Puis, il y a l’insondable de la foi (…)

Un coup de cœur du Car­net

David GIANNONI, Alrede­dor, Mael­ström reEvo­lu­tion, 2025, 109 p., 14 €, ISBN : 9782975055262
Texte accom­pa­g­né d’une bande sonore com­posée par Rober­to Gril­li, avec les voix de l’auteur, de Nade­j­da Peretti et Gioia Gian­noni. Tra­duc­tion ital­i­enne par Maria Stel­la Tataran­ni

giannoni alrededorPoète (mais aus­si pein­tre, per­former, thérapeute, directeur de revue, libraire), David Gian­noni est une fig­ure de proue du monde lit­téraire, poé­tique, édi­to­r­i­al et événe­men­tiel de la fran­coph­o­nie. Depuis la créa­tion du pro­jet « mael­strÖm » en 1989 à Brux­elles, il n’a cessé d’accompagner sa pro­pre écri­t­ure poé­tique, d’événements, de lieux et d’instruments mis au ser­vice de la créa­tion et de l’animation.

Inno­va­teur infati­ga­ble, Gian­noni nous donne ici, avec Alrede­dor, un con­te poé­tique (« poé­con­te ») qu’il invite à décou­vrir par la lec­ture mais aus­si – ce qui est le plus ancien mode d’accès aux con­tes – par l’écoute. Le texte est ici acces­si­ble à l’écoute par le biais d’un QRcode auquel le lecteur est invité à se reli­er au moment d’ouvrir le vol­ume, mais aus­si par le site de la mai­son d’édition.

En accé­dant au site, le lecteur décou­vre, soulignée et mise en onde par la musique, une lec­ture par l’auteur de son texte. Ce con­te ini­ti­a­tique déploie alors toute son envoû­tante ampleur. La voix de Gian­noni, lente, grave, intense psalmodie le réc­it d’un voyageur, un errant. La voix de Gian­noni, mais aus­si celle de Nade­j­da Peretti (en ital­ien) et celle de la petite Gioia, l’enfant retrou­vant et recon­nais­sant l’errant et l’accueillant en ital­ien : Salut / Je te recon­nais / Je sais que tu me vois de là où tu es / (…) Mais nous voudri­ons que tu revi­ennes / Tu nous man­ques.

Par­ti à la recherche de l’or, Les pieds nus / Le dos cassé / Le cœur lourd / De toute cette pluie / Qui coulait au-dedans de lui /(…) il longe une riv­ière, ne s’éloigne pas d’un campe­ment où d’autres sem­blaient une men­ace, Les ani­maux d’abord / Puis les autres / Les envieux aux aguets (…).

Le mer­veilleux et mag­ique entrelace­ment des voix, de la musique, des langues ital­i­enne et française, immerge le lecteur dans bien davan­tage qu’une lec­ture, une véri­ta­ble expéri­ence de créa­tion sonore.

L’émotion engen­drée par le texte, l’initiation à laque­lle invite le réc­it, l’enveloppement hyp­no­tique de la bande sonore com­posent un chemin que nous par­courons non à la suite du per­son­nage, mais lit­térale­ment en lui.

Racon­tant à chaque étape de la péré­gri­na­tion obstinée de l’homme la con­fronta­tion avec son passé, les sou­venirs ances­traux, le monde ani­mal, l’univers minéral, nous accom­pa­gnons la quête de cet homme dont on devin­era à la fin de l’initiation que l’enfance en est l’inspiration et la des­ti­na­tion. Et de con­clure : Jusqu’ici nous t’avons accom­pa­g­né / Que vois-tu / Que déjà tu ne savais ?

Il est des livres dont chaque lec­ture nour­rit la précé­dente. C’est le cas ici, démul­ti­plié par les modes d’accès au con­te : la lec­ture muette, l’écoute, l’alternance de l’une et l’autre. De cha­cune de ces sources jail­lit une lumière dont on reste longtemps ébloui, et qu’on relit, et qu’on réé­coute, avec ravisse­ment.

Jean Jau­ni­aux

Un extrait d’Alrededor

Extrait pro­posé par les édi­tions mael­strÖm reEvo­lu­tion

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