Sororité, diversité 1 – Apocalypse 0

Cindy VAN WILDER, Terre de brume II, Le choix des élues, Rageot, 2019, 288 p., 16,90 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 9782700259247

Dans ce deux­ième tome de Brume, Le choix des élues, Héra et Intis­sar pour­suiv­ent leur quête d’une solu­tion pour sauver leur monde entamée dans le Tome 1, Le sanc­tu­aire des Dieux. Héra et Intis­sar pénètrent à présent dans le cœur de la mon­tagne et recherchent les Semeurs qui pour­ront, du moins le pensent-elles, les aider à lut­ter con­tre la Brume tox­ique qui détru­it leur monde. En réal­ité, les Semeurs se trou­vent être une société misog­y­ne et xéno­phobe, société que nos héroïnes affron­teront et qui leur apportera deux alliées pri­mor­diales ren­con­trées lorsqu’elles sont faites pris­on­nières. Ensem­ble, elles chercheront le chemin per­me­t­tant de décou­vrir l’arme capa­ble de vain­cre la brume.


Lire aus­si : notre recen­sion de Terre de brume I, Le sanc­tu­aire des dieux


Ce sec­ond tome démarre tam­bour bat­tant. Nous sommes lit­térale­ment hap­pés par l’intrigue et Cindy Van Wilder n’épargne per­son­ne, ni ses per­son­nages, ni ses lec­tri­ces et lecteurs. L’urgence est pal­pa­ble dès les pre­mières pages. La Brume prend place dans le corps blessé d’Intissar et se révèle plus malé­fique et manip­u­la­trice qu’auparavant. Elle est une des voix de ce livre. Au côté de la voix prin­ci­pale du duo Intis­sar et Héra, on retrou­ve celle d’un con­teur faisant appa­raitre en fil­igrane l’histoire du Dieux du feu Aïs­tos. Un per­son­nage essen­tiel par la suite. Pour finir, on suit Saraï qui apporte une autre voix au périple de nos deux héroïnes.

Cindy Van Wilder nous régale avec le dernier tome de ce dip­tyque. L’écriture est rapi­de et scan­de l’urgence de la sit­u­a­tion, la survie de Mirar est en jeu. On retrou­ve, comme dans cer­tains autres romans de l’autrice, l’idée de magie, mais aus­si la mytholo­gie (celle de Mirar) et le côté post-apoc­a­lyp­tique qui n’est pas sans rap­pel­er l’urgence écologique face à laque­lle nous nous trou­vons nous-mêmes. Le duo Intissar/ Héra est beau : de jeunes femmes fortes, rebelles et prêtes à se faire enten­dre. En plus d’offrir un fab­uleux dip­tyque de fan­ta­sy, la plume de Cindy Van Wilder est aus­si inclu­sive et cela mérite d’être souligné. Ses écrits par­ticipent de la vis­i­bil­ité, de la tolérance, néces­saires aujourd’hui dans nos sociétés pour les minorités cul­turelles et de genre. Cindy Van Wilder par­le donc d’« empow­er­ment » des femmes, d’amours homo­sex­uelles, de trans­gen­res et par le biais de ses romans, sait se faire le reflet de la société telle qu’elle est.

Hélène Théroux