À qui ‘vent’ l’entendre

Jean-Luc & Simon OUTERS, L’arbre et le vent, Pierre d’Alun, 2025, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–143‑2

outers l'arbre et le ventJean-Luc et Simon Out­ers, père et fils, revi­en­nent à La Pierre d’Alun avec L’arbre et le vent ; qui dit si bien son titre. Sur les pages, les vers souf­flent leur verbe amoureux des arbres qui se tien­nent droit, pro­tè­gent leur alen­tour et font un trait d’union vivant, vital et ver­ti­cal, entre les nadir et zénith, entre les pro­fondeurs des sols et cieux lumineux.

Impos­si­ble d’observer une feuille / Une seule / Elle danse avec les autres / À l’unisson

D’une plume déposée par l’oiseau sur la page, Jean-Luc Out­ers rend un hom­mage élancé vers les cimes de la vie végé­tale et de nos grands com­pagnons soli­taires mais jamais seuls, qui sup­por­t­ent tout de nous et du vivant. Les racines tis­sent des sous-sols invis­i­bles lorsque les branch­es dessi­nent les nuages, comme des tach­es d’encres blanch­es dans l’azur.

Pau­vres humains minus­cules / Qui vaquons sans rien dire / À nos occu­pa­tions essen­tielles

Les col­lages de Simon Out­ers, tramés en noir et blanc de paysages récupérés dans la presse, dirait-on, pein­turés d’aplats et lis­erés de couleurs provo­cantes, accom­pa­g­nent et défient le long poème qui défile de page en page tou­jours plus douces et lentes à lire.

De tous les arbres / Le cyprès / Sem­ble le plus apte / À la médi­ta­tion

À la clarté ten­dre et légère du texte s’opposent des cartes postales rugueuses d’une icono­gra­phie sub­tile et tac­tile qui accroche l’œil ; inter­rogé par ce qu’il cherche à voir, à com­pren­dre, à recon­naitre. Les images sem­blent des écorces plaquées sur les pages ; comme un juste retour du papi­er au bois de sa prove­nance ; comme un tronc imprimé et graf­fité.

Tra­ver­sant déserts, fleuves et océans / Je cherche enfin, / Avec l’âge qui vient, / Un endroit où m’enraciner. / Choisir un arbre comme voisin / Et par­ler avec lui

Le dia­logue est bel et bien engagé avec le saule penché au bord du lac, le tilleul ou l’acacia fleuri, le baobab ou le catal­pa, le cèdre du Liban, ce chêne

Auprès de son arbre, cha­cun peut vivre heureux.

Tito Dupret