Archives par étiquette : Ardenne

Les pianos de la guerre

Céline PIETERS et Celia DUCAJU, Inter­lude, Dar­gaud, 2024, 104 p., 21 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782505122746

pieters ducaju interludeTout droit inspiré de ce qui pour­rait sem­bler un con­te poé­tique, Inter­lude retrace pour­tant une his­toire inspirée de faits réels se déroulant pen­dant la Sec­onde guerre mon­di­ale. Depuis 1941, l’ar­mée améri­caine est entrée en guerre con­tre les forces de l’Axe. Les com­bats sont longs et les hommes ten­tent de garder l’e­spoir coûte que coûte. L’u­sine de piano Stein­way par­ticipe, comme toutes les autres entre­pris­es, à l’ef­fort de guerre. Restric­tions sur le fer, le cuiv­re et le laiton oblig­ent, l’u­sine est réaf­fec­tée à la con­struc­tion des ailes, queues et autres pièces d’avion. Pour­tant dès la fin de l’an­née, Théodore Stein­way, prési­dent de la société, reçoit une demande du War Pro­duc­tion Board pour des pianos mil­i­taires robustes, il est temps pour l’ar­mée de relancer le moral des troupes. Con­tin­uer la lec­ture

À la trouble fontaine

Line ALEXANDRE, La prophétie des nains, Weyrich, coll. « Noir cor­beau », 2022, 260 p., 19 €, ISBN : 9782874897245

alexandre la prophétie des nainsÀ nous per­me­t­tre de retrou­ver des per­son­nages de roman en roman, les auteurs nous les ren­dent fam­i­liers, attachants, et créent une forme de con­ti­nu­ité par-delà les con­textes les plus var­iés. Dans L’enclos de fusil­lés, Line Alexan­dre nous avait mis en présence de la juge Wern­er et de l’inspecteur Evariste Joris que nous retrou­vons ici avec plaisir. Ils sont à présent appelés dans un petit vil­lage de l’Ardenne belge où l’on vient de retrou­ver le cadavre d’une jeune femme noyé dans une fontaine. Mais rien ne per­met de lui attribuer une iden­tité et aucun indice n’apparaît d’emblée. Con­tin­uer la lec­ture

Imaginer, raconter, méditer

Bernard CAPRASSE, La dérive des sen­ti­ments, Weyrich, coll. « Plumes du Coq », 2022, 400 p., 18 € / ePub : 13,99 €, ISBN : 9782874896910

caprasse la derive des sentiments« La mort de Bar­bara fut un écroule­ment. Elle enténébra le cœur du cheva­lier, ombra son esprit, fis­sura son âme. »

Le livre de Bernard Caprasse, La dérive des sen­ti­ments, s’ouvre trag­ique­ment. L’épouse du cheva­lier Jean de Ster­pigny meurt en met­tant au monde l’enfant qu’ils attendaient avec une fer­veur heureuse.

La petite Héloïse est d’abord rejetée par son père, muré dans sa douleur. Mais, au fil du temps, elle se rap­proche de lui. Une affec­tion com­plice se noue entre Jean de Ster­pigny, qui se définit ironique­ment comme « un hobereau rivé à ses ter­res », un vaste domaine arden­nais entourant un manoir, et sa fille, née avec un pied bot qui ne l’empêche pas d’être agile et ne la tour­mentera que plus tard, sous le regard des autres : à l’école où ses condis­ci­ples la surnom­ment « boit­il­lon » ; au bal, où les danseurs se font rares. Con­tin­uer la lec­ture

Crimes en Ardenne

Chris­t­ian JOOSTEN, Le roi de la forêt, Weyrich, coll. « Noir Cor­beau », 2020, 212 p., 17 €, ISBN : 978–2—87489–615‑6

joosten le roi de la foretArchiviste et spé­cial­isé dans la préser­va­tion du pat­ri­moine indus­triel, le Car­o­lo Chris­t­ian Joost­en ori­ente aujourd’hui sa plume vers le roman polici­er. Du reste, la men­tion « une enquête de Guil­laume Laval­lée », laisse présager que l’auteur et son per­son­nage n’en res­teront pas là. Tant mieux parce que la façon dont ils abor­dent le genre échappe au sché­ma de l’enquête tra­di­tion­nelle avec l’enchaînement d’indices et l’affrontement manichéen entre crim­inels et enquê­teurs ou entre le bien et le mal, cela au béné­fice du tra­vail en pleine pâte humaine. Con­tin­uer la lec­ture

