Carmelo VIRONE, Prendre ses quartiers, Herbe qui tremble, coll. « D’autre part », 2026, 103 p., 16 €, ISBN : 978–2‑488–229173
Carmelo Virone est un poète discret, rare. Avec ce nouveau recueil, Prendre ses quartiers, le troisième depuis 2002, Virone pose ses bagages de bourlingueur littéraire. Qu’ils soient d’hiver ou d’été, il prend ses quartiers dans les territoires de l’enfance, là où la frontière entre mémoire et nostalgie se fait plus poreuse. Au fil du mots, les souvenirs éclosent par bribes. Éclats, pépites qui surgissent comme une surprise découverte, avec émerveillement, dans le creux de l’œuf en chocolat. Un peu de jus de groseille sur les mains, une marelle dessinée sur le pavé ou la toupie que l’enfant rêve de voir tourner indéfiniment, voilà sans doute les remparts contre le temps qui passe. Continuer la lecture







C’est peut-être parce qu’il a été Écrit sous l’eau qu’il donne l’impression d’une lecture-apnée. Chacune des proses composant le recueil de Jacques Richard se présente comme une micro-plongée dans un bain d’étrangeté et de fluidité. L’on y progresse en brasses prudentes et curieuses, avec la sensation de ne pouvoir garder le cap à cause de mouvements ondins surprenants. Le mieux est sans doute de se laisser porter, sans chercher à retenir ni se faire retenir, en acceptant la caresse du flux langagier et le mystère des fonds sous-scripturaux.
André Doms expose ici, de manière décomplexée, une dimension fondamentale de son parcours de vie en tant que poète, lecteur et traducteur : il invite à une exploration de son monde intérieur, de ses valeurs et de sa conception du poème après avoir livré dans
L’œuvre poétique, théâtrale, les romans, les récits, les nouvelles, les essais de Luc Dellisse inscrivent la frontière au nombre de leurs motifs obsédants. Le recueil poétique Tarmacs articule son chant, son rythme et sa forme autour de la question du seuil, des frontières qui, tout à la fois, séparent et ont pour vocation d’être traversées. Les cinquante chants se jouent des frontières du temps (des jeux d’invasion, de passage entre passé et présent), des frontières de l’espace (une première partie convoque New York, la seconde partie le lieu natal), du livre en tant qu’architecture bifide, des frontières de l’amour, du désir, de la vie et de la mort.
Plaisir non dissimulé de retrouver la voix toujours voyageuse et lucide du poète Alain Dantinne avec ce nouveau recueil publié à L’herbe qui tremble. Comme un prolongement 


