Carmelo VIRONE, Prendre ses quartiers, Herbe qui tremble, coll. « D’autre part », 2026, 103 p., 16 €, ISBN : 978–2‑488–229173
Carmelo Virone est un poète discret, rare. Avec ce nouveau recueil, Prendre ses quartiers, le troisième depuis 2002, Virone pose ses bagages de bourlingueur littéraire. Qu’ils soient d’hiver ou d’été, il prend ses quartiers dans les territoires de l’enfance, là où la frontière entre mémoire et nostalgie se fait plus poreuse. Au fil du mots, les souvenirs éclosent par bribes. Éclats, pépites qui surgissent comme une surprise découverte, avec émerveillement, dans le creux de l’œuf en chocolat. Un peu de jus de groseille sur les mains, une marelle dessinée sur le pavé ou la toupie que l’enfant rêve de voir tourner indéfiniment, voilà sans doute les remparts contre le temps qui passe.
La toupie
Tourne tourne tourbillonne
L’enfant dans son ciré jaune
Le vent la prend dans ses bras
La joie lui donne des ailes
Peu s’en faut qu’elle s’envole
Entre la vague et le vent
Tant la force la transporte
Du monde immense autour d’elle
Qui s’engouffre dans les pans
De son petit ciré jaune
Du piano des scènes d’enfants de Robert Schumann au « blues des vieux os » qui clôt le recueil, le poète se remémore des morceaux d’existence, petits faits anodins juste en apparence. Car s’ils remontent à la surface, c’est pour mieux être cartographiés, projetés sur une mappemonde imaginaire aux méridiens intimes.
J’ouvre la carte de la ville
Souvent c’est toi qui fais ce geste
J’ai perdu mon chemin
Et te retrouve toi
et ta main qui me montre
vers où nous marcherons […]
Les escales du poète sont géographiques et charnelles, elles déplient pour nous la carte des amitiés perdues, des corps caressés, des villes traversées. Et nous le suivons volontiers, déchiffrant son planisphère comme si nous percevions, dans ces quartiers périphériques, les mêmes axes, les mêmes vallons, les mêmes souvenirs de corps ravalés.
[…]
Un monde entre chaque mot
un nom pour chacun de nos corps
limite de chair et d’os
qui nous relie aux disparus
qui nous désigne et nous prolonge
et le temps fait de notre peau
un palimpseste un parchemin
où s’écrivent nos mues nos histoires
et les mots que nous échangeons.
Rony Demaeseneer
Carmelo Virone à la Foire du livre
Dédicaces :
- Jeudi 26 mars 15h-16h – Stand 337 (Hall 3)
- Jeudi 26 mars 16h-17h – Stand 227 (Hall 2)
- Dimanche 29 mars 11h-14h – Stand 320 (Hall 3)
- Dimanche 29 mars 16h-17h – Stand 337 (Hall 3)
