Céline PIETERS et Celia DUCAJU, Interlude, Dargaud, 2024, 104 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782505122746
Tout droit inspiré de ce qui pourrait sembler un conte poétique, Interlude retrace pourtant une histoire inspirée de faits réels se déroulant pendant la Seconde guerre mondiale. Depuis 1941, l’armée américaine est entrée en guerre contre les forces de l’Axe. Les combats sont longs et les hommes tentent de garder l’espoir coûte que coûte. L’usine de piano Steinway participe, comme toutes les autres entreprises, à l’effort de guerre. Restrictions sur le fer, le cuivre et le laiton obligent, l’usine est réaffectée à la construction des ailes, queues et autres pièces d’avion. Pourtant dès la fin de l’année, Théodore Steinway, président de la société, reçoit une demande du War Production Board pour des pianos militaires robustes, il est temps pour l’armée de relancer le moral des troupes. Continuer la lecture


Archiviste et spécialisé dans la préservation du patrimoine industriel, le Carolo Christian Joosten oriente aujourd’hui sa plume vers le roman policier. Du reste, la mention « une enquête de Guillaume Lavallée », laisse présager que l’auteur et son personnage n’en resteront pas là. Tant mieux parce que la façon dont ils abordent le genre échappe au schéma de l’enquête traditionnelle avec l’enchaînement d’indices et l’affrontement manichéen entre criminels et enquêteurs ou entre le bien et le mal, cela au bénéfice du travail en pleine pâte humaine.
“La route était taillée d’un seul jet dans la toison broussailleuse du plateau, jusqu’à la limite du ciel où elle s’amincissait en une courroie étroite. À ras du sol, le vent soulevait un peu de poussière comme un chien de chasse qui bourre un lapin ; des nuages lourds de pluie fuyaient dans la même direction, vers le haut pays, si bien que le ciel et la route semblaient glisser d’une même poussée par-dessus la lande immobile. Un appel d’oiseau, trois notes brèves et inquiètes, s’éleva d’un bouquet de prunelliers.”
Dans l’œuvre d’Antoine Wauters, l’enfance s’avance comme un pays que l’on retrouve par l’écriture. Terreau magique, univers qu’on porte en soi, entre l’écho de sa perte et la musique de sa persistance, l’enfance en vient à se confondre avec la fiction. L’une et l’autre construisent un monde imaginaire, peuplé de doubles, de prolongements, d’avatars de soi. L’une et l’autre se tiennent à l’écart de la société, de ses lois, de sa logique, de ses contraintes. Éblouissant caillou textuel forgé par un frère du Petit Poucet, L’enfant des ravines (deuxième bookleg d’Antoine Wauters, après Debout sur la langue) déplie une jeunesse dans un village des Ardennes, un monde de jeux, d’odeurs, de sensations qui constitue le lieu mental, organique à partir duquel l’écriture surgit. « J’ai vécu jusqu’à mes dix-huit ans dans un petit village d’Ardenne où mon imagination se trouve, encore aujourd’hui. Que je le veuille ou non, tout ce que j’écris vient de là ».
Dans sa collection joliment nommée Regains, qui remet en lumière des textes publiés naguère et quelque peu oubliés, l’éditeur Weyrich a choisi d’inscrire le roman de Nelly Kristink Le renard à l’anneau d’or. Le titre sans doute le plus connu en son temps de la romancière, nouvelliste et auteur de récits pour la jeunesse, lauréat du prix Rossel en 1948, sur manuscrit.
L’histoire se passe en quatre jours, du jeudi 17 au dimanche 20 mars 2005. Quatre jours qui scandent les quatre parties du nouveau roman d’Armel Job, En son absence. L’absente, c’est Bénédicte, une adolescente qui vit en Ardenne, à Montange, et qui se volatilise mystérieusement le 17 mars au matin. Enlèvement ? Fugue ? Meurtre ? Les hypothèses fusent ; les policiers enquêtent ; la famille s’interroge et accuse. Plusieurs villageois sont soupçonnés ; on leur trouve soudain un air de coupables plausibles, un mobile ; on découvre qu’ils dissimulent une partie de la vérité, qu’ils auraient peut-être croisé la route de Bénédicte ce matin-là.
Tour à tour agent territorial au Ruanda-Urundi, grand reporter, directeur de la branche belge des éditions Didier-Hatier, Omer Marchal, né à Ochamps, en Haute-Lesse, en 1936, a passé de longues années à pérégriner loin de son Ardenne natale, avant de rejoindre Villance, le hameau familial, pour y créer une maison d’édition dédiée à célébrer la région de son enfance.
On ne présente plus Armel Job, en tout cas comme maître du genre romanesque. Il restait à le découvrir en orfèvre de la nouvelle, et voici que les Éditions Weyrich nous en offrent l’opportunité, en publiant ces Sept histoires pas très catholiques. 