitres riche­ment doc­u­men­tés, Les désirs guer­ri­ers de la moder­nité inter­roge la dis­tance qui sépare les Occi­den­taux (héri­tiers des guer­res colo­niales et néo-colo­niales menées par ceux qui se sont défi­nis comme mod­ernes en se revendi­quant simul­tané­ment du pro­grès et de la civil­i­sa­tion) des mul­ti­ples guer­res en cours « à l’autre bout du monde ». Ces guer­res sont pour­tant le fait des puis­sances occi­den­tales impliquées plus ou moins directe­ment dans la poli­tique de ces états et dans l’économie guer­rière (sou­tiens financiers, livrai­son d’armes, parte­nar­i­ats de divers­es natures). Ain­si ren­for­cée l’idée d’un « dehors bar­bare » étranger à notre civil­i­sa­tion de « grands inno­cents », la poli­tique migra­toire se durcit et la mil­i­tari­sa­tion des fron­tières s’intensifie.  Con­tin­uer la lec­ture

Le deuil et le livre au long cours

Lydia FLEM, Que ce soit doux pour les vivants, Seuil, coll. « La librairie du XXIe siè­cle », 2024, 192 p., 19,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782021568516

flem que ce soit doux pour les vivantsOn a tourné la page, on dit sou­vent cela, ou il faut dire cela, on a tourné la page, après la dis­pari­tion d’un être cher, quand la vie a repris ses fonc­tions, plus ou moins comme avant. On a tourné la page peut-être, ou plutôt une page, plusieurs, plusieurs sûre­ment, mais jamais on n’a refer­mé le livre. On a con­tin­ué, on con­tin­ue et on con­tin­uera à vivre avec nos disparu·es. À s’en sou­venir. À les aimer. À inven­ter « des liens féconds » avec eux. Au point d’en être métamorphosé·e. Le don des morts, avait titré un de ses livres Danièle Sal­lenave. Con­tin­uer la lec­ture

Siphonner la fiction

Un coup de cœur du Car­net

Rachel M. CHOLZ, Pipeline, Seuil, 2024, 224 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782021554281

cholz pipelineL’existence des êtres, la vie des phras­es sont bitumées, encer­clées par les vapeurs post-punk du « no future ». C’est dans le ter­ri­toire mou­vant du peu­ple des marges que Rachel M. Cholz campe Pipeline, son pre­mier roman. Comme dans son pre­mier réc­it, No ou le pactole paru à La Let­tre volée, la fic­tion se penche sur les exclus, les broyés, les largués du sys­tème néolibéral, sur les tribus de la débrouille qui se livrent à mille et un trafics, tap­inent, volent, dealent pour sur­vivre. Com­ment écrire au cœur des mots qui sen­tent la folie du monde ? Princes des com­bines, des zones clan­des­tines, la nar­ra­trice, « la timide », et son ami Alix écu­ment la rue Hey­vaert, les entre­pôts près du canal de Brux­elles, lou­voient dans des quartiers de Molen­beek, à la recherche de véhicules à siphon­ner. Le monde est en ruines mais il reste le gazole, l’élixir noir, piv­ot d’une économie par­al­lèle depuis qu’Alix a décou­vert un pipeline qui relie une raf­finer­ie à un entre­pôt de stock­age. Avec une lib­erté rad­i­cale, dans une langue ser­pen­tine, nerveuse, imprévis­i­ble, Rachel M. Cholz nous plonge dans un cap­i­tal­isme à la dérive, impi­toy­able, paupérisant, braque ses pro­jecteurs sur les êtres de l’ombre talon­nés par les flics d’un côté, par les gangs mafieux de l’autre. Con­tin­uer la lec­ture

Le souvenir l’oubli

Un coup de cœur du Car­net

Philippe MARCZEWSKI, Quand Cécile, Seuil, 2024, 144 p., 17,50 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 9782021554656

marczewski quand cecileC’était une plage d’Italie.
C’étaient les rues désertes et l’appartement mansardé.
C’était le goût des kakis sur les lèvres salées.
C’était la finesse de ses cheveux.
C’était la blondeur des cils autour de ses yeux. Con­tin­uer la lec­ture

Souffle, Eunice !

Lisette LOMBÉ, Eunice, Seuil, coll. « Fic­tion & Cie », 2023,190 p., 18 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑02–153494‑8

lombe euniceLisette Lom­bé est aujourd’hui con­nue dans le monde lit­téraire, tant par ses pub­li­ca­tions mul­ti­ples que par ses per­for­mances sur scène. Poétesse, slameuse, chroniqueuse, essay­iste, ani­ma­trice d’ateliers et cofon­da­trice du Col­lec­tif L‑SLAM, choisie récem­ment comme Poétesse nationale, elle avait déjà pub­lié un court roman, Venus Poet­i­ca, à l’Arbre à paroles en 2020. Voici son deux­ième roman, Eunice, au Seuil cette fois.

