Mon éditeur et moi : Ariane Le Fort

Ariane Le Fort

Ari­ane Le Fort

« J’écris toujours pour les autres »

Le Seuil et la Bel­gique, c’est une his­toire de fidél­ité. Pierre Mertens y a pub­lié l’essentiel de son œuvre, dans la col­lec­tion “Fiction&Cie” prin­ci­pale­ment. Tout un Car­net ne suf­fi­rait pas pour racon­ter ce com­pagnon­nage édi­to­r­i­al d’une de nos plumes les plus fer­tiles. Dans la même col­lec­tion, Patrick Roegiers est aus­si un auteur mai­son, comme on dit. Plus récem­ment, François Emmanuel a quit­té Stock pour rejoin­dre cette écurie avec ses trois derniers romans, dont le récent Jours de trem­ble­ment. Mais Le Seuil accueille aus­si des débu­tants. Ces dernières années, trois jeunes auteurs y ont fait leur entrée : Bernard Quiriny vient d’y pub­li­er son pre­mier roman, Les assoif­fées, vision désopi­lante d’une Bel­gique total­i­taire au féminin, après Con­tes car­ni­vores, un pre­mier recueil de nou­velles (c’est assez rare pour le soulign­er). Par­mi les derniers arrivés, notons égale­ment Marie Fer­ran, Char­ly Del­wart et la jeune Namuroise, Marie Delos, pour L’immédiat. Quant à Ari­ane Le Fort, elle y pub­lie un roman tous les cinq ans env­i­ron, dont le dernier : On ne va pas se quit­ter comme ça?. Dans une col­lec­tion qui est la mar­que de fab­rique du Seuil, la col­lec­tion “Cadre rouge”.

Je n’ai jamais écrit pour moi. J’écris pour être éditée, pour être lue. Je n’ai jamais tenu de jour­nal intime. La rai­son pour laque­lle je voulais être éditée vient du besoin de trans­former tout de suite la matière. C’est ce tra­vail de trans­for­ma­tion qui me fait sor­tir de mon pro­pre cadre.” Et cela, même si son ‘pre­mier roman’, elle l’écrit à… douze ans. “Un truc qui ne fai­sait pas cent pages, tient-elle à nuancer, parce que je rêvais de devenir écrivain. Il y a plein d’enfants qui écrivent des his­toires. Mais je voulais déjà que celle-là, avec plusieurs per­son­nages, soit lue. J’écris tou­jours pour les autres.”

