Nathalie NOTTET, Et la vie est à prendre, Weyrich, coll. “Plumes du coq”, 2026, 248 p., 20 €, ISBN : 9782390770077
Après L’envers des pôles (2015) et Le premier accroc (2022), Nathalie Nottet revient avec un nouveau roman déroutant Et la vie est à prendre publié aux éditions Weyrich, dans leur collection « Plumes du coq ».
Un geste déconstruit page après page, des phrases courtes qui analysent les raisons de maux plus profonds qu’un geste… Angèle, la narratrice, fait face aux conséquences du drame qu’elle a provoqué : un coup de trophée sur le crâne de son mari, une mort rapide, laconique. Et puis la longue recherche d’une explication pour elle, un drame décortiqué par les juges, les amis, la famille, sans jamais prendre en compte la réalité d’Angèle et ses véritables raisons.
J’ai frappé. D’un coup de trophée d’un talent de sa jeunesse. Sur le haut du crâne. Alors qu’il se regardait dans le miroir au-dessus du lavabo. Dans l’obsession de ses premiers cheveux blancs.
Au fur et à mesure des phrases courtes et concises, Nathalie Nottet nous dépeint ce drame dans un style direct. À partir d’un fait simple, un meurtre, l’autrice nous permet d’entrer dans la psyché d’une femme au croisement d’une vie, à la recherche d’explications : sur elle, son avenir et son geste.
Et un souffle au cœur qui viendra expliquer. Bien que le souffle soit signe de vie. Bien que le cœur soit un muscle creux. Habitué à être fissuré par les vents de la vie.
Lecteurs, nous sommes emmenés dans les pensées d’Angèle, tentons de la comprendre, non pas pour lui pardonner, mais pour mettre des mots sur une réalité dure : l’isolement d’une femme dans son mariage, un geste de trop comme conséquence d’une longue série de causes. Nathalie Nottet parvient ainsi à écrire un roman profondément féministe : en tuant le mari, elle donne pleinement la voix à la femme, souvent oubliée. En mettant Angèle dans l’action, l’autrice fait fi des traditions qui donneraient normalement la voix aux hommes.
Ok, mais que dire alors des féminicides qui se comptent par gerbes et que l’on enterre sous les silences de lourdes dalles à pierre ? Des femmes à la peau tatouée de bleus.
Avec une voix singulière mais rassembleuse et un crime – mais surtout un drame – narré d’une plume incisive, Nathalie Nottet, elle-même psycho-criminologue, nous offre un coup de force au cœur de la psychologie qui plaira aux amateurs de policier et de littérature générale.
Valère Schacht
Nathalie Nottet à la Foire du livre
Dédicaces :
- Vendredi 27 mars 11h-12h – Stand 305 (Hall 3)
- Vendredi 27 mars 16h-19h — Stand 111 (Gare maritime)