En quelques lignes au cœur du roman, Lisette Lom­bé donne elle-même l’interrogation qui tra­verse son réc­it : « On peut sor­tir du ven­tre d’une femme, on peut être nour­rie par elle durant près de vingt ans, on peut vivre sous son toit, dormir toutes les nuits à une cloi­son d’elle, et ne s’être jamais vrai­ment demandé qui était cette femme. » Con­tin­uer la lec­ture

Voie de la parole et pensée indienne

Un coup de cœur du Car­net

San­drine WILLEMS, La parole comme voie spir­ituelle. Dia­logue avec l’Inde, Seuil, 2023, 200 p., 19,50 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782021493276

willems la parole comme voie spirituelle dialogue avec l'indeDans son dernier essai, l’écrivaine, philosophe, psy­ch­an­a­lyste et réal­isatrice San­drine Willems nous invite à un décen­trement, nous pro­pose un voy­age men­tal, esthé­tique et con­ceptuel loin de l’anthropocentrisme qui a façon­né l’Occident. S’ils se voient remis en ques­tion de nos jours, de l’intérieur de nos sociétés, l’anthropocentrisme de l’Occident et son pri­mat de l’humain ont eu une inci­dence sur notre per­cep­tion de la parole réduite à la sphère humaine, con­fisquée par cette dernière. L’ouverture de l’esprit aux dimen­sions qui échap­pent à la rai­son se fait sœur d’une expéri­ence de la spir­i­tu­al­ité qui, afin de ne rester murée dans l’indicible, doit se met­tre en quête d’un lan­gage, plus exacte­ment d’une parole qui puisse en ren­dre compte. Éblouis­sant essai sur les divers­es visions de la parole, sur sa nature, son orig­ine, son statut, ses effets, réflex­ions sur les puis­sances, les ressources, les mys­tères qu’elle détient, La parole comme voie spir­ituelle. Dia­logue avec l’Inde nous con­vie à une ren­con­tre avec l’Inde anci­enne. Con­tin­uer la lec­ture

Faire un film, entre maitrise et aventure

Luc DARDENNE, Au dos de nos images III. 2014–2022, Seuil, coll. “La Librairie du XXIe siè­cle”, 2023, 478 p., 24 € / ePub : 16,99 €, ISBN : 978–2‑02–152377

dardenne au dos de nos images IIIAprès ceux parus en 2005 et 2015, voici le troisième vol­ume d’un jour­nal où, très loin du nar­cis­sisme ou de l’anec­do­tique, le cinéaste Luc Dar­d­enne a noté les mul­ti­ples préoc­cu­pa­tions inter­v­enues en cours de tra­vail : réflex­ions et inter­ro­ga­tions sur le scé­nario, le tour­nage ou le mon­tage, longues con­ver­sa­tions avec son frère Jean-Pierre, livres lus, films vision­nés et tableaux regardés, atten­tats islamistes ou racistes, dis­cus­sions avec les cri­tiques ou de sim­ples spec­ta­teurs, etc. Comme dans les deux tomes précé­dents et con­traire­ment à ce qu’on aurait pu crain­dre, le réc­it est pas­sion­nant, même pour un(e) non-spé­cial­iste en ciné­ma : il per­met d’ap­procher de manière con­crète et vivante le très com­plexe proces­sus de la créa­tion, en l’oc­cur­rence la réal­i­sa­tion de trois films : La fille incon­nue, Le jeune Ahmed, Tori et Loki­ta, dont les scé­nar­ios sont inté­grale­ment repro­duits en sec­onde par­tie du vol­ume, après celui du Silence de Lor­na. Ce “jour­nal”, l’au­teur le pré­cise, n’est pour­tant pas un sim­ple compte ren­du de l’ac­com­pli. Les pro­pos échangés entre les deux frères, avec les inces­santes analy­ses et hypothès­es qu’ils véhicu­lent, con­stituent aus­si une sorte de “think tank”, un réser­voir d’idées exploita­bles ultérieure­ment : passé, présent et futur y sont donc étroite­ment intriqués. Con­tin­uer la lec­ture

Sauvagerie, nature et civilisation impitoyable

Alexan­dre GALAND, Del­phine JACQUOT, Sauvage ?, Seuil jeunesse, 2022,
64 p., 20,90 €, ISBN : 9791023514797  

galand jacquot sauvageEn 2018, Alexan­dre Galand (doc­teur en his­toire, en art et en archéolo­gie) et Del­phine Jacquot (illus­tra­trice) nous avaient envoûtés avec Mon­stres et Mer­veilles (Le Seuil jeunesse), une vis­ite dans les cab­i­nets de curiosités à tra­vers le temps. Avec Sauvage ?, le même duo, pas­sion­né d’étrange et d’extravagance, nous emmène loin dans les ques­tion­nements sur l’autre et nos représen­ta­tions de l’altérité.

