Archives par étiquette : Couleur livres

Partager les mots, partager l’enfance

Béa­trice LIBERT et Nan­cy PIERRET, Dans les bras du monde, Couleur livres, coll. « Couleur jeunesse », 2025, 16 €, ISBN : 978–2‑87003–967‑0

libert dans les bras du mondeÀ l’orée de la vie, le monde ouvrait les bras et l’horizon avait la fan­taisie pour seul nuage. Alors, le temps était une musique longue et lente et soudain bondis­sante sans besoin de rai­son.

La musique ce matin,
Joli bond de sauterelle
Habi­tant tout l’espace,
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Pour une vie juste et contre les guerres

Ric­car­do PETRELLA, Let­tre aux enfants et aux petits-enfants, suivi de Pour le refus inté­gral de la guerre, Couleur livres, coll. « Libret­to », 2025, 77 p., 9 €, ISBN : 9782870039533

petrella lettres aux enfants et aux petits enfantsDepuis des années, Ric­car­do Petrel­la milite, dans les cours qu’il dis­pense et dans ses mul­ti­ples engage­ments, pour plus de jus­tice sociale, plus d’égalité, la préser­va­tion de l’environnement et en par­ti­c­uli­er de l’eau, bien com­mun uni­versel, dans nos pays indus­tri­al­isés mais aus­si entre nos pays rich­es et ceux dont les ressources sont pil­lées et par­tent ailleurs. Dix ans après Au nom de l’humanité (déjà chez Couleur livres), il veut trans­met­tre dans cette Let­tre aux enfants et aux petits-enfants, un héritage intel­lectuel et éthique sans renon­cer à ses com­bats, rai­son pour laque­lle il fait suiv­re cet acte de foi d’un plaidoy­er Pour le refus inté­gral de la guerre. Et il insiste sur le mot inté­gral à une époque où les va‑t’en guerre occu­pent le devant la scène. Con­tin­uer la lec­ture

Les enjeux vitaux de la biodiversité

Un coup de cœur du Car­net

Marc SCHMITZ (coor­di­na­tion), Le souf­fleur de feuilles. La bio­di­ver­sité n’est pas un luxe, elle est vitale, Pré­face de Vin­ciane Despret, Couleur livres, 2022, 128 p., 12 €, ISBN : 9782870039342

collectif le souffleur de feuillesC’est à par­tir d’un lieu bien pré­cis, de la réserve naturelle du Kin­sendael située dans le sud de Brux­elles que l’ouvrage col­lec­tif Le souf­fleur de feuilles. La bio­di­ver­sité n’est pas un luxe, elle est vitale inter­roge les ressources con­ceptuelles et les scé­nar­ios à met­tre en œuvre sur le ter­rain afin de fab­ri­quer « des mon­des encore hab­it­a­bles » (Vin­ciane Despret) où se nouent des liens har­monieux entre humains et non-humains. Com­posé d’acteurs issus de divers­es dis­ci­plines, un col­lec­tif de con­tribu­teurs (Isabelle Stengers, Serge Gutwirth, Vin­ciane Despret qui signe la pré­face, Marc Schmitz qui coor­donne l’ouvrage, Mar­tine De Beck­er, Thérèse Verteneuil, Benoît Dumont, Olivi­er De Schut­ter, Jean-Claude Gré­goire, Paul De Gob­ert, Amau­ry Van­laer) s’empare des ques­tions des ter­ri­toires de vie où se déploient des mon­des sauvages, semi-sauvages, de l’érosion cat­a­strophique de la bio­di­ver­sité, de la frag­men­ta­tion de l’habitat, de la spa­tio­phagie, de l’urbanisation galopante qui men­a­cent la survie d’innombrables espèces ani­males et végé­tales pour penser un change­ment de par­a­digme qui en passe par le local. Con­tin­uer la lec­ture

Décès de l’éditeur Pierre Bertrand

pierre bertrand

Nous apprenons le décès de l’édi­teur Pierre Bertrand. Con­tin­uer la lec­ture

« Momentanément absent »

