Les plus courts sont les meilleurs !

Éric DEJAEGER, Courts, tou­jours ! 150 con­tes élagués, Cac­tus inébran­lable édi­tions, 2015, 89 p., 7€
Sarah et Éric DEJAEGER, Poèmes mignons pour petits capons, Les Car­nets du Dessert de Lune, 2016, 34 p., 8€

Court toujours cover 3Ama­teurs d’aphorismes, ne bougez plus ! Vous êtes au bon endroit. Vous avez trou­vé votre prochaine lec­ture, votre nou­v­el auteur fétiche, peut-être même votre maitre. Mais si vous êtes un adepte du style, l’auteur de Courts, tou­jours ! ne vous est sans doute pas un incon­nu. Tan­tôt poète, tan­tôt romanci­er ou nou­vel­liste, Éric Dejaeger nous rav­it cette fois avec un style aus­si court que pos­si­ble. Et per­cu­tant.

150 con­tes en 89 pages. C’est le pari un peu fou tenu par Dejaeger avec ce recueil paru aux édi­tions Cac­tus inébran­lable à la fin de l’année dernière. On serait ten­té de dire que ça se lit vite et pour­tant méfiez-vous des faux-sem­blants. Car der­rière une appar­ente acces­si­bil­ité se cachent de grandes idées, des réflex­ions sur la vie et le monde. Par­mi ces 150 textes courts – voire par­fois ultra courts – nul doute que vous en trou­verez un pour vous bous­culer. Les mots font mouche, mais plus encore ce qu’ils recè­lent de vérité pro­fonde. Pour­tant, pas de philoso­phie assom­mante à l’horizon, seule­ment du diver­tisse­ment, som­bre à souhait. On réflé­chit, mais à la lueur des cierges. Thanato­phobes, passez votre chemin : ce livre est truf­fé de cadavres, frais ou en devenir. Dejaeger met sa plume au ser­vice d’un humour virant au noir. Et on rit. Pour exem­ple ce con­te cour­tis­sime inti­t­ulé « L’orthopédiste » : « Sen­tant ses affaires péri­cliter, il gar­nit les alen­tours de son mag­a­sin de quelques mines antiper­son­nel. » Pourquoi chercher à faire com­pliqué quand quelques mots suff­isent pour tout dire ? Avis aux auteurs qui mesurent le tal­ent au poids du roman qu’ils auront bien voulu faire par­venir à leur édi­teur fétiche.

Un livre à ne pas met­tre devant les cœurs sen­si­bles et vite heurtés mais à partager sans compter au cours d’un repas entre amis his­toire de diver­tir votre tablée. Ou en famille, si vous avez un mes­sage à faire pass­er.

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A mille lieues de ces con­tes allant du noir obscur au rouge sang, Éric Dejaeger sor­tait en févri­er un petit recueil de Poèmes mignons pour petits capons aux Car­nets du dessert de lune. Illus­tré par la fille de l’auteur, ce (très) petit livre se veut ludique. À tra­vers ces quelques comptines sans pré­ten­tion, Dejaeger, père et fille, diver­tis­sent les petits loulous.

Audrey CHÈVREFEUILLE