Extrême­ment bien doc­u­men­tée, Sauvage ? est une ency­clopédie de 64 pages immenses, com­posée de 4 par­ties, le sauvage des légen­des, des « sauvages » pour l’Occident, la nature sauvage, les sauvages masqués. Un immense album jeunesse, un texte-image pour adultes et enfants nous invi­tant à penser l’autre. On y trou­ve les belles illus­tra­tions (les crédits se trou­vent détail­lés à la fin du livre), les mis­es en scène fab­uleuses de Del­phine Jacquot dont on recon­naît le trait. Con­tin­uer la lec­ture

Plongée dans les pensées, du présent et du passé

Un coup de cœur du Car­net

Myr­i­am LEROY, Le mys­tère de la femme sans tête, Seuil, 2023, 285 p., 19,5 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑02–151576‑3

leroy le mystere de la femme sans teteFin 2020, sur la pelouse d’honneur de la Sec­onde Guerre mon­di­ale du cimetière d’Ixelles, Myr­i­am Leroy, jour­nal­iste et écrivaine, décou­vre Mari­na Chafroff, un nom de femme au milieu de prénoms exclu­sive­ment mas­culins. Mais ce qui l’interpelle le plus, c’est le par­ticipe passé qui résume sa fin trag­ique, ce mot qui fait froid dans le dos, jeté sans ménage­ment au vis­age des vis­i­teurs du lieu de mémoire : « DÉCAPITÉE ». Con­tin­uer la lec­ture

Émancipation

Bruno FRERE, Jean-Louis LAVILLE, La fab­rique de l’émancipation. Repenser la cri­tique du cap­i­tal­isme à par­tir des expéri­ences démoc­ra­tiques, écologiques et sol­idaires, Seuil, 2022, 447 p., 20 € / ePub : 17,99 €, ISBN : 978–2‑02–148487‑8

frere laville la fabrique de l emancipationVoici un livre à la fois ardu, son écri­t­ure porte les traces des cours et des travaux uni­ver­si­taires dont il est issu, et surtout pré­cieux, son ampleur nous donne un bilan argu­men­té des théories et des pra­tiques éco­nom­i­co-sociales con­tem­po­raines.

Le titre, La fab­rique de l’émancipation, con­joint de façon qui peut sem­bler étrange deux mots diver­gents : la matéri­al­ité du pre­mier ne s’oppose-t-elle pas à l’idéalité du sec­ond ? Et l’action, au sens poli­tique arend­tien de la capac­ité d’initiative, de com­mence­ment, de « faire naître » une réforme, une insti­tu­tion, une libéra­tion, n’est-elle pas plus ajustée : si l’émancipation est pos­si­ble n’est-ce pas dans l’action, plurielle et respon­s­able ? Con­tin­uer la lec­ture

Geluck, la chance

Philippe GELUCK, Je chem­ine avec… Philippe Geluck, Entre­tien mené par Sophie Lhuil­li­er, Seuil, 2022, 192 p., 13 €, ISBN : 9782021507829

geluck je chemine avec philippe geluckLa col­lec­tion « Je chem­ine avec … » des édi­tions du Seuil a pour ambi­tion déclarée de présen­ter, sous la forme d’un dia­logue avec des per­son­nal­ités, « les étapes qui ont jalon­né leur vie : les ren­con­tres et choix décisifs, les joies ; mais aus­si les moments de doute, les détours, voire les échecs, et de quelle manière elles et ils les ont sur­mon­tés. »

Philippe Geluck s’est prêté au jeu dans ce vol­ume qui lui est con­sacré et qui rem­plit sans y déroger le cahi­er des charges annon­cé. Il évoque avec ten­dresse son enfance dans une famille mod­este, unie, où l’on vivait sim­ple­ment tout en ayant l’essentiel, sans télévi­sion ni voiture, mais où la cul­ture occu­pait une place de choix. Com­mu­nistes affir­més jusqu’à l’envahissement de Prague par l’URSS en 1968, ses par­ents n’ont eu de cesse de l’encourager dans ses choix. Ici, pas de quoi ali­menter le mythe de la prédes­ti­na­tion à une pro­fes­sion don­née : futur diplômé de l’INSAS, il s’est inscrit à des études de comé­di­en alors qu’il avait égale­ment présen­té et réus­si l’épreuve d’admission aux études de met­teur en scène et qu’il sévis­sait déjà bien avant comme dessi­na­teur pub­lié et exposé. Con­tin­uer la lec­ture

