Didier POITEAUX, Fast [Peut-on se réapproprier ses désirs dans une société de consommation ?], Lansman, 2024, 44 p., 11 €, ISBN : 9782807104211
Comme disait Georges Perec, la société de consommation nous aliène, « toutes ces choses [que nous consommons] ne sont là que pour entretenir une espèce de frénésie, de vertige, d’hypnose ». Nos désirs sont-ils réels ou sont-ils conçus de toutes pièces pour nous amener à consommer plus ? Dans Fast, Didier Poiteaux aborde le vaste sujet de la fast fashion – mode de production de l’industrie textile qui consiste à produire toujours plus à des prix toujours plus bas – et part de cette question : peut-on se réapproprier ses désirs dans une société de consommation ? Continuer la lecture
On peut n’avoir jamais connu l’odeur d’une tranche de pain brûlé noir de chez noir (parce que sur l’antique grille-pain de vos arrière-grands-parents encore utilisé, les tranches ne sautent pas, il faut les retirer à temps), et ignorer le nom de Lautréamont (« Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie », citation iconique chérie des surréalistes), et néanmoins, se plonger avec curiosité dans ce livre qui évoque l’archéologie, l’usage et les normes qui régissent une grande partie des objets – et notre vie quotidienne.
Car bon. Ne nous leurrons pas. C’est bien d’une guerre dont parle Alain Adriaens, ce biochimiste, généticien, porte-parole du mouvement politique des objecteurs de croissance. C’est bien d’une guerre dont nous parle cet ancien écologue scientifique qui, tout à coup, fait dans l’histoire, dans l’essai historique de vulgarisation. D’une guerre larvée. Actuelle mais aussi vieille que le monde, comme on dit. D’une guerre qui a eu cours dans le passé mais a donc cours aujourd’hui. Sous nos yeux. Dans les médias. Dans nos esprits. Pas d’une guerre aux allures spectaculaires.