Archives par étiquette : Alain Dulac

Demoulin nous donne des ailes…

Un coup de cœur du Car­net

Lau­rent DEMOULIN et Alain DULAC, Réguli­er / irréguli­er : son­nets, Herbe qui trem­ble, 2025, 126 p., 18 €, ISBN : 9782491462802

demoulin regulier irregulierIl est de ces auteurs dont on attend avec impa­tience le nou­v­el opus, le nou­veau gise­ment. Peut-être parce que l’on sait qu’ils sont un peu musi­ciens, un peu orpailleurs. Ou bien plus sim­ple­ment parce qu’on sup­pute la fête de la langue et de l’esprit à laque­lle ils vont nous con­vi­er. C’est assuré­ment le cas avec Lau­rent Demoulin chez qui il y a, mine de rien, sans avoir l’air d’y touch­er, des pépites jail­lis­santes dans l’écriture. Con­tin­uer la lec­ture

j’étais vivante et je voyais / la belle étrange / justesse de vivre

Véronique WAUTIER, Tra­ver­so, illus­tré de pein­tures d’Alain Dulac, L’herbe qui trem­ble, 2019, 110 p., 14 €, ISBN : 978–2‑918220–88‑6

C’est une voix majeure de la poésie d’expression fran­coph­o­ne de Bel­gique qui s’est éteinte il y a quelques mois à peine, quand Véronique Wau­ti­er s’en allait sur la pointe du cœur et du verbe en lais­sant dans son sil­lage une dizaine de titres aus­si puis­sam­ment frag­iles que Cha­cun de nous est une foule (Le Coudri­er, 2004), Le jour aux igno­rants (Eran­this, 2010), Con­tin­uo (L’herbe qui trem­ble, 2017)… Puis voici que l’automne bal­aie les feuilles de Tra­ver­so jusqu’au seuil de l’absence, et le dia­logue se renoue par delà, avec le naturel de ces com­plic­ités sus­pendues que même la mort est bien impuis­sante à déjouer. Con­tin­uer la lec­ture

La peur aux trousses

Véronique DAINE, Alain DULAC (ill.), Extrac­tion de la peur, L’herbe qui trem­ble, 2016, 72 p., 14€

daineTout au long des cinq par­ties qui com­posent son dernier recueil, Véronique Daine se garde bien de repren­dre son souf­fle. Ici, aucun signe de ponc­tu­a­tion per­me­t­tant au lecteur de lever la tête. L’écriture cur­sive, par­fois acérée, coule et se déverse telle une fugue de Bach jouée en stac­ca­to. Un débit ver­bal qui irrigue, comme le flux san­guin, tous les recoins du corps. C’est que les mots de l’auteure s’infiltrent juste­ment dans ces zones d’ombre pour tra­quer nos angoiss­es les plus pro­fondes. Celles tapies dans les replis d’une chair flétrie ou dans la pénom­bre d’une (veine) cave. Ces peurs vis­cérales qui nous rap­pel­lent que les tripes sont bien logées au cœur du ven­tre, quand la boule d’angoisse fait chavir­er l’âme. Allitéra­tive, métaphorique, sou­vent hal­lu­cinée, la langue est per­cu­tante, dit le monde et les êtres tels qu’ils sont, c’est-à-dire sou­vent ter­ri­fi­ants. Les images dès lors s’entrechoquent, font cra­quer le reste de ver­nis lyrique auquel on pen­sait pou­voir se rac­crocher.  Con­tin­uer la lec­ture

Au creux de l’absence la poésie

Alain DANTINNE, Pré­cis d’incertitude, pein­tures d’Alain Dulac, Herbe qui trem­ble, 2016, 141 p., 17 €

dantinne« Au cœur de l’écriture / l’ombre de la main / Au cœur de l’ombre / une fêlure / Au cœur de la fêlure / l’absence / Au creux de l’absence / la poésie »

Dans une lumière tamisée s’ouvre ain­si le dernier recueil d’Alain Dan­tinne, Pré­cis d’incertitude. Con­tin­uer la lec­ture