Olivi­er TERWAGNE, Momen­tané­ment absent. Réc­its d’un temps volatile, Traverse/Couleur livres, coll. « Caram­bole », 2021, 110 p., 10 €, ISBN : 978–2‑930783–37‑6

terwagne momentanément absent« il pleu­vait des ficelles, les cordes étaient en rup­ture de stock… / le voy­age com­mençait sur des cha­peaux de roues crevées… / je demande au tax­i­man de sélec­tion­ner “ailleurs” dans le gps ; option “tra­jet le plus long”, télé­phone en mode “avion” ». C’est ain­si qu’Olivier Ter­wagne se rend Momen­tané­ment absent, et prend la tan­gente des (jeux de) mots, assume le par­ti de queuede­pois­son­ner la syn­taxe, tra­verse les chemins des sonorités et des échos. Bien que par­lant le mort, le nord, le morse, le russe, l’absence, lap­sus, muet, sous-titre et silence, c’est dans un français entor­tillé de lib­ertés qu’il s’exprime. Au fil de ses cinquante-cinq Réc­its d’un temps volatile, sa langue s’alambique et s’aplatit, se décline en vers et se libère en pros­es (et le con­traire), se charge de références mul­ti­ples (his­toriques, lit­téraires, musi­cales, socié­tales, etc.) et s’affranchit de toute logique d’attente : « après avoir joué sur le [sic] mots, nous avons joué sur les let­tres elle l’a eue dans la… tes hi tes hi ahhh chan­tait Gains­bourg pour Laeti­tia amour ne prend qu’un M faute de frappe on écrit N pour M je jouerai désor­mais sur les tex­tos, les sex­tos… A + le plus est une croix chante Bio­lay S M S Sado Maso Schisme ? Je prends ton M en sand­wich et j’en reviens au déje­uner sur l’herbe ». Con­tin­uer la lec­ture

L’éthique de Spinoza

Pierre ANSAY, Le cœur de Spin­oza : vivre sans haine, Couleur livres, 2020, 320 p., 19 €, ISBN : 978–2‑87003–902‑1

Philosophe, auteur d’ouvrages sur Spin­oza (Nos devenirs spin­oziens, frater­nels et anar­chistes, Spin­oza au ras de nos pâquerettes), sur Deleuze (36 out­ils con­ceptuels de Gilles Deleuze pour mieux com­pren­dre le monde et agir en lui), co-auteur de Penser la ville avec R. Schoonbrodt, Pierre Ansay livre un essai qui, dépli­ant la ques­tion des affects, de la physique des pas­sions, de la gou­ver­nance de soi dans la philoso­phie de Spin­oza, pro­duit une lec­ture per­for­ma­tive de l’auteur de L’Éthique. Que pro­duit sur nous, lecteurs, le pan­théisme spin­oziste ? Quelle boîte à out­ils nous lègue-t-il afin de bien vivre avec nous-mêmes et les autres ? Com­ment fréquenter son œuvre nous per­met-il de nous ori­en­ter dans la vie ? Con­tin­uer la lec­ture

En exil dans l’exil

Omar BERGALLOU, Marox­el­lois, Couleur livres, 2020, 140 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87003–8841‑9

Omar Bergal­lou est né au Maroc, dans un quarti­er pau­vre de Tanger, au milieu des années soix­ante. Il y passe les tout pre­miers temps de sa vie, et plus tard, de brefs séjours de vacances ; il n’a guère vécu de ce côté-là de la Méditer­ranée. Quand il a six mois, la famille émi­gre en Bel­gique où le père tra­vail­lait déjà comme cof­freur-fer­railleur. Et c’est là, en Bel­gique, sous le ciel gris de Brux­elles, qu’il a con­tin­ué à vivre, et qu’il vit aujourd’hui encore. A‑t-il ressen­ti l’excitation ou la douleur du départ, la brûlure tran­chante de l’adieu à la terre ? Sa mère dira que sur le bateau reliant l’Afrique à l’Europe il hurlait de toute sa voix comme si son âme voulait sor­tir de son corps. Quoi qu’il en soit, quelle qu’ait été, nour­ris­son, sa per­cep­tion de l’éloignement, il est devenu, mal­gré tout un : exilé. Con­tin­uer la lec­ture

Le grand jeu de lire

Daniel SIMON, Posi­tions pour la lec­ture. Prom­e­nades lec­tures-écri­t­ures-ate­liers, Couleur livres, 2019, 140 p., 14 €, ISBN : 978–2‑87003–901‑4

Bien rares sont les auteurs qui sor­tent tout armés de leur écri­t­ure pre­mière. La plu­part tour­nent en rond inter­minable­ment. Ils effectuent des rites de pas­sages, sac­ri­fient aux idol­es du jour, et suiv­ent des pistes qui débouchent sur des sources taries. Soit qu’ils croient que la lit­téra­ture est de la musique, soient qu’ils pensent qu’elle est un témoignage vécu, ils n’échappent pas aux apparences, c’est-à-dire à la répéti­tion.