La vingt-cinquième lettre

Ces autres, elle va met­tre du temps à les trou­ver. Du temps et de la per­sévérance. Car son pre­mier roman pub­lié, L’eau froide efface les rêves (1989), n’est pas son pre­mier roman écrit. Et ses pre­miers lecteurs, c’est l’éditrice Régine Des­forges qui va les lui offrir : “Bien avant L’eau froide efface les rêves, j’avais déjà envoyé un man­u­scrit qui s’appelait Léon et que j’avais adressé à vingt-cinq édi­teurs. Le Seuil m’avait répon­du néga­tive­ment à l’époque. C’était la pre­mière let­tre du Seuil, où ils expli­quaient les raisons de leur refus.” S’ensuivent vingt-qua­tre autres let­tres du même acabit. Une accu­mu­la­tion de refus “que l’on vit mal, avec tristesse. Je les ai tous gardés. En général, ce sont des let­tres-types. À l’époque, ils avaient encore les moyens et ils te ren­voy­aient les man­u­scrits.” Elle se retrou­ve avec vingt-cinq man­u­scrits dont elle se demande ce qu’elle va bien pou­voir faire. Man­u­scrits et chemis­es de refus qu’Ariane Le Fort ressort de ses archives sous nos yeux. Au milieu de son salon, s’étaleront au cours de notre entre­tien tous ces témoignages de ses péré­gri­na­tions édi­to­ri­ales. Ari­ane ne se décourage pour­tant pas et se lance dans la rédac­tion d’un deux­ième texte, Les rêves de Marie. Qu’elle envoie aux mêmes des­ti­nataires que le précé­dent : “Je reçois vingt-qua­tre refus, mais je crois en avoir reçu vingt-cinq. Je décide alors d’abandonner la lit­téra­ture. Je ne me sens pas capa­ble d’écrire huit romans pour en pub­li­er un. Écrire prend trop de temps pour moi. Une année entière passe. Puis, à ma grande sur­prise, je reçois un coup de télé­phone de Stéphane Leroy des édi­tions Régine Des­forges. Il m’explique que mon man­u­scrit a été per­du dans un démé­nage­ment et qu’ils sont prêts à le pub­li­er. C’était inespéré ! Je suis allé le voir à Paris et ils l’ont édité sous le titre L’eau froide efface les rêves.” Pour­tant, l’accouchement ne se passera pas sans une pointe d’angoisse. Peu avant la sor­tie de L’eau froide efface les rêves, les édi­tions Régine Des­forges ont l’idée d’une nou­velle mise en pages, s’inspirant d’une typogra­phie de vieille machine à écrire. “Alors que j’avais enfin un texte qui allait être édité, il allait paraître comme s’il avait été tapé à la main par un zom­bie dans une cave ! Je voulais quelque chose de chic, de clas­sique, de beau, qui ait l’air pro­fes­sion­nel. Heureuse­ment, ils ont changé d’idée juste avant que ne sorte mon pre­mier livre. Et c’est moi qui ai choisi l’illustration de Toulouse-Lautrec. Après L’eau froide efface les rêves, j’ai écrit un autre roman, Voleurs, resté inédit et très mau­vais. J’en avais passé la pre­mière moitié à Stéphane Lau­rent qui n’était pas très con­va­in­cu. Quand je lui ai passé la suite, il est resté évasif sur ce qu’il voulait en faire.” Ari­ane Le Fort ne saura jamais ce qu’aurait été sa déci­sion car les édi­tions Régine Des­forges ont entretemps fait fail­lite. Plus per­son­ne n’entendra par­ler de ces Voleurs qu’Ariane Le Fort avait elle-même oubliés jusqu’à aujourd’hui. La voilà oblig­ée de repren­dre son bâton de pèlerin et de prospecter : “Cela m’arrangeait bien de repar­tir à la pêche, même si c’est douloureux. Je préférais une mise en pages claire et sobre comme celles du Seuil, de Minu­it, de Gal­li­mard ou de Gras­set. La cou­ver­ture indique le label, ce qui ras­sure. Comme écrivain, je suis attaché à des images d’éditeurs. C’est pourquoi j’ai décidé de n’envoyer le man­u­scrit suiv­ant qu’à ces qua­tre maisons. Je ne voulais plus vivre la frus­tra­tion de vingt-cinq refus. Et puis, j’avais l’avantage d’avoir cette fois un livre pub­lié, comme une petite carte de vis­ite.” A par­tir de là, les choses vont s’emballer…