Le secret de l’étang

Nel­ly KRISTINK, Le Beau­caron, coll. « Femmes de let­tres oubliées », Névrosée, 2019, 246 p., 16 €

“La route était tail­lée d’un seul jet dans la toi­son brous­sailleuse du plateau, jusqu’à la lim­ite du ciel où elle s’amincissait en une cour­roie étroite. À ras du sol, le vent soule­vait un peu de pous­sière comme un chien de chas­se qui bourre un lapin ; des nuages lourds de pluie fuyaient dans la même direc­tion, vers le haut pays, si bien que le ciel et la route sem­blaient gliss­er d’une même poussée par-dessus la lande immo­bile. Un appel d’oiseau, trois notes brèves et inquiètes, s’éleva d’un bou­quet de prunel­liers.”

Sur cette route, qui ouvre Le Beau­caron de la roman­cière et con­teuse Nel­ly Kristink (1911–1995), née à Brux­elles mais insé­para­ble de la terre arden­naise, un jeune homme roule à vélo, soli­taire. Con­tin­uer la lec­ture

Antoine Wauters. L’écriture et les paysages de l’enfance

Antoine WAUTERS, L’enfant des ravines, Mael­ström, coll. « Book­leg », 2019, 40 p., 3 €, ISBN : 978–2‑87505–332‑9

Dans l’œuvre d’Antoine Wauters, l’enfance s’avance comme un pays que l’on retrou­ve par l’écriture. Ter­reau mag­ique, univers qu’on porte en soi, entre l’écho de sa perte et la musique de sa per­sis­tance, l’enfance en vient à se con­fon­dre avec la fic­tion. L’une et l’autre con­stru­isent un monde imag­i­naire, peu­plé de dou­bles, de pro­longe­ments, d’avatars de soi. L’une et l’autre se tien­nent à l’écart de la société, de ses lois, de sa logique, de ses con­traintes. Éblouis­sant cail­lou textuel forgé par un frère du Petit Poucet, L’enfant des ravines (deux­ième book­leg d’Antoine Wauters, après Debout sur la langue) déplie une jeunesse dans un vil­lage des Ardennes, un monde de jeux, d’odeurs, de sen­sa­tions qui con­stitue le lieu men­tal, organique à par­tir duquel l’écriture sur­git. « J’ai vécu jusqu’à mes dix-huit ans dans un petit vil­lage d’Ardenne où mon imag­i­na­tion se trou­ve, encore aujourd’hui. Que je le veuille ou non, tout ce que j’écris vient de là ». Con­tin­uer la lec­ture

Un roman aux senteurs d’Ardenne

Nel­ly KRISTINK, Le renard à l’anneau d’or, 2017, Weyrich, coll. « Regains », 2017, 232 p., 13 €, ISBN : 978–2‑87489–449‑7

kristink le renard a l anneau d or.pngDans sa col­lec­tion joli­ment nom­mée Regains, qui remet en lumière des textes pub­liés naguère et quelque peu oubliés, l’éditeur Weyrich a choisi d’inscrire le roman de Nel­ly Kristink Le renard à l’anneau d’or. Le titre sans doute le plus con­nu en son temps de la roman­cière, nou­vel­liste et auteur de réc­its pour la jeunesse, lau­réat du prix Rossel en 1948, sur man­u­scrit. Con­tin­uer la lec­ture

Drame en quatre actes

Armel JOB, En son absence, Robert Laf­font, 2017, 310 p., 19.50 €/ePub : 12.99 €, ISBN : 2–221-19830–1

job en son absenceL’histoire se passe en qua­tre jours, du jeu­di 17 au dimanche 20 mars 2005. Qua­tre jours qui scan­dent les qua­tre par­ties du nou­veau roman d’Armel Job, En son absence. L’absente, c’est Béné­dicte, une ado­les­cente qui vit en Ardenne, à Mon­tange, et qui se volatilise mys­térieuse­ment le 17 mars au matin. Enlève­ment ? Fugue ? Meurtre ? Les hypothès­es fusent ; les policiers enquê­tent ; la famille s’interroge et accuse. Plusieurs vil­la­geois sont soupçon­nés ; on leur trou­ve soudain un air de coupables plau­si­bles, un mobile ; on décou­vre qu’ils dis­simu­lent une par­tie de la vérité, qu’ils auraient peut-être croisé la route de Béné­dicte ce matin-là. Con­tin­uer la lec­ture

