Kusttram KT

Ilyas METTIOUI, Knokke-le-Zoute, Lans­man / Le Rideau, coll. « En direct de la scène », 2024, 56 p., 11 €, ISBN : 978–2‑8071–0414‑3

mettioui knokke le zouteLe rythme du tram, c’est le rythme du réc­it pen­dant lequel Déb­o­rah réflé­chit. À Knokke, après avoir longé toute la côte belge, elle sait qu’elle ouvri­ra l’urne funéraire dans laque­lle se trou­vent les cen­dres du père qu’elle n’a jamais ren­con­tré. Durant une journée, elle dis­cute avec les six per­son­nages aux­quels elle pense, se deman­dant si c’est elle qui écrit son his­toire et com­ment se débat­tre avec ce qui a été fait avant même sa nais­sance, con­ver­sant avec celles qui sont encom­brantes mais qui ont tou­jours été là, avec les ver­sions pos­si­bles de celui qui n’a jamais été présent, avec ceux qui pour­raient à leur tour dis­paraitre. La pièce s’ouvre sur un poème qui par­le d’eau. Il sera dit autant de fois qu’il y a de femmes dans le réc­it. Eau de la mère, eau dans la mer, dis­per­sion du père dans les flots. Sur la route, Déb­o­rah s’adresse à Cécil­ia et à Annette. Elle pense à qui elles sont pour elle et l’une pour l’autre. Elle invente Benoît et Mustapha, elle écoute Habib et David.

Sept per­son­nages, un huitième dans le ven­tre.

Qu’est-ce qui est préférable ? Une vérité douloureuse ou un men­songe bien­veil­lant ?

Qu’est-ce qui nous lie ? La soli­tude ou l’empathie ?

Les répliques fusent dans la tête de la fille qui réflé­chit : descen­dra-t-elle avant Knokke, où pour­ra-t-elle piss­er, le père absent avait-il lui aus­si imag­iné un vis­age à son père absent ?

Quand passe le prochain train ?

Knokke-le-Zoute est le pre­mier volet du dip­tyque Écume d’Ilyas Met­tioui. Écrit et mis en scène en 2022, le texte Knokke-le-Zoute parait en 2024, au moment où le dip­tyque com­plet est joué au Rideau de Brux­elles. La pièce met en présence plusieurs généra­tions, les con­duisant à se situer les unes par rap­port aux autres, à ques­tion­ner le libre arbi­tre, la respon­s­abil­ité, ce qu’on laisse et ce que l’on donne aux suiv­ants. Il s’agit d’un texte fort, à la fois touchant et drôle, qu’on espère voir encore porté à la scène de nom­breuses fois dans le futur avec le sec­ond volet, Hof­s­tade.

Vio­laine Gréant

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