Archives par étiquette : maladie

De cœur à cœur

Frank ANDRIAT, Je vous aime, Ker, 2026, 177 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87586–529‑8

andriat je vous aimeMax­ence est un jeune homme de 16 ans qui s’est forgé une image de glan­deur assis dans le fond de la classe pour cacher les mille et une ques­tions qui le tra­versent en per­ma­nence. Plutôt soli­taire, il est en décalage avec ses cama­rades con­stam­ment penchés sur leur smart­phone. Il reste un peu en retrait jusqu’au jour où Manon, une fille de la classe, annonce qu’elle a un can­cer et qu’elle va subir une chimio­thérapie. Max­ence n’est pas ami avec elle, mais cette annonce le touche et il ose le man­i­fester auprès de la jeune fille. Une ami­tié se tisse peu à peu entre eux, leurs dif­férences s’effacent alors pour laiss­er la place à l’essentiel. Con­tin­uer la lec­ture

« La neige est une musique intérieure »

Béa­trice LIBERT, Une quinte de toux, Mur­mure des soirs, 2025, 108 p., 16 €, ISBN : 978–2‑931235324

libert une quinte de touxAu départ des maux du corps, Béa­trice Lib­ert en arrive à clamer son attache­ment à la langue française. Une thérapie sal­va­trice.

Serait-elle hypocon­dri­aque, cette nar­ra­trice qui a pour habi­tude de sur­veiller l’état de ses ongles ? Au point de se croire l’objet d’une malé­dic­tion. Par une étrange con­t­a­m­i­na­tion, tout objet saisi par ses menottes s’en trou­verait anéan­ti. Con­tin­uer la lec­ture

Il s’appelait Jean

Pauline ALLIÉ (autrice) et Car­lot­ta BAILLY-BORG (illus­tra­trice), Là où se for­ment les mon­tagnes, Chemin de fer, 2025, 112 p., 14,50 €, ISBN : 9782490356560

allié là où se forment les montagnesIl s’appelait Jean. Il n’avait pas de cheveu blanc. Il por­tait des lunettes tout le temps, et des cra­vates quand il tra­vail­lait encore. Il a exer­cé comme secré­taire de direc­tion dans une clin­ique (où les femmes l’appréciaient), puis a été for­cé de devenir homme au foy­er. Il aimait John­ny Hal­l­i­day et le ukulélé, et rêvait de par­ler plusieurs langues. Il s’était coupé du monde, par pudeur. Il gar­dait les objets, les pho­tos, les vête­ments, les papiers. Il était en cou­ple depuis quar­ante-six ans, avait trois filles et un frère jumeau adorés. Il ne par­ve­nait pas à porter les pommes de terre dans sa bouche sans en faire rejoin­dre le sol. Il peinait à chaque mou­ve­ment, requérait sans cesse l’aide de son épouse. Il souf­frait. Inten­sé­ment : « Il dit. Est un rhu­ma­tisme inflam­ma­toire. Auto-immune. De cause incon­nue. Chronique. Atteint surtout les pieds. Les mains. Pou­vant aboutir à des défor­ma­tions impor­tantes. » Puis il est mort, entre Noël et Nou­v­el An, sans avoir gouté au homard qu’il avait réclamé. Con­tin­uer la lec­ture

La mercenaire du bonheur

Bar­bara ABEL,Le bon­heur sur ordon­nance, Récami­er, 2025, 376 p., 21 € / ePub : 12,99 €, ISBN : 978–2‑38577–186‑7

abel le bonheur sur ordonnanceMéline est une quadragé­naire qui vit dans une famille heureuse avec son mari et ses enfants de 13 et 6 ans. Depuis quelque temps, elle explose de plus en plus à la moin­dre con­trar­iété et ses exa­m­ens médi­caux révè­lent qu’elle est atteinte d’une mal­adie orphe­line s’attaquant au gène du bon­heur respon­s­able de l’expression de ses émo­tions. Le couperet tombe : il n’y a aucun médica­ment pour la soign­er, son seul remède est d’être heureuse pour pal­li­er sa dégénéres­cence géné­tique. Ses crises devenant de plus en plus fréquentes et intens­es, elle met toute sa famille sous ten­sion et se voit désor­mais con­damnée à être heureuse, le bon­heur étant une ques­tion de vie ou de mort. Con­tin­uer la lec­ture

