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Et quand a‑t-on su quelque chose d’essentiel ? Quand ?

Un coup de cœur du Car­net

Véronique DAINE, Amoureuse­ment la gueule, illus­tré de six dessins d’Anne Marie Finné, Herbe qui trem­ble, 2019, 62 p., 13 €, ISBN : 978–2‑918220–99‑2

La col­lec­tion « D’autre part » de L’herbe qui trem­ble dirigée par Thier­ry Horguelin qui donne à lire des textes inclass­ables accueille un nou­veau recueil de la poétesse gau­maise Véronique Daine. En intro­duc­tion, une phrase du poète hon­grois Janos Pilin­szky : “Com­bi­en tard nous com­prenons que la pénom­bre des yeux peut être plus pré­cise que la lumière d’une lampe”. Cette cita­tion laisse entrevoir que sous les apparences, il y a un paysage intérieur vivant, tail­lé dans une écri­t­ure organique où deux mots s’opposent l’un à l’autre : la gueule et le vis­age. Dans une danse ani­male presque sauvage, les mots sont comme des pul­sa­tions san­guines. Un rythme de chas­se scan­de la langue dans une suc­ces­sion de courts frag­ments de prose poé­tique qui cog­nent, martè­lent, poussent, souf­flent et pulsent. Con­tin­uer la lec­ture

Le Prix Marcel Thiry pour Véronique Daine

daine véronique 1Le prix “Mar­cel Thiry 2017” est attribué à Véronique Daine pour son recueil Extrac­tion de la peur (L’herbe qui trem­ble). Doté de 2.500 €, ce prix annuel instau­ré par la ville de Liège récom­pense alter­na­tive­ment une œuvre poé­tique et une œuvre de fic­tion en prose (roman ou recueil de nou­velles).

 


À lire : notre recen­sion d’Extrac­tion de la peur 


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La peur aux trousses

Véronique DAINE, Alain DULAC (ill.), Extrac­tion de la peur, L’herbe qui trem­ble, 2016, 72 p., 14€

daineTout au long des cinq par­ties qui com­posent son dernier recueil, Véronique Daine se garde bien de repren­dre son souf­fle. Ici, aucun signe de ponc­tu­a­tion per­me­t­tant au lecteur de lever la tête. L’écriture cur­sive, par­fois acérée, coule et se déverse telle une fugue de Bach jouée en stac­ca­to. Un débit ver­bal qui irrigue, comme le flux san­guin, tous les recoins du corps. C’est que les mots de l’auteure s’infiltrent juste­ment dans ces zones d’ombre pour tra­quer nos angoiss­es les plus pro­fondes. Celles tapies dans les replis d’une chair flétrie ou dans la pénom­bre d’une (veine) cave. Ces peurs vis­cérales qui nous rap­pel­lent que les tripes sont bien logées au cœur du ven­tre, quand la boule d’angoisse fait chavir­er l’âme. Allitéra­tive, métaphorique, sou­vent hal­lu­cinée, la langue est per­cu­tante, dit le monde et les êtres tels qu’ils sont, c’est-à-dire sou­vent ter­ri­fi­ants. Les images dès lors s’entrechoquent, font cra­quer le reste de ver­nis lyrique auquel on pen­sait pou­voir se rac­crocher.  Con­tin­uer la lec­ture