Une enfance ardennaise en Haute-Lesse

Omer MARCHAL, Au pays de mon père, Weyrich, coll. « Regains », 2016, 272 p., 13€   ISBN : 9782874893988

marchal-omerTour à tour agent ter­ri­to­r­i­al au Ruan­da-Urun­di, grand reporter, directeur de la branche belge des édi­tions Didi­er-Hati­er, Omer Mar­chal, né à Ochamps, en Haute-Lesse, en 1936, a passé de longues années à péré­griner loin de son Ardenne natale, avant de rejoin­dre Vil­lance, le hameau famil­ial, pour y créer une mai­son d’édition dédiée à célébr­er la région de son enfance.

En 1990, il pub­lie Au pays de mon père, un livre de sou­venirs famil­i­aux que les édi­tions Weyrich vien­nent de rééditer dans leur nou­velle col­lec­tion « Regains », don­nant une nou­velle vie à des ouvrages « pra­tique­ment oubliés, mais qui restent dignes d’intérêt ». Con­tin­uer la lec­ture

Armel Job, au-delà de l’obscurité

Armel JOB, Sept his­toires pas très catholiques, Weyrich, coll. « Plumes du coq », 137 p., 14 €   ISBN: 9782874893834

jobOn ne présente plus Armel Job, en tout cas comme maître du genre romanesque. Il restait à le décou­vrir en orfèvre de la nou­velle, et voici que les Édi­tions Weyrich nous en offrent l’opportunité, en pub­liant ces Sept his­toires pas très catholiques. Con­tin­uer la lec­ture

Le bénéfice du doute

Un coup de coeur du Carnet

Armel JOB, Et je serai tou­jours avec toi, Robert Laf­font, 2016, 301p., 19 € / ePub : 12.99 €

couvertureArmel Job est décidé­ment un chroniqueur hors pair des pas­sions vil­la­geois­es. Au fil de sa pro­duc­tion romanesque, forte déjà d’une petite ving­taine de titres, il a imposé une mar­que lit­téraire claire­ment iden­ti­fi­able qui a con­va­in­cu de nom­breux lecteurs et dont la con­stance et la qual­ité imposent le respect. Avec lui, la nar­ra­tion se con­stru­it volon­tiers en alter­nant les réc­its croisés livrés par quelques pro­tag­o­nistes. His­toire d’affirmer d’emblée que la vérité des faits est à chercher dans la com­plex­ité avec la démarche hum­ble de ceux qui se méfient des apparences et cul­tivent volon­tiers le doute. Si cette quête s’impose comme une néces­sité, c’est le plus sou­vent autour d’un mys­tère à élu­cider qui con­stitue l’enjeu cen­tral de la nar­ra­tion. Une affaire de pas­sion, d’ordinaire com­binée à l’un ou l’autre meurtre, con­stitue le nœud du réc­it et le dénoue­ment pro­gres­sif des fils de l’intrigue réserve de belles sur­pris­es, his­toire de pren­dre les évi­dences – sou­vent fondées sur les préjugés – à revers. Con­tin­uer la lec­ture

Retour aux sources

Amélie NOTHOMB, Le crime du comte Neville, Paris, Albin Michel, 2015, 134 p., 15 €/ ePub : 10.99 €

JAQ_RL_130x200Les romans d’Amélie Nothomb four­mil­lent de références lit­téraires. Celui qu’elle livre pour cette ren­trée 2015 ne fait pas excep­tion à la règle. Du titre à l’intrigue, Le crime du comte Neville peut en effet se lire comme un clin d’œil à Oscar Wilde et à sa nou­velle Le crime de lord Arthur Sav­ile. Con­tin­uer la lec­ture