Jean-Luc & Simon OUTERS, L’arbre et le vent, Pierre d’Alun, 2025, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–143‑2
Jean-Luc et Simon Outers, père et fils, reviennent à La Pierre d’Alun avec L’arbre et le vent ; qui dit si bien son titre. Sur les pages, les vers soufflent leur verbe amoureux des arbres qui se tiennent droit, protègent leur alentour et font un trait d’union vivant, vital et vertical, entre les nadir et zénith, entre les profondeurs des sols et cieux lumineux. Continuer la lecture


On a tous été confrontés aux vieilles photos de famille. Photographies polaroïd, sépia, argentiques qui ont cet avantage sur le numérique d’être imprimées donc aussi le pouvoir de remonter à la surface un jour ou l’autre, sans crier gare. Photos détentrices le plus souvent de secrets « flottant dans l’atmosphère » qu’ils soient d’alcôve, d’état ou de polichinelle. Gardiens de mémoires enfouies, ces clichés, retrouvés au fond de quelque tiroir, prennent la place de mots soufflés, écrits et perdus. Paroles qui s’envolent, images qui restent même si elles s’effacent parfois. Dans ce texte publié à La pierre d’alun sous forme de petit carnet à spirales (à feuilleter en écoutant William Sheller), les images de Simon répondent aux mots de Jean-Luc. Ou peut-être est-ce l’inverse ? Peu importe puisque le dialogue ici entre le père et le fils naît en quelque sorte de ces bains révélateurs qui font revivre les silhouettes familiales délitées.
Dans Le voyage de Luca, prix Rossel des jeunes en 2008, Jean-Luc Outers s’émerveillait au travers des yeux de ses personnages, incrédules sur les bords du précipice du Colorado, grand auteur liquide du Grand Canyon. Devant tant d’une magnificente beauté, hébété, il se demandait devant le divin œuvre de la nature : « combien de conversions au bord du précipice ? »