André Sempoux s’est éteint

André Sempoux

André Sem­poux

Après plusieurs années de souf­france physique courageuse­ment sup­port­ée, André Sem­poux est mort ce 6 juil­let, âgé de 83 ans. Il était con­nu et estimé à la fois comme spé­cial­iste de la lit­téra­ture ital­i­enne, pro­fesseur, écrivain, essay­iste et cri­tique lit­téraire – mais aus­si pour ses grandes qual­ités humaines.

Après une thèse de doc­tor­at sur la poésie d’Un­garet­ti, il est nom­mé en 1966 à l’U.C.L. où il crée le Cen­tro di Stu­di ital­iani. Élu doyen de Fac­ulté en 1974, il œuvre à la for­ma­tion péd­a­gogique des futurs agrégés, tout en pub­liant cinq livres et une cen­taine d’ar­ti­cles sur la langue et la lit­téra­ture ital­i­ennes, sans oubli­er les let­tres belges. Sa car­rière d’écrivain com­mence en 1970 avec la poésie, mais le réc­it s’y sub­stitue pro­gres­sive­ment à par­tir de 1988, avec entre autres Le dévoreur (roman), Petit Judas (nou­velles), et surtout Torqua­to, l’a­mi d’un autre temps, sou­vent con­sid­éré comme son livre le plus fort. Pro­fondé­ment épris de jus­tice, André accorde en effet grand prix à l’ami­tié. Dès 1958, il se lie et col­la­bore avec le graveur René Car­can, avant de ren­con­tr­er Guy Vaes à l’œu­vre duquel il con­sacr­era deux ouvrages. Une autre proche, la psy­ch­an­a­lyste Ginette Michaux, pub­lie en 2015 à son pro­pos une mono­gra­phie qu’il con­sid­ère comme son tes­ta­ment lit­téraire. De nom­breux témoignages – dont l’ex­po­si­tion aux A.M.L. fin 2016 – don­nent l’im­age d’un homme cul­tivé mais mod­este, sen­si­ble mais atten­tif aux autres, imag­i­natif mais allergique à toute forme d’es­broufe ou de tyran­nie.

Daniel Laroche