Il est pour­tant tout sim­ple de remar­quer que la lit­téra­ture est une vision, soutenue par une langue intime, et hap­pée par l’amour de la vérité. Pour en faire l’expérience per­son­nelle, il suf­fit d’explorer quelques-unes de ces îles au tré­sor qu’on appelle les chefs d’œuvre. Con­tin­uer la lec­ture

Indépendance Cha Cha

Inge SCHNEID, Bak­wan­ga, la pierre bril­lante. Une vie de femme au Con­go de 1950 à l’Indépendance, Couleur Livres, coll. « Je », 2019, 206 p., 18€, ISBN : 978–2‑87003–893‑2

En 1950, à peine âgée de vingt ans, Inge Schneid débar­que au Con­go belge pour rejoin­dre son mari, Charles, alors jeune employé de la Forminière, une impor­tante société minière. Après un voy­age en avion éprou­vant et une tra­ver­sée du pays, elle rejoint la région du Kasaï, réputée pour ses mines de dia­mants. Inge fait la con­nais­sance d’un pays encore entière­ment aux mains des Belges et des Européens. La chaleur suf­fo­cante, l’humidité ambiante, les Con­go­lais, les vil­lages isolés, les plaines arides, les dens­es forêts… tout est neuf pour elle. Elle décou­vre la vie de colon, ses avan­tages et ses incon­vénients. Leur quo­ti­di­en sem­ble pais­i­ble à cette époque-là : les familles béné­fi­cient cha­cune de l’aide de plusieurs boys, les femmes passent le plus clair de leur temps au bord de la piscine du Club, on s’amuse le soir autour d’un bon whisky ou lors des sat­ur­day night fever… Charles n’est pas très fes­tif, mais Inge se plait à jouer de l’accordéon dans le petit orchestre du poste. Deux cents âmes européennes vivent à cette époque au poste de Bak­wan­ga. Tous les hommes sont employés à la société minière qui s’étend tou­jours plus, sur des mil­liers d’hectares. Con­tin­uer la lec­ture

Lucky Luke, un justicier blanc dans le lointain Ouest

Pierre ANSAYLucky Luke. La jus­tice et la philoso­phie, Couleur Livres, 2018, 177 p., 16 €, ISBN : 978–2‑87003–889‑5

Philoso­pher à pro­pos de Lucky Luke : voilà la propo­si­tion que nous fait Pierre Ansay dans son dernier livre, lui qui s’était déjà livré au même exer­ci­ce avec Gas­ton Lagaffe (Couleur livres, 2012). On imag­ine sans trop de peine que l’improbable employé de bureau imag­iné par Fran­quin puisse inciter à la réflex­ion par son insond­able paresse et sa créa­tiv­ité biscornue.Par con­tre, c’est peut-être moins évi­dent pour le poor lone­some cow-boy inven­té par Mor­ris, parce qu’il est d’abord un homme d’action.

Pour­tant, quand Gas­ton passe son temps à être, Luc le Chanceux, lui, agit et, sur son ter­rain d’action, il est con­fron­té à cer­taines notions que les philosophes ont cou­tume de traiter : le bien et le mal, l’ordre, l’autorité, la loi et la jus­tice. Avec la nuance que ses auteurs des­ti­nent ces aven­tures à la jeunesse et qu’à rebours, par exem­ple, d’un Cor­to Mal­tese de Hugo Pratt, ils veu­lent d’abord faire sourire.

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Où l’on plonge vollegaz dans l’histoire millénaire d’une guerre larvée et actuelle

Alain ADRIAENS, Un mil­lé­naire de sim­plic­ité volon­taire en Occi­dent, Couleur livres, 2016, 184 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87003–694‑5

adriaensCar bon. Ne nous leur­rons pas. C’est bien d’une guerre dont par­le Alain Adri­aens, ce biochimiste, généti­cien, porte-parole du mou­ve­ment poli­tique des objecteurs de crois­sance. C’est bien d’une guerre dont nous par­le cet ancien éco­logue sci­en­tifique qui, tout à coup, fait dans l’his­toire, dans l’es­sai his­torique de vul­gar­i­sa­tion. D’une guerre larvée. Actuelle mais aus­si vieille que le monde, comme on dit. D’une guerre qui a eu cours dans le passé mais a donc cours aujour­d’hui. Sous nos yeux. Dans les médias. Dans nos esprits. Pas d’une guerre aux allures spec­tac­u­laires. Con­tin­uer la lec­ture

Oser savoir !