Gal­li­mard et Le Seuil, dans la même semaine

Un mar­di, Gal­li­mard lui télé­phone et lui demande de venir à Paris. Le soir de son retour, un mes­sage du Seuil l’attend sur son répon­deur : même invi­ta­tion à les ren­con­tr­er à Paris ! “Je les ai vus à deux jours d’intervalles. Chez Gal­li­mard, j’ai fait la con­nais­sance de Roger Gre­nier qui avait appré­cié mon livre, mais qui avait plein de remar­ques à faire. J’étais prête à tout enten­dre, mais je ne com­pre­nais pas ce qu’il attendait. Je mourais d’envie d’être éditée chez Gal­li­mard, mais je ne voy­ais pas ce qu’il me demandait de cor­riger.” La jeune auteure belge sort cat­a­strophée de ce ren­dez-vous, désem­parée, ne sachant quelle atti­tude pren­dre. Une impres­sion aus­sitôt effacée par la ren­con­tre suiv­ante, aux édi­tions du Seuil. “Je me suis retrou­vée devant une inter­locutrice, Françoise Blaise, qui me don­nait l’impression d’avoir com­pris le livre. Elle aus­si m’a dit qu’il y avait encore beau­coup de tra­vail, à cause de cer­taines longueurs notam­ment. On a retra­vail­lé ce texte ensem­ble toute une journée, puis je l’ai peaufiné pen­dant six mois. Il n’y avait aucune révolte de ma part, aucune inter­ro­ga­tion sur ce qu’elle voulait faire de mon enfant. Au con­traire, elle m’aidait à l’élever. Elle avait bien com­pris quelle était ma place, que j’étais dans le domaine de l’intime et de l’émotion, un domaine frag­ile où il faut être le plus juste pos­si­ble. Or j’avais encore de grandes naïvetés, des clichés de lan­gage et d’écriture. Par exem­ple, si j’écrivais : ‘Il avait un corps mer­veilleux’, elle me dis­ait que ‘mer­veilleux’ ne veut rien dire, que je devais décrire ce corps, ne pas utilis­er des mots bateaux. Elle m’a ain­si poussée dans mes derniers retranche­ments. Elle m’a oblig­ée à cisel­er l’ouvrage de A jusqu’à Z.” Pour autant, le man­u­scrit n’est pas encore passé par les fourch­es caudines du comité de lec­ture. Douze lecteurs, qui se réu­nis­saient tous les quinze jours. Le bouquin pas­sait de mains en mains. Ils pren­dront six mois pour se décider. “Il a fal­lu batailler dur, mais Françoise avait beau­coup d’espoir, pen­sait qu’il y avait six chances sur dix qu’il soit accep­té. Elle me téléphonait tous les quinze jours pour me tenir au courant des avis. Heureuse­ment, pour les romans suiv­ants, la déci­sion a été plus rapi­de.”

Ne pas être trop protectrice de son livre

Une fois l’accord du comité de lec­ture acquis, un obsta­cle va encore se dress­er sur la route de la pub­li­ca­tion de ce qui va devenir Com­ment font les autres ?Le man­u­scrit fai­sait deux cents pages et com­por­tait une incise d’environ cinquante pages, impor­tante à mes yeux. Le patron a demandé que soient enlevées ces cinquante pages. J’ai été choquée, j’ai pleuré sur le coup. Françoise Blaise m’a fait remar­quer que le livre gag­n­erait en inten­sité. J’ai été assez maligne pour deman­der à une amie de le relire en même temps que moi et elle leur a don­né rai­son. Il faut pou­voir lâch­er le bébé. Cela m’a appris à respecter le livre en tant que tel et à ne pas me posi­tion­ner comme trop pro­tec­trice de ce livre. Il deve­nait un être à part moi. Il exis­tait par lui-même. Les auteurs ont par­fois du mal à accepter ce détache­ment,  comme les par­ents ont par­fois du mal à accepter que leurs enfants soient ce qu’ils sont.”

le fort comment font les autresCom­ment font les autres ? paraît en 1994. Une fois le livre édité, qu’est-ce que cela pro­cure ? “Le moment de la pub­li­ca­tion est fébrile, dense et exci­tant. Je repense à tout ce que j’ai écrit pour être cer­taine que c’est juste. Je voudrais tou­jours pou­voir me relire une dernière fois. J’espère qu’il n’y a plus de fautes. J’ai une espèce de trac et, en même temps, beau­coup de joie et d’espoir. C’est assez bête à dire, mais il y a un rap­port avec la nais­sance d’un enfant. Tout est encore pos­si­ble. Tout reste ouvert. Il y a aus­si la crainte que l’éditeur n’aille pas jusqu’au bout des poten­tiels du livre pour le dif­fuser et le pro­mou­voir. Cela doit être très frus­trant quand on est dans une petite mai­son et qu’une fois le livre pub­lié, rien ne se passe. C’est affreux pour ces livres, ce sont comme des enfants morts-nés.” Pas de crainte à avoir avec Le Seuil, qui dis­pose d’un ser­vice très effi­cace, d’attachées de presse motivées. Des regrets quand même ? “Pour la pro­mo­tion de Beau-fils en Suisse, j’aurais voulu qu’on évoque davan­tage ma dou­ble nation­al­ité bel­go-suisse. Ceci dit, c’est peut-être aus­si ma naïveté d’écrivain et cela n’aurait prob­a­ble­ment rien changé.”

