Christiana MOREAU, La sonate oubliée, Préludes, 2017, 256 p., 15.60 €/ePub : 10.99 €, ISBN : 9782253107811
À Seraing, cité d’acier aux horizons bas et aux espoirs comprimés, Lionella est une adolescente qui détonne. Loin des amusements de son âge, élevée dans une famille italienne où l’on tient la musique pour nourriture spirituelle, elle n’a d’yeux pour son violoncelle. Entraînée par son professeur, Monsieur Sohet, pour le prochain concours Arpèges – retransmis à la télévision et d’ampleur internationale – la jeune fille frondeuse bute sur le choix de la pièce qu’elle devra présenter. Comment se démarquer de ces concerti si rabâchés ? Complètement bleu de la violoncelliste, son ami Kevin – doux rêveur dans une famille monoparentale sous haute tension – lui offre un coffret glané en brocante. Lionella y découvre avec ravissement non seulement une partition ancienne, mais aussi une médaille coupée et un carnet, celui d’Ada, une orpheline vénitienne du XVIIIe siècle. Débute alors, à mesure que les pages du journal intime défilent et que les notes de la sonate retrouvée s’apprivoisent en vue de la compétition, un étrange dialogue entre la Serésienne et celle qui fut l’élève de Vivaldi à l’Ospedale della Pietà. De quels mystères est porteuse cette violoncelliste oubliée par les âges ? Quel était cet étrange lieu qui recueillait les fillettes laissées-pour-compte afin d’en faire des musiciennes émérites ? Se peut-il que la trouvaille de Kevin soit une œuvre inconnue du compositeur des Quatre Saisons, celui qu’on surnommait le prêtre roux ? Continuer la lecture
Marine, une jeune journaliste, était venue à New-York pour interviewer Wil.i.am des Black Eyed Peas, mais l’annonce de la mort de Stromae, dans une chambre d’hôtel cossu de Manhattan va bouleverser son programme et sa vie. Rien ne colle. Marine le sent. Elle appelle son père, journaliste musical depuis trente ans, pour qu’il la conseille, lui donne des tuyaux pour mener son enquête. Car elle veut comprendre. Elle veut savoir ce qui s’est passé dans la tête de cet artiste qu’elle a déjà rencontré auparavant, et qui avait encore tant à offrir à son public.
Parfois, il suffit de deux ou trois notes, un riff de guitare, un beat de batterie immédiatement reconnaissables, et, zou !, nous voilà transportés ailleurs. Dans d’autres lieux, d’autres époques, pas forcément lointaines. Et c’est toute une vie passée qui nous revient en tête, des fantômes d’amis et d’amies, des rêves fumeux évaporés, qui ne nous lâchent plus de la journée.
Lucie, Violette, Olivia et les autres. Un groupe de femmes que l’on souhaiterait assurément rencontrer et pas seulement parce qu’elles se réunissent pour des parties de pêche à la mouche. D’emblée une amorce inattendue pour ce roman plein d’originalités que de nous présenter un cercle féminin de « pêcheuses » à la ligne surnommée les Women Fly Fishing. Pour échapper, l’espace d’un week-end, au quotidien enserré entre la famille et le boulot, ces amies ont pris l’habitude de se rassembler dans un chalet au bord de l’eau pour s’adonner à leur hobby. Nous les retrouvons à ce moment-là, en fin de semaine, en plein préparatif de leur Fishing Party. Avec intelligence, Frédérique Dolphijn campe le décor et dessine les contours de ces femmes modernes de la cinquantaine, fraîches comme des gardons. Mais leur bonne santé est-elle vraiment l’indice d’une pleine sérénité ? Entre les asticots qu’il ne faut pas oublier, les repas du mari dans le frigo, l’amant qui se dérobe et les croquettes du chien qu’il faut prévoir en suffisance, le lecteur plonge dans une trivialité pour, pas à pas, émerger en pleine nature en compagnie de ces copines réunies autour des brèmes ou des sandres. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la quête de tranquillité au fil de l’eau peut vite tourner à l’aigre. Un week-end qui aurait pu être comme les autres mais qui va faire surgir certaines tensions qui dorment depuis trop longtemps. Dès lors, entre non-dits, solitudes et omissions, l’eau calme se troublera. Le dénouement ne permettra pas au courant de s’apaiser ni à la rivière de reprendre son cours normal. Enfin, peut-être pas pour tous !
Depuis son premier roman paru en 1992, quelque chose fascine Michelle Fourez au cœur des bons soirs de juin. Quelque chose de l’ordre de la douceur, de la sensualité. De l’intensité. Qui amène les histoires à leur point de tension, à leur paroxysme. Puis à leur résolution ou à leur dissolution. Cette fois encore.