Frank ANDRIAT, Je vous aime, Ker, 2026, 177 p., 10 €, ISBN : 978–2‑87586–529‑8
Maxence est un jeune homme de 16 ans qui s’est forgé une image de glandeur assis dans le fond de la classe pour cacher les mille et une questions qui le traversent en permanence. Plutôt solitaire, il est en décalage avec ses camarades constamment penchés sur leur smartphone. Il reste un peu en retrait jusqu’au jour où Manon, une fille de la classe, annonce qu’elle a un cancer et qu’elle va subir une chimiothérapie. Maxence n’est pas ami avec elle, mais cette annonce le touche et il ose le manifester auprès de la jeune fille. Une amitié se tisse peu à peu entre eux, leurs différences s’effacent alors pour laisser la place à l’essentiel. Continuer la lecture





Jean-Louis Vanherweghem est médecin néphrologue, il a exercé de hautes fonctions académiques et il est l’auteur de plusieurs publications de vulgarisation médicale, d’essais en rapport avec la santé. S’il a repris la plume cette fois, c’est pour nous faire récit de ce qui lui est advenu lorsque son épouse a connu de graves problèmes de santé qui ont entraîné son décès en 2018. Atteinte du Syndrôme de Détresse Respiratoire Aigüe, connu sous l’acronyme ARDS, elle a été confrontée aux symptômes que l’on connaît chez les patients atteints des formes les plus graves de Covid 19, mais les faits relatés sont évidemment antérieurs à la pandémie que nous connaissons depuis début 2020.
Le nouvel opus de Martine Rouhart se présente sous la forme d’un journal de bord divisé en vingt-trois tableaux. L’autrice nous y relate un fragment de sa vie réelle, lorsqu’elle a dû se battre contre un cancer il y a quelques années.
À quinze ans, alors que la vie lui sourit, Synovie est prise d’un mal mystérieux. Sa voix devient molle. Son sourire se crispe. C’est un coup dur pour cette passionnée de théâtre et de lecture à voix haute. Ce blocage, à première vue inoffensif, devient de plus en plus fréquent. Personne, même le médecin du village, ne prend son problème au sérieux. Quelques mois plus tard, elle voit un neurologue qui diagnostique de la spasmophilie. Ce mal serait donc psychologique. Toutefois, son défaut d’articulation s’intensifie. Synovie choisit la voie du silence et se tait autant au cours de théâtre qu’à l’école. Un an après l’apparition des premiers symptômes, même déglutir devient difficile. Sa mère n’y comprend rien. Son père est dans le déni. Comme les vrais médecins ne trouvent rien, sa mère se tourne vers les sciences occultes et erre de magnétiseuse en marabout… Mais rien ne marche. Ses paupières continuent de s’affaisser. Son visage de pendre. Son corps la lâche peu à peu. Une nuit, son état s’aggrave. Ses parents l’emmènent chez un vieux médecin de campagne qui veut faire des examens supplémentaires et l’envoie chez un bon neurologue. Le verdict finit par tomber : elle souffre de myasthénie, une maladie rare. Le chemin de la guérison commence alors…
Véronique Janzyk, autrice la plus publiée chez ONLIT Editions, pose un regard sensible sur une réalité douloureuse, celle d’un sportif qu’une maladie va paralyser. Elle le fait néanmoins sans sensiblerie et avec une économie de moyens qui se reflètent notamment dans le titre, Vincent, mais aussi dans le nombre de pages (79) de ce roman, que l’on pourrait qualifier de novella.
Il est souvent bien périlleux de faire œuvre littéraire de son vécu le plus sensible, le plus douloureux. Pareil défi d’écriture exige une ascèse que le prétexte de la fiction n’impose pas. En choisissant de parler de la vie, de la maladie et du décès de son compagnon, Marianne Sluszny a pourtant été bien inspirée car elle nous livre bien plus que des confidences intimes.
Les Femmes de Lettres belges existent, on le sait. De tout style, de toute encre, mais aussi de tout temps ; cela, on le sait moins. Le genre (avec toute la délicatesse qu’impose le maniement de ce terme), en lui-même, ne suffit pas à conférer une quelconque valeur à une production artistique. Certes. Mais il ne peut en aucun cas contribuer à lui ôter visibilité, reconnaissance ou/et légitimité. C’est en cela que la démarche de la nouvelle maison d’édition « Névrosée » s’avère essentielle, et juste : empêcher l’éclipse d’auteures tenues dans l’ombre, par le biais de rééditions de textes importants. Parmi ces énergies scripturales multiples, diverses, bigarrées mises en avant dans la collection « Femmes de lettres oubliées », le Nu-tête d’Anne François est porteur d’ondes intenses et crues.
Savez-vous ce qu’est un inanga ? Ce mot aux syllabes bondissantes désigne « un instrument de musique qui ressemble à un bouclier sur lequel on aurait fixé des cordes », une sorte de cithare venue des terres rwandaises. Chaque note qui en émane s’inscrit sur la partition des temps passés, résonne dans la tradition des Anciens et diffuse des valeurs à maintenir. Un objet à ne toucher qu’avec respect et conscience. C’est aussi le cadeau que le grand-père mahanzi de Gato lui transmet à ses six ans, lors de son premier voyage au Pays des Mille Collines, et dont il lui révèle peu à peu les secrets. L’inanga devient alors le compagnon de fortune et d’infortune du petit bonhomme, un interlocuteur qui le soutient dans son quotidien : « Quand tu seras là-bas au pays des Blancs, il ne faudrait pas que tu arrêtes de jouer de ton inanga. Quand tu seras triste ou que tu auras mal, prends-le, fais-le vibrer et surtout parle-lui, il t’écoutera et te réconfortera. »
Partagée entre l’écriture et l’enseignement, Joëlle Van Hee nous avait jusqu’alors habitués aux contes et nouvelles, qu’elle nous narre avec brio. Elle nous propose ici un roman pour adolescents et adultes, où la relation à l’autre, celui qui oublie, qui nous quitte doucement, et qui pourtant nous guide, reste prédominante.
Un an à peine après son remarqué
France Miller est une femme de 49 ans qui participe à la gestion d’une agence d’intérim. Elle n’est jamais tombée malade jusqu’au jour où elle se réveille en pleine nuit en train t’étouffer. Elle se rend aux Urgences d’un hôpital bruxellois et découvre alors les errances que l’on peut rencontrer lors d’une hospitalisation : l’attente avant les examens, la froideur et la lenteur des procédures, les tâtonnements des médecins pour le diagnostic, et puis le couperet tombe : une myocardite, qui nécessite une greffe de cœur.