René de Ceccatty, un grand respect pour la chose écrite

le fort rassurez vous tout le monde a peurLa voilà donc au Seuil. On pour­rait croire que, désor­mais, une voie royale lui est ouverte. Que du con­traire, comme elle le décou­vri­ra avec l’envoi de son man­u­scrit suiv­ant, celui de Ras­surez-vous, tout le monde a peur. Françoise Blaise ne se mon­tre guère ent­hou­si­aste. “Ma vie s’écroule. Je suis dans un état sec­ond”. Ari­ane Le Fort est sous con­trat avec Le Seuil et ne peut, en principe, soumet­tre le man­u­scrit à d’autres édi­teurs. On lui accorde néan­moins une déro­ga­tion pour ce texte qu’elle envoie à Béa­trice Sama­ma, éditrice chez Jul­liard à l’époque. Mais Ari­ane Le Fort garde à l’esprit la cri­tique de celle qui l’a pub­liée au Seuil : “Et je me rends compte que Françoise Blaise avait rai­son. Je trou­ve l’idée de gref­fer un autre réc­it et l’articulation que je voulais don­ner à ce roman.” Entre-temps, Béa­trice Sama­ma lui télé­phone pour l’informer de leur intérêt. “Je suis en pleine con­fu­sion et lui par­le de la nou­velle ver­sion. Je pro­pose de retra­vailler le texte endéans les six mois, mais je me sens oblig­ée de l’envoyer au Seuil, vu qu’il était très dif­férent.” Au Seuil, René de Cec­ca­t­ty le lit et… décide de le pub­li­er dans la nou­velle col­lec­tion qu’il venait de lancer : “Solo”. Une col­lec­tion qui n’existe plus aujourd’hui. Heureuse­ment, Béa­trice Sama­ma refuse la nou­velle ver­sion et Ari­ane Le Fort ne se retrou­ve pas coincée entre deux édi­teurs. Ras­surez-vous, tout le monde a peur (1999), Beau-fils (2003, réédité en poche dans la col­lec­tion Espace Nord, Prix Rossel) et On ne va pas se quit­ter comme ça ? (2010) seront donc pub­lié au Seuil, sous le patron­age de René de Cec­ca­t­ty, par ailleurs romanci­er et dra­maturge, tra­duc­teur de l’i­tal­ien et du japon­ais, cri­tique lit­téraire au Monde des livres). A ce jour, il compte plus d’une trentaine de livres à son act­if, dont L’ac­com­pa­g­ne­ment (1994) qui l’a con­sacré comme romanci­er de la com­pas­sion. A‑t-elle pour autant retrou­ver le même accom­pa­g­ne­ment édi­to­r­i­al que celui pro­posé par Françoise Blaise ? “Non, et pour trois raisons. Françoise n’était qu’éditrice et, de ce fait, peut-être plus neu­tre là où un autre écrivain aurait ten­dance à vouloir coécrire, à mar­quer de son empreinte le texte reçu. Vu ses mul­ti­ples activ­ités, René de Cec­ca­t­ty est aus­si moins disponible. Ses cor­rec­tions sont davan­tage des cor­rec­tions de ton ou de lan­gage. Il a beau­coup de respect pour la chose écrite et de capac­ité à s’enthousiasmer, ce que je trou­ve fab­uleux de la part d’une per­son­ne qui reçoit autant de bouquins. Mais la rai­son prin­ci­pale, c’est que je n’ai plus besoin de cet accom­pa­g­ne­ment, puisque le tra­vail réal­isé avec Françoise Blaise pour Com­ment font les autres ? m’a servi et me sert encore pour la suite. Françoise Blaise est tou­jours là, der­rière moi, au moins en pen­sée.” Rai­son pour laque­lle elle lui a dédié Beau-fils, qui est sor­ti quand elle a arrêté de tra­vailler.