À mes amies et amis de cœur…

Un coup de cœur du Car­net

Michaël LAMBERT, Mon corps d’avant, Arbre à paroles, coll. « iF », 2024, 80 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87406–747‑1

lambert mon corps d'avantPoète, romanci­er, nou­vel­liste, auteur de théâtre, ani­ma­teur d’ateliers d’écriture, pro­mo­teur sur de livres inspi­rants aux­quels il con­sacre une par­tie de son blog, slam­meur (sous le pseu­do­nyme de « L’homme chou­ette »), auteur de scé­nar­ios de bande dess­inée… Michaël Lam­bert se partage entre les mul­ti­ples manières de racon­ter des his­toires. « L’aventure humaine est un enchevêtrement de réc­its », clame-t-il à l’entame de son site. Con­tin­uer la lec­ture

Le sursis s’écrit noir sur blanc

Car­o­line LAMARCHE et Paul MAHOUX, Dix ans, Cam­bourakis, 2023, 112 p., 16 €, ISBN : 9782366247695

lamarche mahoux dix ansQuand Car­o­line Lamarche s’as­so­cie à Paul Mahoux pour com­pos­er un roman graphique, on tient dans les mains une propo­si­tion limpi­de et intran­sigeante, qui archi­tec­ture le sen­si­ble et l’é­tat du désas­tre. L’ex­tinc­tion de masse et la mort annon­cée d’une jeune fille inscrivent cet ouvrage dépourvu de couleurs dans une noirceur sans men­songe. Au scé­nario, la plume ligne claire, la sim­plic­ité des mots choi­sis par l’autrice de Nous sommes à la lisière. Au dessin, le car­net-de-cro­quiste en Mole­sk­ine et pein­tre Paul Mahoux, les traits fins et noueux, les aplats troués noir sur blanc. Con­tin­uer la lec­ture

Prendre soin

Jean-Louis VANHERWEGHEM, ARDS, M.E.O., 2021, 72 p., 10 € / ePub : 6.49 €, ISBN : 9782807003088

vanherweghem ardsJean-Louis Van­her­weghem est médecin néphro­logue, il a exer­cé de hautes  fonc­tions académiques et il est l’auteur de plusieurs pub­li­ca­tions de vul­gar­i­sa­tion médi­cale, d’essais en rap­port avec la san­té. S’il a repris la plume cette fois, c’est pour nous faire réc­it de ce qui lui est advenu lorsque son épouse a con­nu de graves prob­lèmes de san­té qui ont entraîné son décès en 2018. Atteinte du Syn­drôme de Détresse Res­pi­ra­toire Aigüe, con­nu sous l’acronyme ARDS, elle a été con­fron­tée aux symp­tômes que l’on con­naît chez les patients atteints des formes les plus graves de Covid 19, mais les faits relatés sont évidem­ment antérieurs à la pandémie que nous con­nais­sons depuis début 2020. Con­tin­uer la lec­ture

La femme qui marchait dans sa tête

Mar­tine ROUHART, Les ailes bat­tantes, pré­face de Philippe Remy-Wilkin, M.E.O., 2021, 64 p., 10 € / ePub : 6.49 €, ISBN : 9782807003057

rouhart les ailes battantesLe nou­v­el opus de Mar­tine Rouhart se présente sous la forme d’un jour­nal de bord divisé en vingt-trois tableaux. L’autrice nous y relate un frag­ment de sa vie réelle, lorsqu’elle a dû se bat­tre con­tre un can­cer il y a quelques années.

Habitée par la volon­té de partager l’impartageable et d’écrire pour ne pas oubli­er, Mar­tine Rouhart nous fait part de ses réflex­ions sur sa vie boulever­sée suite à une retraite for­cée chez elle. Alors que tout un cha­cun con­tin­ue de vivre son quo­ti­di­en, elle s’isole loin des bruits du monde afin de se retir­er à l’intérieur de soi, là où les pen­sées et les émo­tions se bous­cu­lent, envis­ageant la mal­adie comme une chance de s’enrichir et de se recen­tr­er sur l’essentiel. Con­tin­uer la lec­ture

Sans voix

Jes­si­ca GAZON, Syn­ovie, Oiseaux de nuit, coll. « Rideaux rouges », 2020, 108 p., 10 €, ISBN : 978–2‑931101–06‑3

