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Pêche intime en eaux troubles

Un coup de coeur du Carnet

Frédérique DOLPHIJN, Là où l’eau touche l’âme, Esper­luète Edi­tions, 136 p., 18 €

dolphijnLucie, Vio­lette, Olivia et les autres. Un groupe de femmes que l’on souhait­erait assuré­ment ren­con­tr­er et pas seule­ment parce qu’elles se réu­nis­sent pour des par­ties de pêche à la mouche. D’emblée une amorce inat­ten­due pour ce roman plein d’originalités que de nous présen­ter un cer­cle féminin de « pêcheuses » à la ligne surnom­mée les Women Fly Fish­ing. Pour échap­per, l’espace d’un week-end, au quo­ti­di­en enser­ré entre la famille et le boulot, ces amies ont pris l’habitude de se rassem­bler dans un chalet au bord de l’eau pour s’adonner à leur hob­by. Nous les retrou­vons à ce moment-là, en fin de semaine, en plein pré­paratif de leur Fish­ing Par­ty. Avec intel­li­gence, Frédérique Dol­phi­jn campe le décor et des­sine les con­tours de ces femmes mod­ernes de la cinquan­taine, fraîch­es comme des gar­dons. Mais leur bonne san­té est-elle vrai­ment l’indice d’une pleine sérénité ?  Entre les asti­cots qu’il ne faut pas oubli­er, les repas du mari dans le fri­go, l’amant qui se dérobe et les cro­quettes du chien qu’il faut prévoir en suff­i­sance, le lecteur plonge dans une triv­i­al­ité pour, pas à pas, émerg­er en pleine nature en com­pag­nie de ces copines réu­nies autour des brèmes ou des san­dres. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la quête de tran­quil­lité au fil de l’eau peut vite tourn­er à l’aigre. Un week-end qui aurait pu être comme les autres mais qui va faire sur­gir cer­taines ten­sions qui dor­ment depuis trop longtemps. Dès lors, entre non-dits, soli­tudes et omis­sions, l’eau calme se trou­blera. Le dénoue­ment ne per­me­t­tra pas au courant de s’apaiser ni à la riv­ière de repren­dre son cours nor­mal. Enfin, peut-être pas pour tous ! Con­tin­uer la lec­ture

Vivre sa vie

Michelle FOUREZ, Adri­enne ne m’a pas écrit, Luce Wilquin, 2015, 94 p., 10 €

512blogDepuis son pre­mier roman paru en 1992, quelque chose fascine Michelle Fourez au cœur des bons soirs de juin. Quelque chose de l’ordre de la douceur, de la sen­su­al­ité. De l’intensité. Qui amène les his­toires à leur point de ten­sion, à leur parox­ysme. Puis à leur réso­lu­tion ou à leur dis­so­lu­tion. Cette fois encore. Con­tin­uer la lec­ture