Petit manuel de survie en milieu hostile

Sbille Le jour où j'ai cessé d'attendre le vendredi

Le jour où j’ai cessé d’attendre le vendredi

Autrice : Bruno Sbille

Mai­son d’édi­tion : Le cour­ri­er du livre

Année d’édition : 2026

Nom­bre de pages : 306

Prix : 18 €

Livre numérique : 13,99 €

ISBN : 978–2‑7029–3166‑0

Olivi­er est un ingénieur qui réalise une car­rière dans l’informatique et qui vit ce que l’on appelle com­muné­ment « la crise de la quar­an­taine ». Tra­vail­lant avec des col­lègues peu motivés et des clients tou­jours insat­is­faits, il éprou­ve un sen­ti­ment de vide, son tra­vail manque de sens, les journées sont de plus en plus longues. Il a pour­tant con­science d’être un priv­ilégié avec un bon tra­vail et une belle sit­u­a­tion. Il a par ailleurs une femme, deux enfants et tous les qua­tre sont en bonne san­té.

Par hasard, il ren­con­tre à la gare de Brux­elles Car­la, une femme à qui il con­fie ses décon­v­enues et sa honte d’être mal­heureux. Le hasard fait bien les choses, elle pos­sède des con­nais­sances qu’il n’a pas et lui pro­pose de l’aider à mieux com­pren­dre le monde du tra­vail, mais aus­si de lui don­ner des out­ils pour y évoluer plus sere­ine­ment.

Après une légère hési­ta­tion, Olivi­er se lance dans ces séances d’accompagnement avec cette incon­nue qui lui apprend par exem­ple les courants qui régis­sent le monde du tra­vail (les théories X et Y) et les dif­férents types de fonc­tion­nement des organ­i­sa­tions (la bureau­cratie, l’arène poli­tique, le cap­i­tal­isme…). Ils se don­nent à chaque fois ren­dez-vous dans un endroit dif­férent à Brux­elles, où elle lui enseigne les bonnes pra­tiques pour désamorcer les con­flits avec ses col­lègues et les straté­gies pour obtenir ce qu’il désire.

En entre­prise, l’information est un pou­voir, c’est pour ça qu’elle est par­fois si dif­fi­cile­ment acces­si­ble. L’informel, c’est la meilleure manière de glan­er des infor­ma­tions. Ça peut être aus­si un excel­lent moyen de com­mu­ni­quer avec ta hiérar­chie. Les réu­nions, les comités de pilotage, les présen­ta­tions offi­cielles, c’est telle­ment formel que cha­cun pèse ses mots. On ne veut pas per­dre la face, surtout s’il y a des hauts gradés présents. Qui va oser dire « Je n’ai pas com­pris » dans une réu­nion de vingt per­son­nes où tous les directeurs généraux sont présents ?

Olivi­er apprend peu à peu à observ­er le monde autour de lui avec plus de nuances, il se remet en ques­tion et des change­ments salu­taires dans sa vie pro­fes­sion­nelle (mais aus­si privée) ne tar­dent pas à appa­raitre. Il reprend les com­man­des de sa vie et s’adapte en fonc­tion des tur­bu­lences qui émer­gent…

Le jour où j’ai cessé d’attendre le ven­dre­di est un roman ini­ti­a­tique dans le monde du tra­vail écrit en chapitres courts dans un style expli­catif. Pour Bruno Sbille, l’histoire sem­ble en réal­ité un pré­texte pour dévelop­per des con­cepts de man­age­ment qui lui sont chers (comme les critères de moti­va­tion d’un tra­vailleur, le com­plexe de l’imposteur…) et don­ner des con­seils pour être un tra­vailleur plus heureux (par exem­ple, com­ment réa­gir face à un manip­u­la­teur ou un retar­dataire lors d’une réu­nion). Les con­cepts évo­qués dans le roman sont d’ailleurs soulignés en gras et réex­pliqués dans un lex­ique en fin d’ouvrage. Même si la part belle est don­née aux expli­ca­tions sur le fonc­tion­nement du monde du tra­vail, le réc­it est léger grâce aux notes d’humour du héros qui ne se prend pas au sérieux.

J’entrai à la cui­sine et embras­sai ma fille Luna. Elle s’arrêta de col­o­ri­er et me ten­dit son dessin :
- T’en pens­es quoi, Papa ?
Je regar­dai son œuvre qui oscil­lait entre l’impressionnisme d’un Mon­et et le cahi­er de dessin d’un ser­i­al killer.
- C’est très joli, ma chérie, me dis­ant que si elle mon­trait ce dessin à un con­seiller d’orientation, on nous enver­rait directe­ment les ser­vices soci­aux.

Bruno Sbille est le coau­teur du livre à suc­cès À la décou­verte des familles d’âmes. Il signe ici son pre­mier roman.

Séver­ine Radoux