Archives par étiquette : arbre

À qui ‘vent’ l’entendre

Jean-Luc & Simon OUTERS, L’arbre et le vent, Pierre d’Alun, 2025, 64 p., 15 €, ISBN : 978–2‑87429–143‑2

outers l'arbre et le ventJean-Luc et Simon Out­ers, père et fils, revi­en­nent à La Pierre d’Alun avec L’arbre et le vent ; qui dit si bien son titre. Sur les pages, les vers souf­flent leur verbe amoureux des arbres qui se tien­nent droit, pro­tè­gent leur alen­tour et font un trait d’union vivant, vital et ver­ti­cal, entre les nadir et zénith, entre les pro­fondeurs des sols et cieux lumineux. Con­tin­uer la lec­ture

La sève au-delà du sang

Chris­t­ian LIBENS, dessins de Marie-Pierre UENTEN, Les arbres marchent, Bleu d’Encre, 2025, 42 p., 12 €, ISBN : 9782930725901

ibens les arbres marchentOn con­nait le romanci­er, le spé­cial­iste du polar belge, le chroniqueur ou l’éditeur. On recon­nait surtout en Chris­t­ian Libens cet arpen­teur nomade des lieux han­tés par la lit­téra­ture. La Wal­lonie, les pistes arden­nais­es, Liège, Rome, Paris et les ter­res simenon­i­ennes sont ses prin­ci­paux ter­rains d’exploration. On con­nait moins le poète et pour cause, son dernier recueil a paru chez l’éditeur vervié­tois La Dérive en 1991 sous le titre Ciné­ma. Un poète rare donc qui revient à la poésie comme on retrou­ve une vieille con­nais­sance. Con­tin­uer la lec­ture

La vie secrète des arbres et du monde

Un coup de cœur du Car­net

Anne ROTSCHILD, Con­ver­sa­tions avec mes arbres, Le passeur, 2024, 250 p., 17 €, ISBN : 9782385210229

rotschild conversations avec mes arbresAtten­tion : chef‑d’œuvre !!

D’un sol­stice d’été à un autre, du lun­di 21 juin 2021 au lun­di 20 juin 2022, Anne Roth­schild (poétesse et plas­ti­ci­enne qui pra­tique la sculp­ture, la gravure et la pein­ture) a tenu un jour­nal d’observation de son jardin à Vic, dans le départe­ment du Gard, entre mer et Cévennes. Mais atten­tion ! cet ouvrage est tout sauf un recueil d’anecdotes botaniques et nat­u­ral­istes. C’est un livre-monde qui entraîne le lecteur à décou­vrir la terre entière et l’histoire des peu­ples et des civil­i­sa­tions, tou­jours  indis­sol­uble­ment liées à leur envi­ron­nement naturel. Ain­si, l’olivier nous emmène dans la Grèce antique et le jas­min d’hiver en Chine d’où il est orig­i­naire. Le cyprès est lié aux cultes depuis la Rome antique où on y accrochait les chevelures coupées de Vestales, gar­di­ennes du feu sacré. Au fil des siè­cles, il a ombragé les sanc­tu­aires, les por­tails, les églis­es, ce qui lui a valu d’être abat­tu en grand nom­bre durant la Révo­lu­tion française qui y voy­ait la présence emblé­ma­tique du clergé… Le cèdre majestueux est indis­so­cia­ble du Liban et du Tem­ple de Salomon. Et que dire du lau­ri­er, l’arbre de  la Pythie de Delphes et d’Apollon, avec les feuilles duquel est couron­né le lau­réat ? Con­tin­uer la lec­ture

C’est un arbre, une forêt

Sara GRÉSELLE, Sil­va, Esper­luète, coll. « Cahiers », 2023, 20 p., 11,90 €, ISBN : 9782359841688

greselle silvaEn latin, Sil­va désigne le bois, le bosquet et, au fig­uré, une grande quan­tité, une matière abon­dante. Dans la langue de Sara Gréselle, le con­cret et l’imagé fusion­nent, et Sil­va évoque ain­si à la fois la femme-arbre et la femme-forêt. En ter­mes édi­to­ri­aux, Sil­va se con­cen­tre en une pla­que­tte, mince et allongée : 20 pages, seule­ment, à la sève épaisse et col­lante qui cir­cule irré­sistible­ment, irrigue pro­fondé­ment. Sil­va, plurielle­ment sin­gulière et sin­gulière­ment plurielle.

Dans ce texte puis­sant, Gréselle s’arrête sur une expéri­ence intime, qu’une femme sur qua­tre con­naî­trait, ce qui d’ailleurs « […] ne chang[e] rien à la soli­tude de l’expérience ». Un jour de Vénus pas très loin­tain donc, « une de [s]es branche a été arrachées. Non, ce n’est pas ça : une de [s]es branche est tombée. Ça n’a pas fait le bruit qu[’elle] avai[t] imag­iné ». Les mots posés soulig­nent la déli­catesse du moment et trahissent un mou­ve­ment qui ne souf­fre aucun retour en arrière : une fois que la branche, qui partage le flux vivant, les ter­mi­naisons nerveuses et la pul­sa­tion intérieure, se détache, elle retourne à la terre, qui accueille en silence. Il faut ensuite cautéris­er l’écorce blessée, accepter le temps de la cica­tri­sa­tion et « faire con­fi­ance aux racines, au réveil du print­emps, le temps que revi­enne, un jour, le chant des oiseaux ». Car le cycle, immuable, suiv­ra son cours. Con­tin­uer la lec­ture

Au plus près des arbres

Philippe FIÉVET, Le temps des arbres, Rouer­gue, 2019, 276 p., 22 € / ePub : 16.99 €, ISBN : 978–2‑8126–1857‑4

Mon temps à moi s’était arrêté pour emprunter celui des arbres. J’allais peut-être pou­voir un jour me dis­soudre dans le rouge de leurs frondaisons. »

« …je ne regar­dais plus les arbres autour de moi de la même manière : je recher­chais leur com­pag­nie, je me pro­je­tais en eux, je les voy­ais de l’intérieur. »

Avec fer­veur, Philippe Fiévet nous racon­te son his­toire d’amour avec les arbres, depuis son instal­la­tion à la cam­pagne, voici bien­tôt vingt ans. Con­tin­uer la lec­ture

Semeur d’arbre et glaneur de rêve

Un coup de cœur du Carnet

RASCAL, La forêt d’Alexandre, À pas de loups, 2017, 32 p., 15,50 €, ISBN : 9782930787312

rascal la forêt d'alexandreSur une vaste plaine qui n’avait jamais vu pouss­er le moin­dre brin d’herbe, un homme avait fait le rêve d’y planter un arbre.

Ain­si com­mence le réc­it d’Alexandre, compt­able davan­tage porté sur la beauté des bran­chages que sur les chiffres. Il décide de ne pas écouter les esprits cha­grins qui ten­tent de le décourager de réalis­er son rêve. Ras­cal nous racon­te l’histoire de cet homme puis celle de son jeune arbre qui, au fil des saisons, pousse tant et si bien que l’on peut se repos­er à son ombre, que les oiseaux y con­stru­isent nid et famille, que les enfants y jouent et les amoureux gravent les signes de leur affec­tion sur son écorce. L’arbre survit à Alexan­dre et d’autres résineux vien­nent le rejoin­dre, plan­tés par ceux qui ont choisi de suiv­re l’exemple du compt­able rêveur. Con­tin­uer la lec­ture