Bernard CAPRASSE, Le testament inattendu, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 2024, 290 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874899294
Dans Le cahier orange, Bernard Caprasse nous avait conté les désastres de la seconde guerre mondiale dans un village ardennais et, surtout, les traces profondes laissées par les trahisons entre collaborateurs et résistants. Avec Le testament inattendu, il reprend le fil de la narration suspendue non sans avoir donné aux lecteurs les éléments leur permettant de (re)prendre leurs repères, les deux volumes pouvant se lire de façon indépendante. Une fois le préliminaire posé, le récit débute en Ukraine, aux côtés de Jean d’Autremont, un jeune Ardennais qui s’est engagé dans la Légion Wallonie, ce bataillon levé par le rexiste Léon Degrelle pour contribuer, aux côtés des troupes nazies, à combattre le communisme. Il y perdra la vie dans des conditions atroces, non sans avoir aimé Olena, une jeune femme attachée aux soins des soldats et dont la trace a été perdue sans qu’elle ait pu lui dire qu’elle portait un enfant du jeune Belge. Continuer la lecture

La guerre 40–45 est sans aucun doute un ferment narratif qui ne cesse de nourrir la littérature en général et celle des auteurs belges francophones en particulier. Les conflits armés bousculent l’ordre de choses, suspendent le cours des activités habituelles, séparent les familles, déplacent les personnes et créent un espace-temps propice au repositionnement des personnes. Ils permettent des règlements de compte en sous-main, rebattent les cartes relationnelles et sentimentales, remplissent les boîtes à souvenirs de douleurs, de deuils, de privations, de rancoeurs, mais aussi de joies intenses liées aux retrouvailles, au retour de la paix, à la libération.