Une fois le seuil franchi

Quand, en 2004, Le Seuil est racheté par La Mar­tinière, a‑t-elle craint de devoir repren­dre tout à zéro ? “J’ai été absente du Seuil entre 2003 et 2010. Comme je suis quelqu’un de timide, je ne me suis pas man­i­festée pen­dant six ans. Et quand tu t’effaces, les gens te voient effacée. Je rece­vais les vœux de René De Cec­ca­t­ty, mais nous n’avions pas d’échanges sur mon tra­vail. Au Seuil, il n’y a pas de pres­sion. J’ai eu peur d’être un peu oubliée après six années de silence. J’ai donc envoyé un mail à René pour dire que j’avais un nou­veau man­u­scrit et il s’est mon­tré tout de suite intéressé.” La suite est con­nue. Une fois le man­u­scrit accep­té, quel est son droit de regard sur ses livres ? “Pour le titre, c’est moi qui choi­sis, mais en bonne intel­li­gence avec l’éditeur. Com­ment font les autres ?, c’est mon éditrice qui l’a trou­vé. Il s’agit d’une phrase du livre. Je ne me sou­viens d’ailleurs plus du titre orig­i­nal. On ne va pas se quit­ter comme ça, c’est aus­si une phrase du livre que j’ai rac­cour­cie et qui a été d’emblée accep­tée par le comité de lec­ture. J’avais choisi Men­songes comme pre­mier titre, mais je n’étais pas con­va­in­cue. Il col­lait bien au sujet, mais était assez triste. On a cher­ché cha­cun de notre côté. Je n’ai absol­u­ment aucune fierté que ce soit mon titre ou le leur.” Et la qua­trième de cou­ver­ture ? “Quand je suis arrivée au Seuil, je ne savais pas que je pou­vais don­ner mon avis. Quand j’ai décou­vert celle du pre­mier livre, j’ai été sur­prise. Du coup, la fois suiv­ante, enhardie, j’ai demandé de pou­voir la mod­i­fi­er et ils m’ont répon­du que je fai­sais tout ce que je voulais. Je trou­ve que c’est impor­tant que l’auteur puisse apporter sa vision du livre, car l’éditeur n’a pas la même vision que la mienne, comme n’importe quel autre lecteur.”

Après ce par­cours par­fois rocam­bo­lesque, com­ment qual­i­fierait-elle ce qui est devenu sa mai­son ? “Une mai­son sérieuse qui ne met pas en avant le côté com­mer­cial, qui ne cherche pas les grands noms, même si elle en a. Elle ne table pas sur des noms réguliers ou sur des coups lit­téraires.” Pour­rait-elle, à son tour, exercer le méti­er d’éditeur ? “J’ai été dans un comité de lec­ture pen­dant trois ans. La masse de tra­vail est énorme. Je trou­ve qu’il y a beau­coup de moments douloureux avant de trou­ver un texte qui te touche, tu déprimes à voir ces man­u­scrits qui s’empilent et l’énergie que cer­tains ont pu y met­tre. J’ai aus­si du mal à vivre une affaire en chantier. Et com­mer­ciale­ment, je suis nulle.” Un dernier con­seil à ceux que l’écriture ten­terait ? “Se met­tre au ser­vice de ce que l’on écrit et ne pas met­tre ce que l’on écrit au ser­vice de soi-même. On attrape du méti­er quand on arrive à voir le livre comme une envie de se sépar­er de soi-même. C’est pour cela que j’ai tou­jours écrit sur ordi­na­teur, parce que cela crée déjà une dis­tance.”

Michel Tor­rekens


Arti­cle paru dans Le Car­net et les Instants n°164 (2010)