Le cinéaste André Delvaux aurait 100 ans aujourd’hui. Considéré comme l’un des maitres du réalisme magique au cinéma et comme l’un des plus grands réalisateurs belges, il a souvent puisé l’inspiration de ses films dans la littérature.
Né le 21 mars 1926 à Heverlee (Belgique) et mort le 4 octobre 2002 à Valence (Espagne), André Delvaux a laissé une œuvre cinématographique internationalement reconnue, saluée par différents prix. Plusieurs de ses films sont adaptés de livres. Réciproquement son travail a intéressé de nombreux écrivains.
Dans nos archives : un hommage
Ce tropisme littéraire belge explique la place d’André Delvaux dans les colonnes du Carnet et les Instants.
On mentionnera, parmi d’autres, la publication, dans Le Carnet et les Instants n°122 (2002), du discours d’hommage prononcé par Richard Miller, alors ministre de l’Audiovisuel, des Arts et des Lettres, lors des funérailles du cinéaste.
Des adaptations
À côté de deux adaptations de l’auteur flamand Johan Daisne (L’homme au crâne rasé, 1965 et Un soir, un train, 1968) et d’un film tiré d’un texte de Julien Gracq (Rendez-vous à Bray, 1971), André Delvaux s’est intéressé à la littérature belge francophone. Benvenuta, sorti en 1983, est inspiré de La confession anonyme de Suzanne Lilar. L’œuvre au noir, d’après le roman du même nom de Marguerite Yourcenar, est sorti en 1988.

Benvenuta
Réalisation : André Delvaux
Scénario : André Delvaux
Adapté de : La confession anonyme de Suzanne Lilar (Julliard, 1960)
Année : 1983
Interprétation : Fanny Ardant, Vittorio Gassman, Françoise Fabian
Synopsis : À Gand, un jeune scénariste part à la rencontre d’une romancière dont il souhaite adapter un livre. Celui-ci raconte l’amour de Livio et Benvenuta. Entre les deux couples nait un jeu de miroirs.
Dans le prolongement du film
Une réflexion de Jean Tordeur lors du colloque lors du colloque Pour relire Suzanne Lilar, le 11 octobre 1983. L’archive sonore est consultable aux AML :
À l’âge de 82 ans, par la sortie simultanée de La confession anonyme chez Gallimard et du film d’André Delvaux, et qui ouvre à ce livre et donc, à toute l’œuvre un énorme public de lecteurs potentiels, il advient à Suzanne Lilar une renommée qui, fût-elle née française, l’eût consacrée depuis un quart de siècle au moins, comme l’un des premiers écrivains contemporains. Mais précisément elle est née belge, et de surcroit en Flandre. Je dirais que c’est une chance, et qu’une œuvre telle que la sienne ne lui eût pas, sans doute, été inspirée également plus au sud. Dans Une enfance gantoise, elle a dit combien cette diversité culturelle l’avait inscrite dès sa naissance dans cette perception du multiple aux prises avec l’unité qui lui est essentielle

L’œuvre au noir
Réalisation : André Delvaux
Scénario : André Delvaux
Adapté de : L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar (Julliard, 1960)
Année : 1988
Interprétation : Gian Maria Volonté, Sami Frey, Anna Karina
Synopsis : Sous l’Inquisition, un alchimiste revient dans sa ville natale de Bruges. Les visages du passé ressurgissent…
Dans le prolongement du film
En 2020, Françoise Levie réalise un film documentaire Zénon l’insoumis, entre Marguerite Yourcenar et André Delvaux.
Sous le regard des écrivains
Inspiré par la littérature, André Delvaux a aussi inspiré les écrivains. Jacques De Decker lui a ainsi consacré une conférence dans le cadre du Collège Belgique en 2017, André Delvaux : la musique des images.
Cette intervention est disponible en intégralité dans les archives de l’Académie royale de Belgique.
Écrivain et spécialiste du cinéma, Adolphe Nysenholc a consacré, seul ou en cosignature, plusieurs livres à André Delvaux :
- André Delvaux ou les visages de l’imaginaire, Ed. de l’Université. de Bruxelles, 1985
- André Delvaux (une oeuvre, un film. L’Oeuvre au noir d’après Marguerite Yourcenar), avec Laure Borgomano et Daniel Blampain, Editions Labor/Méridiens Klincksieck, Bruxelles/Paris, 1988
- André Delvaux, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1994
- André Delvaux. La magie du réel. Actes du colloque international André Delvaux, dans Degrés, n°119–120, 2004
- André Delvaux ou le réalisme magique, Cerf, 2006
Pour Cinergie, Adolphe Nysenholc a évoqué le travail d’André Delvaux.
Lire André Delvaux
En 2018, les éditions du CEP ont publié, sous la direction de Jean Meurice, Le cinéaste dans la cité. Les notes d’André Delvaux.

