Archives par étiquette : pauvreté

La misère

Un coup de cœur du Car­net

Hubert KRAINS, Le pain noir, Post­face de Frédéric Sae­nen, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace nord », 2024, 192 p., 9 € / ePub : 6,99 €, ISBN : 9782875686893

krains le pain noirDès le pre­mier para­graphe du Pain noir d’Hubert Krains (1862–1934), on sait que tout est fini, qu’un monde est détru­it (et un autre en cours d’apparition, de con­struc­tion, mais ce n’est pas celui qui intéresse Hubert Krains) : « L’auberge de l’Étoile – qui se trou­vait sur le route de Huy à Tir­lemont – a été démolie quelques années après la con­struc­tion du chemin de fer Hes­baye-Con­droz. » L’action com­mence quelques para­graphes plus tard, après que le décor et le paysage ont été plan­tés ; on retourne dans le passé, un deux­ième dimanche de juin du 19e siè­cle, dans un vil­lage de Hes­baye baigné par la Mehaigne, le jour de l’inauguration du chemin de fer, sym­bole de la moder­nité, de l’industrialisation… Con­tin­uer la lec­ture

Quand le riche sort de son ghetto

Vin­ciane MOESCHLER, Caraïbes amères, Mus­cadier, 2021, 191 p., 13,50 €, ISBN : 9791096935963

moeschler caraibes ameresCaraïbes amères est le deux­ième roman pour la jeunesse de Vin­ciane Moeschler (après À corps par­fait), qui nous fait décou­vrir ici le réc­it d’un voy­age en République Domini­caine à tra­vers le regard de Sacha, quinze ans. Après avoir obtenu un nou­v­el emploi de jour­nal­iste pour une durée de deux ans, le père de Sacha emmé­nage avec femme, enfants et ani­maux de com­pag­nie de l’autre côté de l’Atlantique avec l’idéal du touriste. Con­tin­uer la lec­ture

L’échappée escarpée

Un coup de cœur du Car­net

Neel DOFF, Keet­je, pré­face de Marie Denis, post­face de Thibault Sco­hi­er, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2021, 358 p., 8,5 €, ISBN : 9782875685377

doff keetje espace nordNeel Doff (1858–1942), autrice d’une œuvre tou­jours cru­ciale­ment d’actualité, n’a pas la recon­nais­sance cri­tique et publique qu’elle mérite bien qu’elle sus­cite l’enthousiasme de fidèles lecteur.rices. Est-ce parce qu’elle est femme ? Qu’elle n’a pas gran­di dans le milieu con­sacrant les grand.e.s écrivain.e.s ? Pour­tant elle écrit, aus­si bien, aus­si juste­ment, la mis­ère du monde que les meilleur.e.s auteur.rice.s de non-fic­tion ou les romanciers (bour­geois) nat­u­ral­istes. Con­tin­uer la lec­ture

Neel Doff, « cette créature enfantine »

Un coup de coeur du Carnet

Neel DOFF, Jours de famine et de détresse, post­face d’Élisabeth Cas­ta­dot, Impres­sions nou­velles, coll. « Espace Nord », 2017, 210 p., 8.50 € / ePub : 6.99 €, ISBN : 9782875681416

doffOn doit à Charles Péguy d’avoir été par­mi les pre­miers à opér­er un dis­tin­guo entre la pau­vreté et la mis­ère. Il expli­quait ain­si dans L’Argent que si la pre­mière a tout d’un pur­ga­toire qui peut, mal­gré sa dureté, s’avérer tran­si­toire, la sec­onde s’apparente à un enfer au seuil duquel est com­mandé l’abandon de toute espérance de la part de ceux qu’elle frappe, ronge, avilit, tue. Les Jours de famine et de détresse dont Neel Doff égrè­nent le douloureux chapelet témoignent pleine­ment de cette expéri­ence extrême, dans des pages dont le vérisme n’a rien à envi­er à d’autres clas­siques européens de l’écriture du dénue­ment, tel La Faim du Norvégien Knut Ham­sun. Con­tin­uer la lec­ture

Où l’on plonge vollegaz dans l’histoire millénaire d’une guerre larvée et actuelle

Alain ADRIAENS, Un mil­lé­naire de sim­plic­ité volon­taire en Occi­dent, Couleur livres, 2016, 184 p., 18 €, ISBN : 978–2‑87003–694‑5

adriaensCar bon. Ne nous leur­rons pas. C’est bien d’une guerre dont par­le Alain Adri­aens, ce biochimiste, généti­cien, porte-parole du mou­ve­ment poli­tique des objecteurs de crois­sance. C’est bien d’une guerre dont nous par­le cet ancien éco­logue sci­en­tifique qui, tout à coup, fait dans l’his­toire, dans l’es­sai his­torique de vul­gar­i­sa­tion. D’une guerre larvée. Actuelle mais aus­si vieille que le monde, comme on dit. D’une guerre qui a eu cours dans le passé mais a donc cours aujour­d’hui. Sous nos yeux. Dans les médias. Dans nos esprits. Pas d’une guerre aux allures spec­tac­u­laires. Con­tin­uer la lec­ture