gazon synovieÀ quinze ans, alors que la vie lui sourit, Syn­ovie est prise d’un mal mys­térieux. Sa voix devient molle. Son sourire se crispe. C’est un coup dur pour cette pas­sion­née de théâtre et de lec­ture à voix haute. Ce blocage, à pre­mière vue inof­fen­sif, devient de plus en plus fréquent. Per­son­ne, même le médecin du vil­lage, ne prend son prob­lème au sérieux. Quelques mois plus tard, elle voit un neu­ro­logue qui diag­nos­tique de la spas­mophilie. Ce mal serait donc psy­chologique. Toute­fois, son défaut d’articulation s’intensifie. Syn­ovie choisit la voie du silence et se tait autant au cours de théâtre qu’à l’école. Un an après l’apparition des pre­miers symp­tômes, même dég­lu­tir devient dif­fi­cile. Sa mère n’y com­prend rien. Son père est dans le déni. Comme les vrais médecins ne trou­vent rien, sa mère se tourne vers les sci­ences occultes et erre de mag­né­tiseuse en marabout… Mais rien ne marche. Ses paupières con­tin­u­ent de s’affaisser. Son vis­age de pen­dre. Son corps la lâche peu à peu. Une nuit, son état s’aggrave. Ses par­ents l’emmènent chez un vieux médecin de cam­pagne qui veut faire des exa­m­ens sup­plé­men­taires et l’envoie chez un bon neu­ro­logue. Le ver­dict finit par tomber : elle souf­fre de myasthénie, une mal­adie rare. Le chemin de la guéri­son com­mence alors… Con­tin­uer la lec­ture

Conjuguer douleur et pudeur

Véronique JANZYK, Vin­cent, ONLiT, 2020, 79 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87560–128‑5

janzyk vincentVéronique Janzyk, autrice la plus pub­liée chez ONLIT Edi­tions, pose un regard sen­si­ble sur une réal­ité douloureuse, celle d’un sportif qu’une mal­adie va paral­yser. Elle le fait néan­moins sans sen­si­b­lerie et avec une économie de moyens qui se reflè­tent notam­ment dans le titre, Vin­cent, mais aus­si dans le nom­bre de pages (79) de ce roman, que l’on pour­rait qual­i­fi­er de novel­la.

Le livre com­mence sous les meilleurs aus­pices puisqu’il nous place dans le sil­lage de con­ver­tis au cyclisme soudés par la même pas­sion, leur meneur ent­hou­si­aste et enjoué, le Vin­cent du titre, avec lequel la nar­ra­trice pra­tique « une drague lente et douce ». Mais très vite, le meneur sort des radars jusqu’au jour où il recon­tacte chaque mem­bre du pelo­ton. Con­tin­uer la lec­ture

Au meilleur de toi

Mar­i­anne SLUSZNY, Le banc, Acad­e­mia, 2019, 182 p., 17.50 € / ePub : 12.99 €, ISBN : 978–2‑8061–0489‑2

Il est sou­vent bien périlleux de faire œuvre lit­téraire de son vécu le plus sen­si­ble, le plus douloureux. Pareil défi d’écriture exige une ascèse que le pré­texte de la fic­tion n’impose pas. En choi­sis­sant de par­ler de la vie, de la mal­adie et du décès de son com­pagnon, Mar­i­anne Sluszny a pour­tant été bien inspirée car elle nous livre bien plus que des con­fi­dences intimes. Con­tin­uer la lec­ture

Pure coïncidence ?

Anne FRANÇOIS, Nu-tête, Névrosée, coll. « Femmes de let­tres oubliées », 2019, 130 p., 14 € / ePub : 8.99 €, ISBN : 978–2‑931048–22‑1

Les Femmes de Let­tres belges exis­tent, on le sait. De tout style, de toute encre, mais aus­si de tout temps ; cela, on le sait moins. Le genre (avec toute la déli­catesse qu’impose le maniement de ce terme), en lui-même, ne suf­fit pas à con­fér­er une quel­conque valeur à une pro­duc­tion artis­tique. Certes. Mais il ne peut en aucun cas con­tribuer à lui ôter vis­i­bil­ité, recon­nais­sance ou/et légitim­ité. C’est en cela que la démarche de la nou­velle mai­son d’édition « Névrosée » s’avère essen­tielle, et juste : empêch­er l’éclipse d’auteures tenues dans l’ombre, par le biais de réédi­tions de textes impor­tants. Par­mi ces éner­gies scrip­turales mul­ti­ples, divers­es, bigar­rées mis­es en avant dans la col­lec­tion « Femmes de let­tres oubliées », le Nu-tête d’Anne François est por­teur d’ondes intens­es et crues. Con­tin­uer la lec­ture

Le pouvoir des sept cordes

Joseph NDWANIYE, Plus fort que la hyène, illus­tra­tions d’Anne-Marie Carthé, La Chem­i­nante, coll. « La Chem­i­nante Jeunesse », 2018, 61 p., 8€, ISBN : 978–2371271081