Erik RYDBERG, Que faire ! (con­tre l’ordre rég­nant), pré­face de Samir Amin, Couleur Livres et GRESEA, 2017, 80 p., 9€, ISBN : 9782870037003

rydbergPour don­ner un titre à son petit ouvrage de réflex­ion sur l’état du monde actuel, Erik Ryd­berg (jour­nal­iste, ancien directeur du GRESEA — Groupe de recherche pour une stratégie économique alter­na­tive) s’est sou­venu, entre autres, de Lénine et de son célèbre Que faire ?, mais en l’assortissant d’un point d’exclamation : « Celui, écrit l’auteur, qui ouvre la dis­cus­sion, le débat. Avec le courage de remet­tre en ques­tion le pré­conçu et le prémâché pour, avec la belle for­mule de Paul Veyne, pass­er ‘du con­cret aveu­gle à l’abstraction vraie’ ». Con­tin­uer la lec­ture

De Pierre Ansay et des passeurs en général

Pierre ANSAY, Spin­oza au ras de nos pâquerettes, Couleur livres, 2016, 309 p., 19 €   ISBN : 978–2‑87003–697‑6

ansay-spinozaParaît que Spin­oza est rede­venu à la mode. Aus­si bien dans les milieux anar­chistes que dans ceux, plus à droite, des fer­vents de la lib­erté d’en­tre­pren­dre. C’est que la pen­sée du gail­lard, toute rigoureuse et pré­cise qu’elle soit, n’en reste pas moins mal­léable, sujette aux inter­pré­ta­tions les plus con­tra­dic­toires. C’est qu’on ne peut pas se con­tenter de lire Spin­oza. Croire, d’un coup, à la pre­mière lec­ture, être ren­tré dedans comme on dit. Spin­oza, on le déguste à force de le côtoy­er. Un peu. Beau­coup. Tous les jours. À force d’y revenir donc. De le relire. De ne pas hésiter à repren­dre ce qu’on croy­ait avoir déjà com­pris. C’est ce que nous sug­gère Pierre Ansay en tout cas, grand admi­ra­teur d’un philosophe qui, à pre­mière vue, pour­rait aisé­ment paraître obsolète, com­plète­ment décon­nec­té – et pour cause : Spin­oza n’est pas vrai­ment l’un de nos con­tem­po­rains ! – de nos réal­ités et modes de pen­sée actuels. Con­tin­uer la lec­ture

Décrocher la lune…

Yves NAMUR, illus­tra­tions de Clau­dine GOUX, La valise à rêver, Mons, Couleur livres, coll. “Car­ré d’As” n°12, 2016, 48 p.
Béa­trice LIBERT, illus­tra­tions de Sylvie KYRAL, Où va la lune quand le jour se lève ?, Mons, Couleur livres, coll. “Car­ré d’As” n°13, 2016, 48 p.

“Où va la lune quand le jour se lève ?”… Dans “La valise à rêver” par­di ! Avec ses douz­ième et treiz­ième opus, les édi­tions Couleur livres nous pro­posent deux petits bijoux, qui ravi­ront ceux qui souhait­ent amen­er les jeunes lecteurs à la poésie, fer de lance de la jolie col­lec­tion Car­ré d’As. Con­tin­uer la lec­ture

Prendre son enfance par la main…

Daniel SIMON, Auto­bi­ogra­phie rêvée, Mons, Couleur livres, coll. “Je”, 2016, 88 p., 10 €

Croquis par l'OgreDaniel Simon, écrivain mul­ti­ple et mag­is­ter par­ti­c­ulière­ment act­if dans la prop­a­ga­tion de la lec­ture et de l’écriture, décline les beaux fan­tasmes de l’enfance sous les espèces d’une Auto­bi­ogra­phie rêvée toute en images fortes et poé­tiques. Le texte cen­tral L’Ogre des cabanes précède Les fleurs en papi­er crépon, évo­ca­tion roman­tique des sou­venirs d’un séjour à la Mer du Nord vécu par le petit natif de Charleroi accom­pa­g­né de sa maman.  Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on nous donne des bouées pour mieux plonger dans le monde

Un coup de coeur du Carnet

Pierre ANSAY, 36 out­ils con­ceptuels de Gilles Deleuze. Pour mieux com­pren­dre le monde et agir en lui, Couleur Livres, 2015, 408 p., 24 €

ansayGilles Deleuze ! Qui voudrait encore le lire ? Se per­dre puis se retrou­ver, un peu, puis se reper­dre, beau­coup, dans les méan­dres d’une des pen­sées les plus vagabon­des et les plus libres du siè­cle dernier ? Qui ?

Pas les ten­ants du statu-quo, les cyniques à‑quoi-bon­istes ou les sem­piter­nels râleurs et découragés de la vie, en tout cas ! Pas ceux et celles, non plus, qui se con­tentent des livraisons express­es de la pen­sée, du prêt-à-penser. Con­tin­uer la lec­ture