Lydia Flem avec les sciences humaines

Lydia FLEM, Bouche bavarde oreille curieuse, Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siè­cle », 2022, 270 p., 22 € / ePub : 15,99 €, ISBN : 978–2‑02–151273‑1

flem bouche bavardeLorsque nous l’avions ren­con­trée à l’occasion de la paru­tion de Paris fan­tasme (Le Car­net et les Instants n°209), Lydia Flem nous avait rap­pelé que même si cela n’apparaissait pas à la majorité de ses lecteurs, les sci­ences humaines avaient été ses « balis­es depuis tou­jours ». En par­al­lèle de sa car­rière d’écrivaine, de psy­ch­an­a­lyste et de pho­tographe, elle a pub­lié de nom­breux arti­cles, entre autres dans Le genre humain, dirigée par Mau­rice Olen­der, égale­ment à la con­duite de la réputée col­lec­tion « La Librairie du XXIe siè­cle », aux édi­tions du Seuil, où elle a pub­lié la qua­si-total­ité de ses livres, dont son inou­bli­able trilo­gie famil­iale (Com­ment j’ai vidé la mai­son de mes par­ents, Let­tres d’amour en héritage et Com­ment je me suis séparée de ma fille et de mon qua­si-fils). Le vol­ume récem­ment paru dans cette même col­lec­tion, Bouche bavarde oreille curieuse, reprend une ving­taine de ces arti­cles pub­liés entre 1982 et 2020. Elle y fait dia­loguer la psy­ch­analyse, l’histoire, l’anthropologie, la lit­téra­ture, le ciné­ma, la pho­togra­phie, l’art, des fig­ures comme son cher Sig­mund Freud, Auguste Rodin, Gia­co­mo Casano­va, des pairs comme Jacques Ran­cière, Michel de Certeau, Alain Fleis­ch­er, Arlette Farge. Con­tin­uer la lec­ture

« C’est quoi, cette histoire de fin du monde ? »

Pablo SERVIGNE et Gau­thi­er CHAPELLE, L’effondrement (et après) expliqué à nos enfants… et à nos par­ents, Seuil, 2022, 192 p., 12 €, ISBN : 978–2‑02–146648‑5

chapelle et servigne l'effondrement et aprèsC’est Lucie, 13 ans, qui s’adresse ain­si à son père. Elle en a marre de pass­er pour une idiote auprès de ses potes à l’école, avec leurs his­toires d’effondrement de (au choix) notre société, notre civil­i­sa­tion, notre planète, la terre entière. Et en plus, elle flippe, ça l’inquiète ce truc qu’on ne parvient pas à cern­er bien claire­ment. C’est si grave que ça, c’est une cat­a­stro­phe prévis­i­ble, ou au con­traire ça peut nous tomber dessus n’importe quand ? Oui, elle sait bien qu’il y a : le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, la mul­ti­pli­ca­tion d’incendies gigan­tesques, la fonte des glaces dans l’Antarctique, les oura­gans, les tor­nades, les inon­da­tions, les réfugiés, les épidémies, les pol­lu­tions, les pénuries et la guerre en Ukraine… Mais est-ce que tout ça tient vrai­ment ensem­ble ? Con­tin­uer la lec­ture

Ce qui scelle les tourments

Un coup de cœur du Car­net

François EMMANUEL, Racon­ter la nuit, Seuil, 2022, 256 p., 19 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 978–2‑02–149348‑1

emmanuel raconter la nuitPierre, le nar­ra­teur, reçoit une let­tre de Vera, une femme qu’il a con­nue étant ado­les­cent, mais c’est le vis­age de sa sœur jumelle Jele­na qui s’impose dès la pre­mière phrase de ce nou­veau roman de François Emmanuel :

Et sans doute l’histoire tiendrait au seul regard de Jele­na, bleu pro­fond, posé sur moi au bord d’une indig­na­tion. Sans doute faudrait-il la repren­dre par le com­mence­ment, cette his­toire, sachant qu’un com­mence­ment n’est jamais qu’une entrée en lumière.  Con­tin­uer la lec­ture

L’OceanSkyLine de la fiction

Un coup de cœur du Car­net

Lau­ra TINARD, J’ai per­du mon roman, Seuil, coll. « Fic­tion & Cie », 2022, 320 p., 19,5 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑02–149402‑0

tinard j ai perdu mon romanLe pre­mier roman de Lau­ra Tinard met en scène Pamela, une jeune artiste évolu­ant dans le milieu alter­na­ti­vo-hipe-arti brux­el­lois.

Au moment où l’histoire com­mence, Pam passe son temps à organ­is­er des fes­ti­vals de per­for­mances au Sana – le squat le plus inter­na­tionale­ment cool de BXL – et vient tout juste d’abandonner ses études en arts plas­tiques pour se plonger corps et âme dans l’écriture d’un roman. Con­tin­uer la lec­ture