Savez-vous ce qu’est un inan­ga ? Ce mot aux syl­labes bondis­santes désigne « un instru­ment de musique qui ressem­ble à un boucli­er sur lequel on aurait fixé des cordes », une sorte de cithare venue des ter­res rwandais­es. Chaque note qui en émane s’inscrit sur la par­ti­tion des temps passés, résonne dans la tra­di­tion des Anciens et dif­fuse des valeurs à main­tenir. Un objet à ne touch­er qu’avec respect et con­science. C’est aus­si le cadeau que le grand-père mahanzi de Gato lui trans­met à ses six ans, lors de son pre­mier voy­age au Pays des Mille Collines, et dont il lui révèle peu à peu les secrets. L’inan­ga devient alors le com­pagnon de for­tune et d’infortune du petit bon­homme, un inter­locu­teur qui le sou­tient dans son quo­ti­di­en : « Quand tu seras là-bas au pays des Blancs, il ne faudrait pas que tu arrêtes de jouer de ton inan­ga. Quand tu seras triste ou que tu auras mal, prends-le, fais-le vibr­er et surtout par­le-lui, il t’écoutera et te récon­fortera. » Con­tin­uer la lec­ture

Quand la maladie est dépeinte avec minutie…

Joëlle VAN HEE, Mémoire en eaux trou­bles, Édi­tions du Jas­min, 2017, 228 p., 14,90 €, ISBN : 978–2‑35284–110‑4

van hee.jpgPartagée entre l’écriture et l’enseignement, Joëlle Van Hee nous avait jusqu’alors habitués aux con­tes et nou­velles, qu’elle nous narre avec brio. Elle nous pro­pose ici un roman pour ado­les­cents et adultes, où la rela­tion à l’autre, celui qui oublie, qui nous quitte douce­ment, et qui pour­tant nous guide, reste pré­dom­i­nante.

Le monde d’Antonin s’effondre lorsqu’il apprend que son grand-père est atteint de la mal­adie d’Alzheimer. Le voilà con­traint de ren­con­tr­er son Papy dans une insti­tu­tion hos­pi­tal­ière où les com­pagnons d’infortune du grand-père évolu­ent, comme ils peu­vent. L’adolescent assiste impuis­sant à la lente et inéluctable dégra­da­tion de son grand-père : la perte de ses fac­ultés, de la parole, de son autonomie… ironie du sort que cette dégra­da­tion pour un com­man­dant retraité de l’armée. “Un vieux Cap­i­taine Cro­chet… avec le regard de Peter Pan.” Con­tin­uer la lec­ture

Horror futuri

Emmanuelle PIROTTE, De pro­fundis, Cherche midi, 2016, 286 p., 17 €/ ePub : 13.99 €

pirotte de profundisUn an à peine après son remar­qué Today we live, Emmanuelle Pirotte fait à nou­veau la ren­trée lit­téraire. De pro­fundis, son deux­ième roman, est pub­lié lui aus­si au Cherche Midi.

Bel­gique, XXIe siè­cle. Le pays, comme le reste du monde, est rav­agé par Ebo­la. Cha­cun dis­pose d’ordinateurs per­fec­tion­nés, capa­bles de génér­er des holo­grammes, mais le chaos et la mis­ère règ­nent. À Brux­elles, Rox­anne vit de la con­tre­bande de médica­ments et risque sa vie à chaque instant. Jusqu’au jour où son ex-mari, atteint du virus, lui con­fie la garde de leur fille Stel­la, étrange enfant tac­i­turne. Rox­anne, qui l’avait aban­don­née sans état d’âme plusieurs années plus tôt, décide pour­tant d’emmener sa fille loin de la jun­gle urbaine pour la pro­téger. Elles se réfugient dans le petit vil­lage de Saint-Fontaine, où elles emmé­na­gent dans la mai­son de leurs aïeux. La bour­gade est épargnée par la mal­adie, mais les con­di­tions de vie sont rudes, Rox­anne et Stel­la risquant régulière­ment le viol ou la mort, alors que la mai­son est habitée par une mys­térieuse présence. Con­tin­uer la lec­ture

La faucheuse rôde

Nicole MARLIÈRE, Asphyx­iée, Brux­elles, Tra­verse, 2015, 185p., 18€

ASPHYXIEE / Roman de Nicole MarlièreFrance Miller est une femme de 49 ans qui par­ticipe à la ges­tion d’une agence d’intérim. Elle n’est jamais tombée malade jusqu’au jour où elle se réveille en pleine nuit en train t’étouffer. Elle se rend aux Urgences d’un hôpi­tal brux­el­lois et décou­vre alors les errances que l’on peut ren­con­tr­er lors d’une hos­pi­tal­i­sa­tion : l’attente avant les exa­m­ens, la froideur et la lenteur des procé­dures, les tâton­nements des médecins pour le diag­nos­tic, et puis le couperet tombe : une myocardite, qui néces­site une greffe de cœur. Con­tin­uer la lec­ture