
Olivier est un ingénieur qui réalise une carrière dans l’informatique et qui vit ce que l’on appelle communément « la crise de la quarantaine ». Travaillant avec des collègues peu motivés et des clients toujours insatisfaits, il éprouve un sentiment de vide, son travail manque de sens, les journées sont de plus en plus longues. Il a pourtant conscience d’être un privilégié avec un bon travail et une belle situation. Il a par ailleurs une femme, deux enfants et tous les quatre sont en bonne santé.
Par hasard, il rencontre à la gare de Bruxelles Carla, une femme à qui il confie ses déconvenues et sa honte d’être malheureux. Le hasard fait bien les choses, elle possède des connaissances qu’il n’a pas et lui propose de l’aider à mieux comprendre le monde du travail, mais aussi de lui donner des outils pour y évoluer plus sereinement.
Après une légère hésitation, Olivier se lance dans ces séances d’accompagnement avec cette inconnue qui lui apprend par exemple les courants qui régissent le monde du travail (les théories X et Y) et les différents types de fonctionnement des organisations (la bureaucratie, l’arène politique, le capitalisme…). Ils se donnent à chaque fois rendez-vous dans un endroit différent à Bruxelles, où elle lui enseigne les bonnes pratiques pour désamorcer les conflits avec ses collègues et les stratégies pour obtenir ce qu’il désire.
En entreprise, l’information est un pouvoir, c’est pour ça qu’elle est parfois si difficilement accessible. L’informel, c’est la meilleure manière de glaner des informations. Ça peut être aussi un excellent moyen de communiquer avec ta hiérarchie. Les réunions, les comités de pilotage, les présentations officielles, c’est tellement formel que chacun pèse ses mots. On ne veut pas perdre la face, surtout s’il y a des hauts gradés présents. Qui va oser dire « Je n’ai pas compris » dans une réunion de vingt personnes où tous les directeurs généraux sont présents ?
Olivier apprend peu à peu à observer le monde autour de lui avec plus de nuances, il se remet en question et des changements salutaires dans sa vie professionnelle (mais aussi privée) ne tardent pas à apparaitre. Il reprend les commandes de sa vie et s’adapte en fonction des turbulences qui émergent…
Le jour où j’ai cessé d’attendre le vendredi est un roman initiatique dans le monde du travail écrit en chapitres courts dans un style explicatif. Pour Bruno Sbille, l’histoire semble en réalité un prétexte pour développer des concepts de management qui lui sont chers (comme les critères de motivation d’un travailleur, le complexe de l’imposteur…) et donner des conseils pour être un travailleur plus heureux (par exemple, comment réagir face à un manipulateur ou un retardataire lors d’une réunion). Les concepts évoqués dans le roman sont d’ailleurs soulignés en gras et réexpliqués dans un lexique en fin d’ouvrage. Même si la part belle est donnée aux explications sur le fonctionnement du monde du travail, le récit est léger grâce aux notes d’humour du héros qui ne se prend pas au sérieux.
J’entrai à la cuisine et embrassai ma fille Luna. Elle s’arrêta de colorier et me tendit son dessin :
- T’en penses quoi, Papa ?
Je regardai son œuvre qui oscillait entre l’impressionnisme d’un Monet et le cahier de dessin d’un serial killer.
- C’est très joli, ma chérie, me disant que si elle montrait ce dessin à un conseiller d’orientation, on nous enverrait directement les services sociaux.
Bruno Sbille est le coauteur du livre à succès À la découverte des familles d’âmes. Il signe ici son premier roman.
Séverine Radoux